Insolite : Olivier, où le secret de la barbe à papa

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Dans toute équipe, aux quatre coins de la France du rugby, il y a toujours un “papa”, respectueusement appelé ainsi pour sa longue expérience, et affectueusement surnommé de la sorte pour son âge plus avancé que les autres. Pas toujours canonique cependant, car à 30 ans, on peut être déjà considéré comme un ancien. Alors imaginez à plus de 40 ans… et une belle barbe blanche ! 

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Parmi tous les anciens, il y a Olivier Couderc, dit “Roger” évidemment, (pour les plus jeunes, tapez Couderc et rugby pour votre recherche, et vous comprendrez). Le bonhomme est remarquable, dans tous les sens du terme. Pour sa belle carrière et sa longévité, mais aussi pour cette belle barbe blanche qui le distingue instantanément sur un terrain. Un “papa” noël des quatre saisons, à la ville, cultive donc l’appellation du papa de l’équipe sur le terrain.

A 44 ans (âge approximatif non certifié par un acte de naissance), l’Olivier se porte bien. Il a joué à Lannemezan, et il joue, encore, et  encore. Et plutôt bien même, qui plus est, devant. Son secret de longévité ? Une condition physique irréprochable, entretenue par la pratique régulière du vélo, pour venir aux entraînements. Et quand on habite à 30km du stade, les muscles ont le temps de se chauffer bien avant de chausser les crampons. Car la route est sinueuse et vallonnée entre le piémont pyrénéen et Montréjeau. Du coup, il n’est pas rare qu’il se change dehors, car il a trop chaud dans le vestiaire. Et puis l’hiver, le froid, c’est bien connu, ça conserve.

Sur le terrain aussi, “Roger” montre l’exemple bien sûr, aux jeunes qui l’entourent, et… qu’il entoure. Samedi dernier, il a clôturé une saison parfaite : invaincu avec son équipe de Montréjeau, lui, le capitaine de la réserve de promotion Honneur, il a ainsi soulevé le planchot, le premier de l’ère occitane pour ce niveau.

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Barbe blanche pour Olivier ou brune pour Sylvain, les anciens ne sont pas fait du même bois visiblement

Roger le visionnaire…

Alors le “papa” des Rouge et Noir affichait un radieux sourire jusqu’aux oreilles, que sa barbe blanche ne cachait même pas. Cette barbe qui, quelques heures plus tard, allait disparaître, comme par enchantement. Ne résistant pas à un pari passé avec les jeunes de l’équipe.

Le quadra a pris par la même occasion, un sacré coup de… jeune. Au point de repartir pour une dernière campagne ? Rien n’est moins sûr. D’ici là, Olivier savoure, comme un enfant dégusterait une bonne… “barbe à papa”. Ses coéquipiers, anciens ou jeunes, espèrent que le papa qu’il est dans la vie, le restera sur le terrain.

Ne serait-ce que pour écouter la voix du guide, ou ses discours d’avant match. Celui de l’avant finale ayant marqué les esprits visiblement. Sylvain Cazaulon et Romain Galeazzi, autres papas de l’équipe, nous confiaient la qualité des propos de leur aîné  : “Samedi, c’était un des plus beaux discours que j’ai entendu de toute ma carrière” assurait même Romain, “Je ne vais pas tout divulguer, mais il y avait tous les sentiments. La tristesse, de voir certains sans le sac, la fierté, de porter ce maillot, les copains, les larmes, la confiance, bref tout y est passé.

La légende dit même que feu Barbe blanche aurait prononcé ces quelques mots avant de rentrer sur la pelouse : “Cette date restera gravée, ce sera l’histoire de trois dates anniversaire : la naissance d’une belle victoire, car qui aurait cru que le plus vieux du groupe, le coach, ou un junior tout juste senior, seraient papas. Ce sera le mariage d’une équipe de champions, et enfin, ce sera la défaite d’un adversaire qui aura essayé, mais qui sera tombé sur une belle défense.” Des mots forts, et justes, il sait parlait à un groupe, sur et en dehors du terrain, soulignait enfin Sylvain Cazaulon.

Cet hommage à un ancien vaut pour tous les autres. Ils le méritent tous, quel que soit leur niveau, en équipe une ou deux, oui, ils méritent tout notre respect. Et puis comme le disait un autre Couderc : “Allez les petits !”. Car avant de devenir papa, on a tous été des “petits”. Même chez les grands…

 

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Et devinez qui est le plus heureux ?

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©Photos : Raoul Denax, Léa Forrat, et Le sport en Photos 

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