Reportage – A l’assaut du Kilimanjaro, David Berty veut prouver que « SEPossible »

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David Berty, l’ex-ailier du Stade Toulousain (cinq Brennus, une Coupe d’Europe, deux Du Manoir), est un homme de défis. Le dernier qu’il s’est lancé culmine à 5895 mètres… (Par Marco Matabiau).

Tous les férus de rugby ont encore en mémoire cet essai, au soir du 1er juin 1996, au Parc des Princes. David Berty venait cueillir la chandelle de Christophe Deylaud au nez et à la barbe de l’arrière briviste Sébastien Paillat pour offrir au Stade Toulousain son 13è titre de champion de France, cinq mois après que les Rouge et Noir aient remporté la première Coupe d’Europe de l’histoire face à Cardiff. L’ailier toulousain était alors au zénith. La suite allait pourtant prendre un tournant bien moins réjouissant. Les premiers symptômes apparaissaient en 1997, et le supersonique ailier toulousain perdait peu à peu de sa superbe. S’en suivraient des escapades à Brive, Montauban et finalement Blagnac où il terminait sa carrière de joueur en 2002.

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L’essai d’une vie (©photo L’Equipe)

2002… C’est justement cette année-là que tombe le diagnostic: David Berty est atteint de sclérose en plaques, une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central, provoquant des perturbations notamment motrices, visuelles et cognitives. L’ex-international français (6 sélections) nous explique: « J’ai suivi un traitement de 2002 à 2013. En 2013, j’ai décidé d’arrêter et de me donner à fond dans la pratique sportive ». Non seulement David enchaine les séances de musculation, mais la passion du ballon ovale est encore bien présente en lui. Il s’engage avec les Toros de Saint-Jory (désormais associés au Stade Toulousain Rugby Handi) en rugby à XIII fauteuil (et a touché du bois encore, cette saison).

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Champion de France de rugby-fauteuil 2022 (©photo FB)

D’autre part, son activité professionnelle à la Mutuelle du Rempart lui permet d’accompagner financièrement certains projets d’envergure, dont ceux de Vanessa Morales, qui est tout sauf une débutante. Elle a en effet gravi le Kilimanjaro à cinq reprises, la dernière le 31 août 2021 avec à la clé le record mondial d’ascension (par la voie Mashame, côté Kenya)/ descente (par la voie Mweka, côté Tanzanie) en 11 heures et 33 minutes. Rien que ça!!!  Le courant passe tout de suite entre l’ex-rugbyman et la jeune femme, comme elle le précise elle-même: « Je cours pour soutenir la lutte contre la sclérose en plaques depuis environ 7 ans. Je me suis liée d’amitié avec David. Quand je suis revenue de ma dernière ascension, je lui ai dit que la prochaine fois, je l’emmènerais avec moi ». La première réaction de David Berty est des plus logiques: « J’ai tout de suite pensé IMPOSSIBLE. Puis, plus ça allait, plus je voyais le mot POSSIBLE clignoter. Au final, je n’ai pas mis longtemps à me décider ».

Un défi de taille, avec un quatuor de rugbymen à ses côtés

Une telle entreprise nécessite une préparation des plus pointues. Trois entraînements par semaine, deux heures par séance, avec un programme spécifique sur les jambes: « Il est obligatoire de bien remuscler les jambes. Je fais donc un travail en hypertrophie. Très lourd et très long. Notamment des squats. Dix séries de dix. J’ai commencé à 120 kilos. Au bout de six semaines, je terminais les séances avec une barre à 183 kilos ». Le travail ne se limite pas à la salle de musculation puisque David axe également sa préparation sur la photobiomodulation, un processus similaire à table à UV même si, comme il l’avoue lui-même, « je n’y vais pas pour bronzer ». Grâce à des leds, on peut ainsi passer dans le derme ou l’épiderme et traiter les maladies de la peau, mais aussi régénérer les cellules selon les fréquences choisies: « Ce sont des séances de 18 minutes. Je suis ce programme depuis environ un peu plus d’un an, et ça a grandement amélioré ma vie ».

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183 kilos sur la barre !

Vanessa et David seront bien accompagnés pour relever ce redoutable défi. La Muretaine éclaircit ce point: « A chaque fois que je suis montée, j’avais la même équipe de porteurs. Nous partirons donc avec cette équipe. Question de confiance. On dormira en tente tous les soirs ». D’autres partenaires d’ascension les rejoindront, et pas des moindres: Marc Lièvremont (ex-sélectionneur du XV de France, ami de longue date de Vanessa), Laurent Arbo (l’ailier aux 100 essais marqués en Top 14), Sébastien Morizot (ancien talonneur de l’USAP et de Bègles) et enfin Thomas Castaignède, « le joker médical » des mots même de David Berty (Émile Ntamack, initialement prévu, ayant été contraint de se décommander). Vanessa a concocté un programme aux petits oignons pour le quintet d’ex-rugbymen: « Départ ce lundi 27 juin. On attaque l’ascension du « Kili » par la voie Mweka ce mercredi 29 juin. J’ai prévu cinq jours d’ascension, deux jours de descente par cette même voie ».

A David Berty le mot de la fin: « On fait cela pour sensibiliser à la lutte contre la SEP. A titre personnel, je souhaite démontrer que, même si on souffre d’une pathologie ou d’un handicap, on peut non pas les déplacer dans ce cas, mais gravir des montagnes. Je me réalise dans le sport, mais d’autres pourront le faire par la musique, le dessin, la peinture. Il faut vivre ses passions à fond ». Dont acte…

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Dernière photo prise avant la première étape…

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