Portrait – Serge Gonzalez, l’homme qui écrivait des images

2

Ils transforment un moment intense en moment unique, et surtout inoubliable. Au point d’en effacer le souvenir de notre mémoire visuelle pour n’enregistrer que cet instantané qui saisit une action, une joie, une émotion. Oui, les photographes ont ce pouvoir, ils font partie d’un paysage qu’ils se plaisent à sublimer. Sans eux, point de reportage, d’article, de preuve. Nous tentons de leur rendre humblement l’hommage qu’ils méritent largement, grâce à des rubriques ou des articles qui permettent de partager leur talent, leur passion, par tous les temps. Nous avons sollicité l’un d’eux, un des plus représentatifs sûrement, un photographe au parcours aussi étonnant que ses photos : Serge Gonzalez. L’appareil photo est toujours sur lui, ou à côté, comme un prolongement de lui-même. Une autre main, un autre œil. Il se plaît à dire joliment qu’il écrit des images. Nous nous plaisons alors à les diffuser, et les lire donc. Ce Robin des Bois de la photo, prend la richesse d’un lieu, d’un match, ou d’une action, pour l’offrir ensuite au plus grand nombre. La grande famille de l’ovalie compte de nombreux passionnés comme Serge, photographes d’un club ou de plusieurs, de quelques semaines ou de plusieurs décennies. Toutes et tous ont leur place chez RugbyAmateur.fr. Qu’ils trouvent à travers cet article, un témoignage de notre grande reconnaissance, auquel, nous sommes certains, tous les lecteurs s’associeront…Et ce n’est pas un cliché ! 

serge gonzalez
Rarement devant l’objectif, Serge sait prendre la pose naturellement

Serge, comment a débuté l’aventure rugby pour vous ?
Jean Lasserre, ex Castelnaudary, coach des cadets du Stade Toulousain, m’a demandé un jour de venir faire des photos des jeunes. J’étais novice, je n’étais pas spécialisé dans le rugby pourtant. Ils ont fait un long parcours et il me demandait de revenir. Je suis même parti en car avec eux. Tout a commencé comme ça.

Et votre amour pour le Castres Olympique ?
Une connaissance m’a invité à venir voir un match entre le CO et le Stade. J’ai fait mes premières photos « pro » à ce moment-là. Pour être honnête, je ne connaissais pas bien l’existence du Castres Olympique. J’ai fait une photo très réussie, enfin, qui m’a beaucoup plus en tout cas (rires),et ça m’a donné envie de continuer. Je suis supporter du CO je l’avoue, mais j’aime toutes les équipes, le Stade Toulousain, et les équipes de niveau inférieur aussi.

Bien avant le rugby, à quand remonte votre passion pour la photo ?
Depuis tout jeune. J’ai eu le concours de photo-vidéo, à Aubagne en 1986, je voulais continuer absolument. mais mes parents n’avaient trop les moyens de me payer les études très chères, qui en découlaient. Donc j’ai été obligé de faire autre chose. J’étais pion à Carcassonne pendant 5 ans, puis maître auxiliaire. J’avais un bon contact avec les jeunes, et je suis devenu instit. A Castres, à Albi, et depuis 22 ans à Sorèze, avec des CM1 et CM2.

Ce qui ne vous a pas empêché de poursuivre la photo en parallèle ?
C’est vrai, j’ai continué à faire de la photo, en participant toujours à des concours ici où là. Avec des résultats encourageants, notamment dans des concours internationaux où je gagnais des prix. Une fois, j’ai gagné un scooter, en étant deuxième. Le premier gagnait un 4×4. Je n’avais pas le meilleur matériel mais j’avais un regard différent peut être.

Pour finalement devenir professionnel quand même ?
Depuis 2013 oui, en quelque sorte, cela s’est fait presque naturellement. J’ai toujours envie de faire de la photo, mais autant vous dire de suite que je reste amateur dans l’âme. En fait, c’est Nina ma fille de 15 ans aujourd’hui, qui m’a poussé à devenir pro.

 

« J’écris des images »…

 

serge gonzalez rugby-amateur
Serge Gonzalez toujours avec le sourire (©Aurélie Photo)

C’est quoi pour vous une bonne photo ?
Une bonne photo ? C’est tout d’abord un ressenti. Une bonne photo, c’est un tout, c’est une position, une situation, un instant précis. J’arrive à sentir si la photo va être bonne ou pas, mais je vérifie le soir si c’est le cas. Je ne fais jamais de rafale pour saisir LA photo, je ne mitraille pas. Si elle est réussie, je sais que j’ai appuyé au bon moment et je ne dois rien à la machine. Si je me rate, c’est moi le seul fautif. Ensuite, je passe beaucoup de temps à retoucher des photos pour qu’elles soient les plus propres possible. La photo, c’est l’école de l’humilité, on met en avant les autres. C’est apporter du bonheur à celui qui va la voir. Et le fait qu’on me remercie, c’est très fort. Je repars pour un tour.

Vous faîtes preuve d’une activité débordante chaque week-end autour des stades !
Oui, mais je vieillis quand même (rires), j’ai mal au dos, je suis fatigué, mais chaque week-end, j’y suis. Je suis à fond depuis 6 ans, et je ne prends pas le temps de m’arrêter. Ce que je fais là pour cette interview est une grande première pour moi. Il y a même un côté émouvant, avec certains souvenirs qui remontent.

C’est-à-dire ?
Depuis mes débuts, je me rends compte que j’ai fait de bien belles rencontres. Ces années de rugby, c’est beaucoup d’émotion, je vous assure que d’y penser, j’en ai même les larmes qui montent (il stoppe). J’ai souvent été en retrait dans ma vie. Avec la photo, les gens viennent à moi, me tapent sur l’épaule, et me disent bravo, merci pour ce souvenir qu’ils vont garder à vie. Je profite donc de ce moment pour remercier toutes les personnes qui me suivent sur Facebook, qui me soutiennent. Qu’ils sachent que cela me touche vraiment.

Comment décidez-vous d’aller sur tel ou tel terrain ?
A l’intuition souvent, et puis je consulte RugbyAmateur.fr aussi, pour savoir qui joue contre qui. Si c’est dans mon rayon d’action ou pas. Pros, amateurs, filles, garçons, adultes, enfants, XV, XIII, peu importe. Je peux même prendre du plaisir à photographier le public.

Vous avez des photos préférées ?
Il faudrait faire un top 1000 (rires) ! Non, il y a tant de photos qui jalonnent mon parcours qu’il est impossible d’en sortir une plus qu’une autre. Les photos que vous diffusez sur votre site sont souvent le reflet d’un moment intense, drôle, émouvant, et je suis ravi que le plus grand nombre puisse en profiter. Comme je le dis souvent, je me régale à écrire des images.

Photos…matons ©Serge Gonzalez

alamercery stade toulousain serge gonzalez serge gonzalezmazamet balma

10255602_10202570214874133_6138318273649301750_o 11150312_10204985901064778_5862370008156696943_n 11048734_10204993884384356_5364445756958447770_o 12291816_10206367153875235_5161910512704046185_o 12265755_10206322675683308_9012895964041948653_o 12186809_10206259514744324_7037144412447576774_o 12140119_10206193962585561_2931568086706200738_o 12138594_10206135170515796_5702336523790049954_o 11051214_10206023600366612_37635822046602210_o

Découvrir la page Facebook de Serge Gonzalez

Aucun article à afficher

2 Commentaires

  1. Excellent article. Vous avez eu raison de le mettre en « Photo  »
    C’est un Grand professionnel qui nous regale que ce soit avec des photos de rugby, de paysages.
    Pour ma part j’aime aller me promener dans ses albums.
    Merci Serge

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here