Gestion de crise : “Allez les petits”… et allez les grands !

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Plus que jamais, la pandémie démontre à quel point le sport est essentiel, pour le bien être physique bien sûr, mais aussi mental. Les séniors, privés de rugby depuis octobre dernier, le constatent amèrement. Même si les entraînements en stade 3 (sans contact donc) sont autorisés, l’absence de match (et d’après match) se fait ressentir. Ce repère perdu du dimanche après-midi, pour les joueurs, comme les supporters, affectent le moral, puisque le lien social, si important, est coupé. Des notions qui échappent heureusement à nos petits bambins, qui ne voient dans le rugby, et à raison, qu’un simple jeu. Encore faut-il qu’ils puissent le pratiquer, grâce à des éducateurs et des bénévoles qui répondent présent malgré l’adversité. Hommage à ces hommes et femmes de l’ombre…

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Le mercredi ou le samedi, le bonheur est dans le pré, ave un ballon de rugby (photo Domi Host)

Le simple fait de pouvoir pratiquer, serait presque considéré comme une victoire aujourd’hui. Car il en faut des trésors d’énergie, d’abnégation et de patience pour que les adultes soient au rendez-vous des enfants rugbymen. Ces derniers ne le perçoivent pas, et c’est tant mieux. Aux adultes la gestion des problèmes, aux enfants le plaisir de jouer. Ces enfants qui, sans le savoir véritablement, vont développer plus de compétences motrices, grâce à des exercices ludiques, demandant application et précision. Et tant d’autres bénéfices, compétences, sociales, affectives, insoupçonnables et insoupçonnées. Une découverte pas à pas de valeurs essentielles, charnières : la camaraderie, les notions de soutien, d’entraide, d’efforts partagés, de tolérance, et de solidarité. Toutes ces valeurs qui vont permettre à chacune et chacun, de se construire, sur du concret, sur du solide, vers une vie d’adulte plus épanouie.

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Baby Black… (©photo Domi Host)

Hommage soit donc rendu ici aux éducateurs, compétents, bénévoles, passionnés, qui font du “baby rugby” et d’une école de rugby, une école de la vie. Un hommage d’autant plus appuyé, qu’en ce moment, les conditions d’entraînement ne sont pas vraiment favorables. Les protocoles sanitaires stricts, les interdictions d’accès aux stades, aux douches, le mauvais temps, l’arrêt des compétitions, bref, que de bonnes raisons pour baisser les bras. Et pourtant… ils les ouvrent encore plus en grand pour accueillir des minots curieux et impatients de pouvoir toucher du ballon ovale. Ces éducateurs préservent farouchement la tradition du mercredi après-midi, où l’on retrouve tous ces enfants en tenue, une heure avant, avec des étoiles plein les yeux, des sourires jusqu’aux oreilles, et des éclats de rire si communicatifs.

Un moment suspendu de bonheur, partagé par l’éducateur, qu’il ne peut, et ne veut dissimuler. Cet entraînement dont le gamin se souviendra encore dans quelques années, et peut-être même pour toujours. Ces premiers pas, ces retrouvailles avec les copains, ceux-là même avec qui certains grandiront en tant qu’homme et joueur, et porteront peut-être les couleurs de l’équipe Une, un jour. Et puis même si c’est avec la réserve, ce n’est pas mal non plus. L’important n’est pas là aujourd’hui.

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Les enfants de l’école de rugby de Saint-Girons-Couserans sous le couvert extérieur du foirail de “Saint-Gi”… (photos club)

L’important, l’essentiel même, est ailleurs. Il est dans ce que les éducateurs du mercredi, du samedi, et des autres jours, donnent de leur temps, transmettent leur passion, et restent impliqués malgré la conjoncture, malgré l’ambiance anxiogène et morose. L’accès au terrain est interdit, il est impraticable à cause de la pluie ?  Pas de soucis, on s’adapte, direction une place aménagée, ou sous une halle. Peu importe le vent, le froid, l’humidité, les gamins répondent présents, avec les maillots de leurs clubs préférés, ou celui d’un autre siècle, celui de papa parfois, avec un bonnet, un coupe vent, une écharpe. Oui, ils sont bien là, ils courent, sautent, trébuchent, tombent, se relèvent, seuls ou grâce au copain, écoutent les consignes et les appliquent aussitôt. L’échec n’existe pas, ils apprennent, et ils repartent de plus belle.

A l’heure où ils regardent à la télé leurs idoles, ce rugby d’en haut préservé par les droits télés, ce rugby professionnel sous assistance respiratoire, il y a aussi ce rugby d’en bas, à l’arrêt, qui tousse, dont on craint la perte de motivation, et donc de licenciés. Ces moments incertains que nous traversons tous, les éducateurs du rugby amateur, eux, les balayent d’un revers de la main, et continuent de rester mobilisés pour que la passion du jeu, du rugby, restent d’actualité. Ce virus là doit continuer à circuler. Pour que l’espoir perdure. Il n’y a qu’à voir la satisfaction des petits et des grands, à la sortie d’une séance ovale, pour s’en convaincre. On se dit aussitôt qu’il y a quand même des personnes dévouées qui méritent bien le respect, et des applaudissements, nourris, même à distance, même virtuels. Même écrits.

La voix de Roger Couderc résonne dans toutes les têtes, avec son éternel “Allez les petits”. Nous nous permettons d’accompagner humblement l’illustre commentateur d’un “Allez les grands” ! Car l’un et l’autre sont plus que jamais indissociables aujourd’hui. Petits et grands ne font qu’un pour former l’immunité collective, sportive, rugbystique, seul vaccin accessible à ce jour pour préserver le lien et un avenir plus radieux…

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A Souillac, le président du Comité du Lot, Jean-Claude Tardieu (en photo ci-dessous), oeuvre depuis toujours pour que les bambins découvrent le sport, et si possible, le rugby… (photos Comité Rugby Lot)

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A Lavaur, les enfants, sont heureux de rechausser les crampons, ils sont souriants et un brin taquins, presque autant que leurs éducateurs…  (photos Domi Host)

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Les premiers souvenirs rugby, même en période de covid, resteront gravés à tout jamais. Même pour ceux qui portent des bonnets ! (photo Domi Host)

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