Michel Koniek (Céret) : “On a atteint les objectifs et pris du plaisir”

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Quand vous avez été la figure de proue du pack de l’USAP pendant plus de dix ans (de 1996 à 2007), nul ne peut douter de votre détermination et de votre désir d’aller de l’avant. Il en va ainsi de Michel Koniek, formé à Châteaurenard (avec qui il gagne deux titres de champion de France de Groupe B en 1992 et 1994). Le talonneur entraîne, une fois sa carrière terminée, les sections de jeunes (Reichel et Espoirs) de Perpignan avant d’aller prodiguer ses précieux conseils sur la mêlée fermée du côté de l’AS Béziers, alors coachée par son ex-coéquipier australien Manny Edmonds. Depuis cette saison, lui et son acolyte Jean-Philippe Grandclaude (3 sélections en équipe de France) ont pris en mains le Céret Sportif (Fédérale 1). Dans un entretien sans filtre, il nous fait partager sa vision du rugby amateur, son ambition pour son club et son ressenti sur la saison écoulée, forcément spéciale… (par Marco Matabiau/ Photos Jeff Granal et Jean-Luc Kubiak).

L’histoire d’amour entre la Michel Koniek et la Catalogne ne date pas d’hier: “J’arrivais de Châteaurenard et j’étais en Bac Pro à Rivesaltes. C’est là que j’ai rencontré Renaud Peillard (l’ancien pilier gauche emblématique catalan), qui m’a convaincu de signer à l’USAP. J’ai joué deux ans en Reichel, puis je suis reparti à “Château”, avant de revenir en 1996. Le club était alors entraîné par Alain Teixidor: il venait de prendre la première après m’avoir coaché en juniors. Dans le groupe, de nombreux juniors de mon époque, notamment Stéphane de Besombes et Raphaël Bastide, pointaient déjà le bout du nez.” Déjà sollicité les années précédentes par des clubs alentour, l’ancien talonneur catalan avait jusque-là refusé de s’engager, trop pris qu’il était par ses obligations professionnelles (il travaille depuis près de vingt ans chez Frayssinet, dans la branche agricole). Il a décidé de franchir le pas cette saison avec le Céret Sportif. Une histoire de rencontres, comme c’est souvent le cas: “J’étais régulièrement en contact, de par mon métier, avec Lionel Arnaudiès, le vice-président de Céret, qui est paysagiste. Il m’a relancé par l’intermédiaire de Jean-Philippe Grandclaude, et j’ai fini par accepter.

Koniek
Après avoir refusé maintes propositions, Michel Koniek s’est finalement laissé convaincre par Lionel Arnaudiès.

Malgré son expérience du haut niveau, le Châteaurenardais savait qu’un véritable défi l’attendait. Il s’agissait alors de prendre les choses dans l’ordre, après une saison 2018-2019 en demi teinte: “Le club changeait de présidence et on assistait à un passage de témoins entre générations de joueurs. Pour ma part, je passais derrière Nicolas Grelon, avec qui j’avais également joué à l’USAP. Dès mon arrivée, on a commencé à regarder avec Gilles Anaudiès, le fils de Lionel, quelques joueurs que je connaissais. Nous avions une bonne ossature et le but était de pouvoir faire venir au club les meilleurs joueurs du département, des Catalans expatriés et des gars qui avaient déjà de l’expérience en Fédérale 1.” La découverte de la poule 2 n’a fait que renforcer les certitudes: “On savait que ça allait être difficile et que le niveau était élevé. Quand on a vu les équipes qui composaient la poule, on a vite compris qu’on allait jouer le maintien dans un mini championnat à 4 ou 5 équipes“.

Ceret Sportif
Michel Koniek reconnait que face à des équipes comme le Stade Niçois, la marche est encore trop haute pour ses protégés.

Le tout avec un budget loin d’affoler les compteurs du plus haut niveau amateur: “On doit être entre 650 000 et 700 000 euros. Le Céret Sportif a l’image d’un club familial et festif, ce qu’il est. Chez nous, tous les joueurs travaillent, à l’exception de notre troisième ligne samoan. On ne s’entraîne que trois fois par semaine: deux grosses séances, plus une mise en place. Alors évidemment, quand il s’agit de rivaliser avec des équipes qui ont 2,5 millions d’euros de budget, voire plus, ça se complique. Sept ou huit équipes avaient le statut pro ou semi-pro. Au niveau des structures, du budget, de l’historique, ça n’a rien à voir. Quand on part jouer à l’extérieur, on part à 6 heures du matin le jour du match. Aucune des équipes venues jouer chez nous n’est partie le matin du match“. Même si le CS n’a comptabilisé que 4 succès cette saison (le dernier importantissime face à Nîmes, 33-31), certaines grosses écuries telles que Narbonne (défaite des Cérétans 9-14) et Bourgoin (22-29) ont eu la vie dure au Stade Fondecave.

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Les Catalans ont tout donné pour arracher un succès primordial face au Rugby Club Nîmois.

“Le rugby est actuellement secondaire”

Tout cela permet au technicien catalan de tirer des conclusions plutôt positives de l’exercice 2019 – 2020: “A quatre journées de la fin, on avait 6 points d’avance sur le premier relégable. C’était plutôt bien engagé. Jouer contre des équipes telles que Bourg en Bresse, Bourgoin, Nice ou encore Narbonne est valorisant et motivant pour les joueurs. On peut faire jeu égal avec beaucoup à domicile. Ensuite, on avait ciblé deux ou trois matchs à l’extérieur. Pour le reste, on souhaitait faire au moins une bonne mi-temps et prendre le maximum de plaisir.” Le tout est à présent de savoir quelle direction va prendre le club sang et or dans un futur proche: “On est, selon moi, une bonne équipe de Fédérale 2 qui joue en Fédérale 1. C’est au club de choisir. Soit on se dit que notre place est en Fédérale 2, soit on reste en Fédérale 1 et on fait ce qu’il faut pour y rester: on s’équipe, on se structure, on donne la possibilité aux garçons de s’entraîner davantage. C’est un tout.”

Tout cela reste pourtant encore hypothétique: “Les championnats de Fédérale sont gelés. Il n’y aura visiblement pas de descente, à part pour ceux qui le souhaitent. Pour l’instant on travaille sur le budget. Le président a une entreprise. On comprend bien qu’outre la santé de chacun, c’est cela qui est prioritaire et que le rugby est actuellement secondaire.

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Les sang et or sont restés solidaires tout au long de la saison. Au bout : le maintien en Fédérale 1.

Effectivement, du fait de l’épidémie de COVID-19, voilà belle lurette que les terrains de rugby n’ont pas été foulés et que de nombreux employés sont confinés chez eux. Qu’en est-il de Michel Koniek ? “Je suis comme tout la monde, confiné. Les gens avec lesquels on travaille, agriculteurs, viticulteurs, arboriculteurs ou encore maraîchers, n’ont pour la plupart pas cessé leur activité. On est en télé-travail mais notre usine reste ouverte.” Et côté ballon ovale ? “Je peux vous dire que ça fait un bon moment qu’on ne s’est pas vus avec les gars du club, mais que sur le fil WhatsApp, tout le monde se languit de pouvoir faire une belle soirée pour fêter notre maintien en Fédérale 1.” Il nous l’avait bien dit, ils sont festifs les Cérétans…

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