Mercatovale – Thierry Fossat : « J’ai dit oui pour l’humain, le contact, tout ce qui nous manque tant depuis un an »

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Nous avions laissé Thierry Fossat en mars 2019, nous annoncer son départ de Castanet, après 13 ans de bons et loyaux services (voir l’article), portant l’équipe fanion aux sommets de la fédérale 1. Depuis, ce personnage atypique du rugby, restaurateur de métier et motard converti, a tourné la page. On croyait même qu’on ne le reverrait plus sur un banc de touche. Erreur, il revient, et sera même à la tête d’une équipe de fédérale 2…

Thierry Fossat (à gauche) prêt pour un nouveau défi (photo GR Vin)

RugbyAmateur : Thierry Fossat, c’est une surprise de vous retrouver à la tête d’une équipe, qui plus est, en fédérale 2…
Thierry Fossat :
C’est une surprise pour moi aussi ! Je vais vous faire une confidence : depuis que j’ai arrêté avec Castanet, je n’ai reçu aucune proposition, pas un appel. Alors, quand les dirigeants de Rieumes m’ont appelé, je me suis déplacé. Ce qui les a surpris visiblement, eux aussi. Mais c’est la moindre des choses de se déplacer quand on vient vous solliciter.

Et le discours que vous avez entendu vous a plus donc ?
Oui, j’ai tout d’abord rencontré des gens sympas, jeunes, motivés, sincères, qui ont envie de redonner un peu d’éclat à ce club historique. Nous avons échangé nos points de vue, et je pense que l’on s’est bien compris.

Justement, quel a été votre discours ?
Mettre l’humain et le plaisir au centre des débats. Depuis plus d’un an, l’humain a disparu, on ne boit plus une bière, on ne mange plus au resto ensemble, on ne vibre plus en tribune, au bord d’un terrain, donc retrouver ce plaisir d’être ensemble, de jouer au rugby, et de passer de bons moments, c’est le plus important à mes yeux aujourd’hui.

Vous disiez qu’aucun club ne vous a appelé en deux ans, comment l’expliquez-vous ?
Les gens doivent croire que je suis marié à Castanet, à un niveau supérieur, que je suis trop cher, pas abordable, trop caractériel, trop cher, tout ça quoi.

Et c’est faux (rires) ?
Presque (rires).

Vous nous disiez, en 2016, qu’entraîner c’est votre vie. Le rugby ne vous a pas manqué ?
Pas vraiment. En tout cas, pas de la façon dont je l’ai vécu à Castanet, avec la pression du résultat, l’objectif de se qualifier chaque année, les contraintes des entraînements, des déplacements très lointains, … tout ça ne me manquait pas, je ne me sentais plus à ma place au niveau de certaines valeurs aussi. Et puis je suis restaurateur, j’ai des journées de fou, en plein hiver quand vous avez 15 joueurs à l’entraînement, qu’il pleut averse, qu’il fait froid, que le terrain est suspendu, on joue sur une bande de 5m sur 20, avec de la boue, la canalisation de la douche qui a pété, les risques pris entre les voitures pendant 35 minutes, puisque je suis motard, non vraiment, ça ne manque pas trop en fait ! Et puis j’ai découvert le golf, et le VTT aussi. A Rieumes, je sais que je serai sur un autre modèle, donc ça me va…

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Une glacière aux couleurs prémonitoires (photo RugbyAmateur)

« Je sais comment ça fonctionne encore… »

On vous imagine mal en train de prôner uniquement le plaisir de jouer sans la gagne au bout quand même ?
J’ai raté un virage quand j’ai été contacté par des clubs de Pro D2, comme Montauban. Je le sais, je me suis sans doute enterré. Aujourd’hui, j’ai 53 ans, je prends cette mission différemment, plus en détente. Je le répète, l’humain est important pour moi, essentiel même. Le rugby est une histoire d’émotions, d’hommes, une belle histoire à écrire ensemble, dont on veut se souvenir des années plus tard. Mais bon, je vous rassure, je pousserai quelques gueulantes du bord de la touche, ce sera un bon exutoire aussi je pense (sourire). Si on arrive à faire du beau rugby, remplir des tribunes et jouer des phases finales, ce sera déjà très bien !

Avec le recrutement annoncé et confirmé, on imagine mal Rieumes ne pas jouer les premiers rôles, ni même prétendre à une montée…
Alors, je vais être très transparent. D’abord, j’ai déconseillé aux dirigeants de vouloir monter en fédérale 1 : le club n’est pas structuré pour ça, pas encore en tout cas. Ensuite, le recrutement dont vous parlez, je n’y suis pour rien. C’est uniquement le travail, très bon, des dirigeants. Je me suis renseigné depuis sur les postes qui seraient à consolider, donc je prends des renseignements à partir d’aujourd’hui (vendredi dernier). Mais je ferai avec l’équipe qu’on me donnera. Après, normalement, si l’équipe a de la qualité, j’espère que j’en tirerai le meilleur parti, je sais comment ça fonctionne encore.

Qui formera le duo d’entraîneur avec vous ?
J’ai appelé plusieurs personnes, qui parlent le même rugby que moi. Certains sont en place, d’autres ont des occupations trop importantes ou sont trop éloignés. Bref, je travaille dessus. (NB : cet entretien a été réalisé avant l’officialisation de l’arrivée de Jocelyn Authier et Greg Cazenave aux postes d’entraineurs des avants et des arrières)

Dernière question, votre avis sur l’évolution de la fédérale 1 ?
Tout ce que je peux dire, c’est que je vois des entraîneurs d’équipes premières, qui étaient des entraîneurs d’équipe réserve. On privilégie des solutions internes, mais je ne sais pas si ce sont toujours pour des raisons de compétence ou d’économie. Les entraîneurs sont de plus en plus jeunes, à voir si l’expérience ne compte pas, à un moment ou un autre, pour tirer vers le haut un groupe. En tout cas, moi, je me suis engagé à faire de mon mieux pour aider Rieumes à briller de nouveau, et ce sera déjà très bien.

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