Régionale 1 : les causeries d’avant demi-finales (22 juin 2025)
Ce dimanche 22 juin, en Régionale 1, les quatre dernières équipes encore en compétition croiseront le fer pour tenter de se hisser sur la dernière marche nationale. Aux portes de la grande finale, les ultimes prétendants, à travers leurs entraineurs ou présidents, sont revenus sur leurs différents parcours tout en se projetant sur ce dernier carré tant attendu… (Par Loulou / Photo Une Lorinda Despierre-corporon)

Valréas (84) – Millas (66)
Au stade Albert Boutou de Poussan (34), coup d’envoi 15h
Jérôme Alaize, manager US Valréas : « Chez nous, c’est vraiment la culture du rugby village »
« On a une équipe très jeune, avec pratiquement 90% des joueurs formés au club, qui jouent ensemble depuis un moment. Ici, à Valréas, c’est vraiment la culture du rugby village. On n’avait pas particulièrement coché le championnat de France en début de saison, notre objectif principal était la montée en Fédérale 3, puis d’aller décrocher le bouclier de la Ligue Sud. On parvient à valider la promotion, mais ensuite, on perd la finale contre Digne-les-Bains.


Cette défaite nous a un peu piqué au vif et on s’est dit que pour se racheter, il fallait faire un beau parcours en phase finale des France. Pour le moment, notre parcours est presque parfait, on sort des matchs aboutis contre des équipes que l’on ne connaissait pas, dont trois clubs de la ligue Auvergne Rhône-Alpes, puis le champion d’Île-de-France en quart (RC Paris 15).


C’est la magie des phases finales, on est agréablement surpris par tout ce que l’on arrive à faire, notamment offensivement, puisque l’on tourne à 35 points de moyenne. On a également notre 16ᵉ homme qui pousse derrière nous, entre 400 et 500 personnes qui nous suivent, tout le village se mobilise ainsi que les alentours. Cette ferveur nous porte à faire un peu plus sur le terrain.


Depuis le début des 32ᵉ, on a utilisé que 24 mecs, le groupe est très fermé, on a pas de casse donc les joueurs sont prêts physiquement pour cette demi. On ne va rien changer dans notre approche ni dans nos entrainements, on va rester classique. On sait que l’on ne sera pas favori face à Millas, une équipe habituée de ces rendez-vous avec trois finales nationales consécutives, mais on a nos armes, on fera tout pour les perturber au maximum. La dernière belle épopée du club remonte en 1992, avec un titre de champion de France honneur, ça commence à remonter, donc ça nous motive pour faire aussi bien. »


Insolite : l’US Valréas en a encore sous le capot… de l’Acadiane
Laurent Bosch, coach des trois-quarts et joueur de l’US Millas : « Les mecs sont là pour le maillot, pour un club, pour un village. »


« La grande majorité de l’effectif est issue de la formation millassoise et il me semble que l’on est tous catalans, à moins qu’il y en ait un qui vienne d’une autre région et qui n’ait jamais rien dit à ce sujet (rires). Plusieurs joueurs sont présents depuis la première finale (perdue en 2022 face à Caraman, en 2ᵉ série) et d’autres, qui étaient en réserve jusqu’à l’an dernier, sont montés en une. C’est cool, ces jeunes nous regardaient faire nos finales sur le bord du terrain et maintenant, ils sont acteurs.
La recette secrète à Millas ? Je ne sais pas s’il y en a une, mais ce qui fait notre réussite, c’est qu’il n’y a pas d’argent. Les mecs sont là pour le maillot, pour un club, pour un village. Cette ambiance très familiale est notre plus grande force. On est une bande de potes qui se connait depuis des années. En début de saison, quelques anciens ont arrêté, et quand on a vu notre poule très relevée, on s’est dit que ça allait être costaud. Mais petit à petit, au fil des matchs, on a senti que l’on était au niveau et, à la fin, on parvient même à terminer leader du groupe, alors on s’est mis à y croire.
Présentation champions et finalistes 2024 : Millas, tracer sa route en Régionale 1


Maintenant qu’on est bien lancé, on va tout donner pour ne pas avoir de regrets. On va surtout se focaliser sur nous, parce que notre plus grand adversaire, c’est souvent nous-mêmes. On a le don de ne pas savoir tuer un match, on fait souvent de belles entames, mais derrière on se fait peur, comme dimanche dernier contre Pouyastruc. Vivre ça désormais du bord de la touche, c’est invivable, même s’il m’arrive encore de jouer quand il y a des blessés.


Ces trois finales consécutives perdues plus celle d’Occitanie l’an dernier contre Bassoues, font mal à la tête, d’autant plus que j’étais capitaine pour ces échéances, mais on se dit que l’on a quand même de la chance de vivre toutes ces épopées. Chaque année, il y a son lot de surprises, d’émotions. L’histoire est à chaque fois singulière et, malgré les défaites, comme contre Corbières XV ça reste une force d’avoir vécu ça. On a su se relever à chaque fois. Aujourd’hui, même les clubs aux alentours nous encouragent et nous disent : « vous méritez d’en gagner une. »


Saint-Céré (46) – Orsay (91)
Au stade des Chevaliers à Châteauroux (36), coup d’envoi à 15h
Eric Laribe, président du Saint-Céré Rugby : « Obtenir la montée si tôt en phase finale était inattendu »


« Ce beau parcours et cette montée en Fédérale 3 récompensent plusieurs années d’effort du staff ainsi que tout le travail effectué par l’ancien président, William Jonquières. J’ai pris la présidence il y a un an et on a continué sur le même chemin, avec les mêmes entraineurs qui font un superbe boulot, et le Graal est arrivé comme une suite logique. Le reste désormais, ce n’est que du bonheur.
Régionale 1 – Le Saint-Céré Rugby souhaite poursuivre sa progression
En phase de groupe, on termine troisième d’une poule très relevée, derrière Moissac et la Vallée du Girou, qui étaient légèrement supérieurs, mais sur un match, on savait que l’on pouvait accrocher des équipes de ce niveau. Le grand tournant pour nous fut la victoire face à Saint-Gaudens (succès 20-16 en 8ᵉ de finale d’Occitanie), les joueurs se sont vraiment rendu compte de leur potentiel. C’est selon moi le match déclencheur.


Obtenir la montée si tôt en phase finale était ensuite un peu inattendu, car on était encore sept à ambitionner les deux derniers tickets. On pensait qu’il y aurait plus de candidats qui passeraient ce tour et que l’accession se jouerait plutôt en quart. On a appris la promotion un quart d’heure après le coup de sifflet final du match face à Saint-Flour, je n’y croyais pas, j’ai dû regarder les résultats des autres équipes sur au moins quatre téléphones différents (rires).


Les joueurs n’avaient plus aucune pression face à Moissac en quart et pouvaient jouer libérés. On a vu un très beau match, même si la fin était tendue pour nous, puisque l’on a fini la rencontre à 12 et que Moissac revenait sur nos talons, mais grâce à notre belle défense, les gars ont tenu le coup jusqu’au bout. Plusieurs joueurs raccrocheront les crampons en fin de saison, je pense notamment au capitaine, Edouard Morault, qui aimerait vraiment emmener l’équipe le plus loin possible pour finir sur un titre.


Il y a eu de superbes épopées à Saint-Céré dans les années 80, c’est difficile de comparer, ce n’étaient pas les mêmes formules, mais cette saison entre dans les plus belles de l’histoire du club. En tout cas, on est bien soutenu par les supporters et par l’immense travail des bénévoles. On espère que la fête va continuer jusqu’aux 120 ans du club, le 5 juillet prochain. »
Joffrey Delacour, manager du CA Orsay : « Le but est de s’éclater sur et en dehors du terrain. »
« La descente de Fédérale 2 en Régionale 1 a mis du temps à se dessiner l’été dernier, on a payé une non-gouvernance, avec plus de dépenses que de recette… Il y a eu une trentaine de départs durant l’intersaison vers les clubs aux alentours et on a dû garder 4 ou 5 joueurs de l’effectif première de l’an passé. On est reparti sur une nouvelle page avec quelques anciens attachés au club qui ont fait leur retour et pas mal de joueurs de la B qui ont également intégré le groupe première, même si ici, on préfère parler de projet global que d’équipe une.


On s’appuie sur un effectif très jeune entouré par des joueurs d’expérience à des postes clés. En tout cas, contrairement à ce que l’on peut entendre, on n’est pas du tout une équipe de Fédérale 2. Il n’y a plus d’argent, on se reconstruit désormais autour d’un projet de jeu, le but est de s’éclater sur et en dehors du terrain. Notre objectif avoué, c’était de viser les quarts de finale, car on sait qu’à ce stade, on croise ensuite les équipes du sud et que ça devient compliqué.


Notre parcours jusque-là n’a pas été linéaire pour autant : on a connu des moments de doutes, des défaites, il a fallu s’adapter aux règles qui sont différentes. On a certes rapidement obtenu notre promotion en Fédérale 3, mais derrière, on a vite été remis sur terre en perdant la finale d’Île-de-France (contre Paris 15). Ce revers nous a fait du bien finalement, car on n’avait pas joué notre rugby et ça nous a permis de repartir de l’avant pour les phases finales.


Au tour précédent, en quart, on est passé tout juste face à une belle équipe de Nontron, très dense, qui nous a mis beaucoup d’intensité. La pièce est tombée de notre côté, mais je retiens surtout les belles valeurs de solidarité que mes joueurs ont montrées pour l’emporter, surtout après le rouge reçu à la 45ᵉ minute. Un carton dont tout le monde se demande encore pourquoi il a été sorti, car même après visionnage de la vidéo, on ne comprend toujours pas les raisons, mais c’est ainsi. Malheureusement, ça nous pénalise pour la suite, surtout à ce moment de la compétition où l’effectif est déjà heurté.
Pour préparer la demi, on sait très bien que l’on ne peut plus faire de semaine de préparation aussi chargée qu’en championnat, car les corps commencent à être usés, donc on se focalise surtout sur la récupération. Et contrairement aux clubs du sud, ici le rugby n’est pas une religion, on était en sous-nombre dans les gradins face à Nontron et on le sera encore dimanche face à Saint-Céré. Ce qui est marrant, c’est que des anciens joueurs de la Fédérale 2 nous suivent, mais il n’y a pas un engouement populaire de villages comme on peut le retrouver ailleurs. »


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