Reportage : Yoann et Alexandre Rayssac, Ô brothers

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Mazamet reçoit Villefranche de Lauragais ce dimanche. Un gros match en perspective entre deux formations qui veulent se relancer après une défaite à Céret pour les tarnais et contre Saverdun pour les lauragais. Ce sera aussi l’occasion d’assister à un duel particulier pour la famille Rayssac. Yoann, bientôt 28 ans, l’aîné, pilier ou deuxième ligne, et Alexandre, 25 ans, troisième ligne, vont, pour la première fois, jouer l’un contre l’autre. Non, sans émotions…(par Joanh Lomu et MéO)

famille rayssac
Yoann, Alexandre et Marine, inséparables frères et soeur

Ils ont grandi à l’école de rugby ensemble, à Castres, mais les deux ans d’écart qui les séparent, ont fait qu’ils n’ont jamais évolué dans la même catégorie, jusqu’en Reichel. Alexandre migre vers Albi pour jouer en espoirs. Yoann reste au CO, où il signe un contrat pro. Il partira 4 ans à Colomiers, puis une saison à Montauban. Son petit frère évolue à Mazamet depuis 3 ans et finit par le convaincre de le rejoindre. Mais Alex est contacté par Villefranche à l’inter saison et cède aux avances du FCV. Encore raté, les deux frères ne joueront donc pas ensemble.

“Nos chemins vont finalement se croiser quand même” dit avec malice Yoann, qui replace cette rencontre dans son contexte “C’est tout d’abord un match important pour Mazamet. On vient de perdre à Céret, on se doit de gagner à la maison, avant un déplacement difficile à Saint-Sulpice. Villefranche est une très belle équipe, sûrement vexée de sa défaite à domicile dimanche dernier. A nous de nous montrer à la hauteur. Mais il est vrai que ce sera un match particulier pour moi. Ce sera la première fois que l’on jouera l’un contre l’autre avec Alex”

Ce dernier ne cache pas non plus son émotion : “Je reviens dans mon ancien club, dans lequel j’ai passé trois belles saisons, je vais jouer contre les copains, devant les anciens supporters et surtout face à mon frère. Je n’ai pas de stress particulier à vrai dire, juste l’envie de faire un gros match. C’est la première fois que je joue contre Yoann. Ma mère a toujours rêvé que l’on joue sous les mêmes couleurs un jour, mais elle n’avait pas imaginé qu’on puisse jouer l’un contre l’autre. Je suis un peu excité a l’idée de le jouer, même si je sais qu’on ne va pas se faire de cadeaux (rires)”

avec papa
Père et fils Rayssac

Le grand frère confirme qu’il n’y aura pas de passe droit, mais qu’il serait bien embêter s’il voyait son petit frère pris dans une petite chamaillerie “Je n’y pense pas, Villefranche est une équipe, propre, joueuse. Mais si ça chauffe sur le terrain, l’instinct fraternel prendra peut être le dessus. J’irais m’interposer au pire” sourit-il.

Il faut dire que les deux frères sont très proches, tout comme avec leur petite soeur de 18 ans, Marine, et ont grandi au milieu d’une famille soudée. Inséparables, ils passent rarement une journée sans se donner de nouvelles. “On est presque des jumeaux, on a vraiment une relation fusionnelle” avoue Alexandre, qui n’oublie pas d’ajouter à propos de Yoann “C’est l’aîné, donc un modèle à suivre pour moi. Même s’il peut être râleur et mauvais perdant parfois. Sur le terrain, et dans tous les jeux d’ailleurs. Il reste un gros nounours dans la vie”. Il se rappelle aussi un autre souvenir “Quand nous étions au CO, lui en Espoir et moi en Reichel, on faisait une opposition, et je lui avais mis un gros timbre ! Tout le monde l’avait chambré, c’était plutôt rigolo. Mais il ne faudrait pas qu’il se venge dimanche”.

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Alexandre (ici au soutien au second plan) va jouer contre une équipe en noir et bleu, mais qu’il connait bien cette fois (photo L’Ovalie de Valou)

Yoann s’en souvient sûrement, mais avoue que tout va si vite sur le pré, qu’il est difficile de cerner qui est en face au moment de l’impact. Il loue lui-aussi les qualités sportives et humaines de son frère, même s’il met en avant son côté impulsif parfois. Ils auront l’occasion de se croiser une dernière fois avant la rencontre de dimanche, puisqu’ils partagent une autre passion : la chasse. “On y va samedi avec notre papa oui. Mais on ne devrait pas trop parler rugby. On se chambrera un peu sûrement, mais bon, papa sera là et on se concentrera sur la chasse rapidement” sourit l’aîné. Entre infos et intox, chacun préserve son camp, que toute la famille Rayssac, se gardera de choisir, quand ils seront en tribunes.

Une chose est certaine, quelle que soit l’issue de cette rencontre la famille Rayssac sera à nouveau réunie. Il en sera de même pour le match retour. D’ailleurs, Yoann, non sans humour, nous a glissé que l’idéal, serait que chacun gagne chez soi. Mais que si Mazamet peut gagner deux fois…Tout est dit. Ou presque.

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Yoann (au centre avec la chasuble blanche) se prépare à un match particulier demain (photo Serge Gonzalez)

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