Marc Caumont : “J’ai perdu un œil, pas mon envie de jouer”

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12 janvier 2014, une date que Marc Caumont n’oubliera jamais. Le capitaine de Saint-Lary dispute alors un match, âpre, contre Navarrenx. Sur un groupé pénétrant, il s’écroule, touché au visage. Il part aux urgences, le scanner révèle alors que l’œil droit est perforé…

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Marc Caumont compte bien revêtir à nouveau le maillot rouge et bleu de son club de coeur, Saint-Lary (photo M. Teixeira)

“La vidéo du match ne dévoile rien de précis, mais celui qui a fait ça, lui, il sait ce qu’il a fait.” Ainsi parle Marc Caumont, d’un ton ferme. “Les médecins m’ont dit qu’il s’agissait incontestablement d’un doigt dans l’œil, mais ils ne l’écrivent pas. Alors j’ai porté plainte. Mais l’instruction a été classée sans suite car la vidéo ne dévoile rien de flagrant”, poursuit-il.

Après plusieurs opérations, son œil est définitivement perdu, et une prothèse est posée. Il s’habitue tant bien que mal, et reprend une vie “normale”. Au point de reprendre les entraînements avec son équipe. Les repères ne sont pas simples, mais le garçon a du cran et surtout une grosse volonté. Se pose alors la question de pouvoir jouer en match officiel. Et là, c’est un deuxième coup dur. La FFR lui refuse, évoquant un point de règlement strict : il est interdit de pratiquer du rugby à toute personne ayant perdu l’un de ses organes pairs. Le Comité Armagnac-Bigorre dont il dépend, ne peut rien faire de mieux.

 

“Une pétition pour faire bouger les choses”

 

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Florian Cazenave avec le masque de protection en Italie. l’ancien Usapiste attend que la FFR valide le protocole pour jouer avec en France. Comme de nombreux autres joueurs dans l’hexagone (photo F. Soli)

Il fait alors circuler une pétition pour qu’il puisse jouer avec un masque de protection adapté, importé d’Italie. Pays dont la fédération autorise les joueurs à jouer avec. Il prend contact avec Florian Cazenave, avec qui il échange. Le demi de mêlée pro de 26 ans, a en effet perdu accidentellement l’usage d’un oeil, et s’est exilé par pbligation en Italie en attendant lui aussi un feu vert de la FFR.

“J’ai récolté 35 signatures sur 200 clubs sollicités. J’ai lancé une page facebook sur laquelle j’ai reçu de nombreux messages de soutien. mais cela ne fait pas avancer les choses” avoue quelque peu dépité Marc. Plus motivé que jamais, le jeune Aurois de 28 ans trouve dans son retour au rugby un moyen d’être apaisé. “Tout le monde ne comprend pas forcément ma démarche, mais pour moi, c’est important. Je m’entraîne normalement aujourd’hui. J’ai perdu un œil, pas mon envie de jouer, je le répète tout le temps. Mon envie de jouer est intacte”. D’autant que la fameuse marque italienne lui a envoyé la deuxième évolution de la paire de lunette pour jouer. La fin du protocole IRB devait prendre effet fin mars, il a été reporté à novembre prochain. Le combat de Marc reste donc toujours d’actualité et se veut fédérateur : “Je veux juste faire bouger les choses, pour moi bien sûr, mais aussi pour ceux qui portent des lentilles ou des verres correcteurs. Il vaut mieux porter une paire de lunette en plexiglass, qui protège mieux, qu’une lentille qui peut être plus risqué”.

Une chose est certaine, Marc Caumont se battra jusqu’au bout. Il n’a jamais eu l’habitude de baisser les bras, qu’on se le dise. Il a fait appel à RugbyAmateur pour le faire savoir au plus grand nombre, afin que la pétition soit signée en masse. Nous espérons que son message sera entendu avec plus de réussite cette fois-ci.

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