Honneur – Sète, la lutte finale

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Après deux rencontres disputées lors de la phase régulière, les retrouvailles entre Sète et Sigean étaient très attendues du côté de Sérignan. Cette fois, c’était une place en finale du championnat de France qui était à distribuer. Fort de son parcours parfait, 21 matchs, 21 victoires, de son titre de champion d’Occitanie, et de ses deux victoires en poule contre son adversaire du jour (23-26 puis 13-6), le RC Sète avait les faveurs des pronostics. Mais l’outsider sigeanais avait des arguments à faire valoir…

Comme attendu, le match a été âprement disputé, les épaules ont piqué et le courage mis à rude épreuve pour aller mettre la tête dans des points de rencontres électriques. Au final, pas d’essai, des défenses hermétiques, et l’obligation de s’en remettre aux buteurs. Mouss Amakrane, l’artilleur sétois, était le premier à se signaler d’entrée de match et ouvrait le score. Il récidivait quelques instants plus tard, sur une nouvelle pénalité, puis sur un drop pied gauche (9-0, à la 20ème). Son toujours excellent jeu au pied permettait en plus d’occuper le camp adverse, avec l’appui d’un vent bien présent. Le buteur de Sigean, Gispert, lui répondait avant de rentrer aux vestiaires sur le score de 9-3. Vent dans le dos, Sigean avait légitimement le droit de penser que le deuxième acte allait leur sourire, mais la domination territoriale ne s’est pas concrétisée au tableau d’affichage. Et ce, même en supériorité numérique à l’heure de jeu pendant dix minutes. La sortie provisoire sur un carton blanc d’Amakrane ne perturbait en rien la défense sétoise. Et quand l’ouvreur revenait sur le pré, c’était pour enquiller trois points de plus, les seuls d’une deuxième période cadenassée, mais qui suffisait à envoyer les Sétois en finale. La troisième de leur saison, avec le rêve de soulever un nouveau bouclier pour un triplé qui serait historique.

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Joie collective partagée avec de glorieux anciens : André LUBRANO et Alain ESTEVE (photo club)

A 80 minutes d’une saison parfaite donc. Le héros du jour, Mouss Amakrane réagit pour RugbyAmateur : « On joue avec le vent en première mi-temps, on marque, on campe dans les 50m de Sigean. On les pousse à jouer et à faire des fautes, on en profite pour scorer à nouveau. Ils viennent une fois chez nous, et marquent aussi. On enchaîne par de belles séquences près de leur ligne, mais on a manqué de patience pour pouvoir marquer cet essai qui les auraient mis un peu plus loin au score. En deuxième mi-temps, ils ont, je pense, surjoué, et pas assez occupé, d’autant qu’on a été très bons en défense. Les mecs se sont envoyés comme des chiens. On marque trois points de plus en fin de partie, le match était alors plié. »

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Mouss Amakrane à la manoeuvre (©photo Christophe Fabriès)

L’analyse de l’ouvreur héraultais est aussi limpide que sa vision du jeu sur le pré. Il se projette déjà sur la finale, avec gourmandise, tout en rappelant quelques faits importants : « C’est la première finale d’un championnat de France dans l’histoire du club, et pour certains joueurs aussi, c’est beau, c’est fort, c’est la récompense du travail de tout le monde, des concessions faites par tout le monde pour en arriver là. Le dur travail des présidents, le dur travail des coachs, le travail de tout un club qui n’avait pas bonne réputation, que tout le monde critiquait. »

Les Sétois étaient en effet dans le viseur des instances ces dernières années, suite à des rencontres émaillées de problèmes, bien réels (voir articles : « Bressols-Sète, et le rugby bordel ? » en 2019, ou encore « Saint-Lys-Sète : mauvais gestes, cartons, bagarres et plaintes » en 2017). D’où l’envie de Mouss Amakrane de souligner qu’il n’y pas de hasard aux résultats de son équipe en cette année royale : « On a pris sur nous, on a voulu montrer cette année que l’on savait jouer un rugby qui gagne, qu’on respectait tout le monde, mais qu’il faut nous respecter aussi. Le RC Sète n’a pas volé ses 3 boucliers de 1ère série, de promotion et d’Honneur. Nous n’avons pas volé non plus le bouclier du terroir cette année, ni celui de l’Occitanie. »

Ces critiques d’un passé pas si lointain, et toujours présentes, agacent en interne. Un agacement renforcé par un sentiment d’injustice lorsque, premier de poule en 2020, les règlements occitans avaient éjecté les Sétois de leur fauteuil de leader pour finalement les priver d’une montée en fédérale 3, alors vivement critiquée par son président Jean-Luc Fabre (voir l’entretien vidéo). Cette saison 2021-2022 marque donc un tournant dans l’histoire du club, elle peut même devenir absolument historique : « Il faut rappeler que nous sommes invaincus cette année et que pour arriver en finale du championnat de France invaincus, il faut se « peler » chaque match comme on dit, avoir un mental de guerrier, à l’image de notre papa de devant, Jonathan Ragno. Depuis le début de l’année on s’est tous promis d’allés récupérer ces 3 boucliers, il n’en manque plus qu’un. Comme je vous l’avais dit à la finale de l’Occitanie, une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. C’est un moment extraordinaire à vivre pour le club, pour l’école de rugby, pour les supporters, pour nos familles, nos enfants, ce serait merveilleux d’accomplir cette mission. Mais en face ils auront aussi faim que nous, on ne les connait pas, ils ne sont pas là par hasard, il faudra les respecter et ne pas faire de fautes car je sais qu’ils ont un très bon buteur. Et je suis bien placé pour savoir qu’en finale, la discipline fait gagner ou perdre un match. »

Oui, les buteurs auront une place importante encore une fois pour faire basculer l’issue de la rencontre finale. Et assurément, que ce soit Amakrane pour Sète ou Anos Pellehigue pour Sévignacq (auteur d’une grosse prestation dimanche dernier contre Biscarrosse), le duel s’annonce aussi superbe qu’indécis. Vivement dimanche donc. « Sète », la lutte finale.


L’étrange réaction d’Alexandre Ruiz

Quelques heures après la victoire sétoise, Alexandre Ruiz, co-entraîneur avec son père Bruno, et Brian Liebenberg, s’est fendu d’un message pour le moins surprenant et énigmatique. L’ex arbitre de Top 14, devenu membre du staff montpelliérain, qualifié pour deux finales ce weekend, avait visiblement envie de régler quelques comptes, à mots couverts…

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Alexandre Ruiz (avec son père Bruno au deuxième plan), a une double casquette entre Montpellier et Sète…
« J’ai longtemps hésité avant de poster ce genre de commentaire, ce n’est pas mon style et pas mon envie. Mais les circonstances de ces dernières semaines et de ces derniers jours, dans ce que je lis ou entends, m’oblige à poster cela. » C’est par ces mots qu’Alexandre Ruiz débute son « communiqué ». Il enchaîne ensuite sur un autre ton, et des mots que nous livrons tels quels : « Je vais rester nuancé jusqu’à ce dernier message, mais si le besoin s’en fait ressentir, alors il y aura l’étape supérieure […]. »
« Les amalgames sont vites réalisées, les jalousies ressortent, les mensonges naissent et la méchanceté agit. »
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1 COMMENTAIRE

  1. Alexandre Ruiz est assez malhonnête dans son comportement. les phases finales arrivant il n’y a que des arbitre de Pro d2 et fédérale 1 qui arbitrent ces match là. et les connaissant tous, ils les appellent dans la semaine pour leur mettre « la pression » (j’en ai la confirmation par un qui m’a dit son amertume après la façon dont monsieur Ruiz lui ai parlé). De plus, ils ont (lui et son père) un comportement plus que désagréable dès lors l’arbitre ne leur ai pas favorable
    Si M. BEUN est honnête il confirmera qu’il a été contacté par Alexandre cette semaine. j’espère que cette malhonnêteté ne sera pas récompensée

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