Patrick Buisson (FFR) : « Nous espérons encore sauver la saison des clubs amateurs »

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Dans un contexte sanitaire toujours aussi compliqué et incertain, le Top 14 et la Pro D2 réussissent, tant bien que mal, à maintenir leurs compétitions respectives. La Nationale, véritable « entre deux mondes » reliant le niveau professionnel à l’amateur, va reprendre ce weekend. Les Espoirs des formations professionnelles et l’élite 1 féminine aussi. Ces trois niveaux bénéficiant de dérogations spécifiques pour des entraînements réguliers, et avec contact bien sûr. Des niveaux qui pourraient être considérées comme privilégiés, car la perspective d’une reprise pour les niveaux inférieurs n’est pas acquise à ce jour, loin s’en faut. De la fédérale 1 à la 4ème série, tous les clubs sont en effet contraints au respect du stade 3, depuis le 1er décembre dernier. Date à laquelle, la FFR avait évoqué alors, « une reprise sans restriction à partir du… 20 janvier 2021 ». Or, la situation épidémique, au lieu de s’améliorer, a gardé ses voyants dans le rouge. Suffisamment pour que le Gouvernement avance le couvre-feu dans une grande partie Est de notre pays, et reporte les réouvertures des restaurants et autres lieux culturels, à une date ultérieure. Des signes peu encourageants, que Patrick Buisson, vice-président en charge du rugby amateur à la FFR, n’occulte pas, tout en continuant de croire en de meilleurs lendemains…

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Patrick Buisson (©photo archive L’équipe)

« Nous commençons cette année avec beaucoup d’entrain, et une volonté à toute épreuve pour que le rugby amateur perdure. Néanmoins, nous sommes dépendants des décisions gouvernementales. Le Premier Ministre va s’exprimer ce jeudi 7 janvier. Nous saurons à ce moment-là si la reprise des entraînements avec contact est autorisée ou pas, décision évidemment essentielle pour le rugby. » Voilà comment le nouvel homme fort du rugby amateur en France nous confie son premier sentiment sur une période aussi délicate que charnière pour le rugby d’en bas. Depuis qu’il a succédé à Maurice Buzy-Pucheu, Patrick Buisson ne s’économise pas. L’originaire de Vienne, âgé de 65 ans, passé par Capbreton, Hossegor et Uzès reste au contact des clubs : « Nous avons réalisé une conférence en visio avec tous les clubs de fédérale 1 en décembre, tous étaient d’accord pour reprendre fin janvier, avec un format adapté de la compétition. A savoir disputer tous les matchs retours, certains matchs reportés, compenser avec de la péréquation, pour que nous puissions acter des descentes et des montées sur une saison régulière jouée au moins à 75%. Mais à ce moment-là, nous espérions une amélioration des conditions sanitaires, et le retour du public dans les stades. Ce qui n’est a priori pas d’actualité aujourd’hui, notamment au vu des déclarations ce weekend de Jean-Michel Blanquer. »

Il est vrai que le ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports s’est montré pessimiste sur ce point. De plus, l’entrée en vigueur d’un couvre-feu à 18 heures pour certains départements pose un autre problème de taille au niveau fédéral : celui que les clubs ne sont plus soumis aux mêmes contraintes, ni aux mêmes règles. Le cumul de toutes ces problématiques ne nous rapproche clairement pas vers une reprise prochaine.

Au point de menacer grandement cette saison 2020-2021 largement impactée. Patrick Buisson veut croire en une issue favorable : « Nous composons avec des informations qui évoluent sans cesse, on s’adapte au mieux. Une reprise des entraînements avec contacts permettrait d’envisager une reprise des compétitions fin janvier, début février ou au pire, mi-février. J’entends les craintes des uns et des autres, il arrivera en effet un moment où l’on ne pourra plus rentrer le nombre de matchs prévus dans le calendrier, en comptant des journées de repos. Mais ce moment n’est pas encore arrivé, nous espérons encore sauver la saison. »

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Le ballon a fait son retour, bientôt les contacts ? (©photo Christophe Fabriès)

« Il faut faire preuve de solidarité dans ces moments compliqués »

Quitte à mettre de côté les traditionnelles phases finales, que défendent de nombreux présidents de fédérale (voir article) : « Nous préférons aller au bout d’une saison régulière pour valider un classement qui soit digne de ce nom. Bien sûr que nous aimerions pouvoir assurer des phases finales, qui sont l’essence même de notre sport, c’est notre ADN. Mais la situation est exceptionnelle, nos décisions aussi. En fédérale 3, il y a 15 poules de 12, si on devait faire des 16èmes de finale, 32 clubs seraient concernés, en bloquant 5 dates de plus, à trouver jusqu’à la finale, tout en laissant sur le carreau 148 clubs. Nous ne pouvons concevoir les choses ainsi. » 

Les niveaux fédéraux sont source de réflexion permanente, et le Monsieur Rugby amateur de la FFR n’en oublie sûrement pas pour autant ceux de séries : « Tous ces clubs d’Honneur à 4ème série n’ont pas, par définition, de dépendance nationale. Les décisions sont souvent identiques au sein d’une même région, ce qui pourrait laisser croire qu’une reprise serait possible en séries, et pas en fédérale. Mais la réalité n’est pas aussi simple, malheureusement, car une fois de plus, les préfectures et les mairies sont indépendantes dans leurs choix, et se montrent plus fermes que jamais. »

Sans vestiaires ouverts, sans entraînements avec contact, et un calendrier qui épuise ses disponibilités à chaque jour et semaine qui s’écoulent, le spectre d’une fin de saison anticipée et d’une nouvelle saison blanche, devient bien plus qu’une simple menace. La réalité du terrain, serait alors de préserver l’essentiel : assurer un avenir pour le rugby amateur. « D’autres fédérations ont d’ores-et-déjà perdu des licenciés » souligne Patrick Buisson, « comme au Basket, au handball et au judo par exemple. Nous parvenons à endiguer ce phénomène chez nous. Le risque est réel, certes, mais je crois que les passionnés de rugby, dirigeants et joueurs, attendent avec impatience, mais aussi beaucoup de responsabilité, de meilleurs lendemains pour pouvoir reprendre le rugby. Il faut faire preuve de solidarité dans ces moments compliqués, et la solidarité fait aussi partie de l’ADN du rugby. C’est pourquoi je reste confiant, tout en étant conscient des difficultés qui nous attendent tous. »

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