Sylvie Denot (coach TLA) : “Des réticences ? Oui, forcément, il y en a eu au début”

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Suite au départ des entraineurs Bruno Bousse et Sébastien Baeza en fin de saison dernière pour l’U.S. Verfeil, l’entente Toulouse Lalande Aucamville s’est cherchée un nouveau duo de coachs. C’est tout naturellement que le club s’est tourné vers celui jusqu’alors en charge des Juniors Belascain : Abde Meskiti et Sylvie Denot. Cette dernière s’occupe également de la sélection des U26. Mère de deux enfants, ancienne athlète spécialiste d’heptathlon et de 400 mètres, Sylvie nous a accordé un entretien dans lequel elle nous parle de ses débuts dans le rugby, ses choix et ses ambitions…(par Marco Matabiau)

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Abde Meskiti et Sylvie Denot échangent beaucoup

Sylvie, comment êtes-vous venue au rugby?
Je suis venue au rugby un petit peu par hasard, puisqu’au départ je pratiquais l’athlétisme, pendant 14 ans. J’étais à Limoges, où je faisais mes études en STAPS, en train de m’entraîner sur la piste, et un monsieur est venu me voir et m’a dit qu’ils avaient besoin de filles qui couraient pour jouer derrière. Pour la petite histoire, ce monsieur, c’était Pierre Villepreux. C’était aussi mon professeur à la fac. Il m’a en quelque sorte transmis sa passion du rugby. J’ai également joué cinq ans au club de Limoges, l’USAL.

Et votre arrivée sur Toulouse ?
Je suis descendue sur Toulouse pour poursuivre dans la filière Activité Physique Adaptée. J’ai joué au club de Saint Orens, également pendant cinq ans. Puis je suis rentrée au comité un petit peu par hasard. Je faisais partie du Pôle Espoir Universitaire. C’est Philippe Laurent qui nous entraînait. Un jour, il nous a dit qu’il cherchait un entraîneur parce qu’il n’avait plus le temps de le faire… et j’ai postulé. Du coup, le rugby, j’en ai fait mon métier.

De vos débuts à ce jour, l’emploi du temps a été bien chargé non ?
Oui, j’ai commencé à travailler au Comité Départemental, puis au Comité Territorial (Sylvie travaille actuellement au Comité Midi-Pyrénées de rugby en tant Conseillère Rugby Territoriale, où elle est notamment en charge du développement du rugby féminin). J’ai entraîné les Cadets, avec Roland Cabanel, ex-président CD31), les Juniors Crabos à Colomiers à partir de 2006, puis les filles de Fonsorbes. J’ai également arbitré au niveau international.

Et vous voilà au TLA, mais pas seulement…
L’an dernier, je suis venue à Aucamville entraîner les Juniors Belascain avec Abde Meskiti. En revanche, cette année, plus d’équipe Belascain puisque nous étions en entente avec L’Union… qui a cette année préféré repartir tout seul. Nous avons appris cela un peu tard. Par conséquent, nous n’avons pas réussi à obtenir un effectif suffisant. Bref, nous n’avions plus d’équipe, seulement une douzaine de joueurs. Le président du club nous a alors demandé de reprendre l’équipe sénior suite au départ de Bruno (Bousse) et Sébastien (Baeza). D’un point de vue plus personnel,  je vais également m’occuper de la sélection Midi-Pyrénées des moins de 26 ans, championne de France en titre sous les ordres de Philippe Laurent, Didier Herrerias et Abde Meskiti.

Sylvie au milieu de son équipe du TLA
Sylvie au milieu de son équipe du TLA (photo club)

Qu’est-ce qui a motivé votre choix de poursuivre avec les séniors?
Le fait que l’on avait commencé quelque chose avec les Belascain, on ne voulait pas les laisser tomber. En prenant le groupe sénior, on suit aussi les jeunes, en les intégrant au groupe, en leur proposant une continuité dans le projet qu’on avait démarré avec eux.

Vous avez beaucoup travaillé sur la formation des jeunes. Quelles différences feriez-vous entre le fait de s’occuper de jeunes et d’entraîner une équipe séniors en série?
C’est comme entraîner des garçons et entraîner des filles, il n’y a pas vraiment de différence. On travaille sur des niveaux différents, il faut simplement adapter son contenu en fonction du niveau des joueurs. Au départ, ce que l’on redoutait le plus, c’était de savoir si on allait avoir l’adhésion à notre projet de jeu. Bruno (Bousse) et Sébastien (Baeza), avec lesquels nous travaillions l’an passé pour créer du lien entre les différentes catégories,  étaient là depuis cinq ans et avaient mis leur projet en place.  Ils avaient eux-mêmes déjà intégré quelques Belascain en cours d’année. De ce fait, la transition s’est très bien déroulée. Nous avons présenté notre projet aux joueurs au mois de juin, puis on a fait un stage en août. Lors de ce stage, on a commencé à bosser, et on a tout de suite vu qu’on avait des mecs supers, très à l’écoute, qui ont tout de suite adhéré. C’est également un groupe très jeune. Ils sont impliqués, ont envie de faire progresser le groupe. Ça rend tout de suite la tâche des entraîneurs beaucoup plus facile

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Les compétences de Sylvie ont levé les réticences de certains joueurs à l’idée de se faire entraîner par une femme

Y a-t-il néanmoins eu des réticences de la part de certains à être entraînés par une femme ?
Oui, forcément il y en a eu, au début. Parce que certains font du rugby depuis très longtemps, mais très vite, avec la présentation du projet, les garçons ont compris que j’étais un coach, que j’avais un contenu à leur apporter. De ce fait, les réticences ont été très vite évacuées.

L’équipe compte à ce jour six défaites pour deux victoires, les objectifs ont-ils évolué ?
L’objectif en début de saison est évidemment d’aller le plus loin possible. Dès le départ, c’est très clair. C’est rageant quand on perd des points comme nous l’avons fait parfois. Nous voulons nous qualifier. Ce qui est encourageant, c’est que les joueurs ont adhéré au projet de jeu, certainement ambitieux, mais ils ont envie de beaucoup produire, et nous espérons que cela va très vite fonctionner. Donc on aimerait se qualifier et passer un tour ou deux.  On a un très bon groupe, avec des joueurs qui donnent beaucoup. Ça donne envie d’aller loin avec eux.

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