Fédérale 3 – Finale – L’USEP domine Salanque : un champion à la sauce béarnaise…

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Ultime épisode de la palpitante saison de Fédérale 3, sur les installations de Castanet où se retrouvaient Salanque Côte Radieuse et l’USEP Ger Séron Bédeille. Le point commun entre les deux finalistes ? Les deux formations étaient, lors de leurs demi-finales respectives, toutes deux « passées fin » pour prétendre au titre national. Les Catalans s’étaient en effet imposés de deux petites unités face à la Coopération Palavas-Lunel (24-22) alors que les Béarnais avaient disposé d’autres Héraultais, ceux de Servian Boujan, par la plus petite des marges (14-13)… (Par Marco Matabiau/ Photos Alain Montségur).

Le ton de cette finale était donné d’entrée avec un solide plaquage du talonneur béarnais Barrère sur le troisième ligne Bled, lequel échappait le ballon au contact (1è). C’était ensuite au tour des Catalans de gratter un ballon au sol par l’intermédiaire du troisième ligne centre Aulet (2è). Le SCR récoltait une première pénalité pour un plaquage à deux sur l’ailier Reynes, puis une deuxième (après une faute de la mêlée de l’USEP) que se chargeait de convertir en points l’ouvreur Duret  (3 – 0, 7è). Lacaze, son vis-à-vis, tentait de ramener les siens à hauteur, mais sa tentative de drop fuyait les barres (10è). Au contraire, les Salanquais accroissaient leur avance, toujours grâce à la botte de Duret (6 – 0, 12è).

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Reynes ne peut échapper à la double lame Huc-Cazaux.

Dans les instants qui suivaient, l’USEP obtenait à son tour une pénalité. L’arrière Dumont n’en demandait pas tant pour réduire l’écart au score (6 – 3, 17è). Sur le renvoi, le ballon était écarté jusqu’à Cazaux, mais l’ailier, bien pris, se faisait gratter le cuir par Duret. L’ouvreur tentait la pénalité glanée mais connaissait, des 40 mètres, son premier échec de l’après-midi (19è). Pour faire face à l’efficace défense béarnaise, le SCR optait quelque peu pour l’occupation au pied, puis le trois-quart centre Marty s’essayait à son tour au drop goal. Sans succès (25è). Les Catalans lançaient ensuite le jeu mais échappaient le ballon, récupéré illico par la défense adverse, qui lançait le contre par Cazaux et Marquis. La passe de ce dernier à destination de Huc était mal assurée et ne permettait pas au trois-quart centre de conclure. L’action se poursuivait néanmoins et le deuxième ligne salanquais Espiritosantu se mettait à la faute et écopait d’un carton blanc. Dumont, en très bonne position, remettait tout le monde à égalité (6 – 6, 28è).

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Bel affrontement sur ballon porté entre les deux paquets d’avants.

Peu après la demi-heure, l’arrière catalan Nouzières relançait et poursuivait au pied mais était victime d’un croche-pied volontaire. Pénalité au point de chute. Duret ratait toutefois la cible (31è). Même constat quelques secondes plus tard quand le contre-ruck béarnais était sanctionné. A l’inverse, l’USEP faisait feu de tout bois: lancement côté droit, Chabat (détaché de la mêlée du fait de la supériorité numérique des siens) allongeait jusqu’à Arroyo, et la Salanque commettait une irrégularité. Dumont ne ratait pas l’opportunité de donner l’avance à sa formation (9 – 6, 37è). Peu avant les citrons, le pilier salanquais Dos Santos Ferreira subissait un plaquage haut. Duret pouvait égaliser, mais ne réglait toujours pas la mire: quatrième échec de suite (39è). Le score restait inchangé jusqu’à la pause.

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Duel de 9: Montgaillard assure la continuité de l’action avant l’intervention de Lacrouts.

Solide sur les fondamentaux, l’USEP finit fort

Fidèles à leurs principes de jeu, les Catalans relançaient le premier ballon du second acte, mais après un beau numéro de Nouzières, Dos Santos Ferreira ne pouvait contrôler le cuir et l’action avortait (42è). Sur une nouvelle action initiée par Marty, le talonneur Granal était pris sans ballon par le troisième ligne adverse Broueil Nogue. Tarif: carton blanc (45è). Cette infériorité numérique ne portait nullement atteinte aux velléités offensives béarnaises. Lacaze jouait par-dessus le rideau défensif, Marty cafouillait après rebond et Marquis récupérait pour s’enfoncer dans le camp catalan. Des Sang et Or sanctionnés pour un hors-jeu: il n’en fallait pas plus à Dumont pour faire fructifier l’avance des siens (12 – 6, 49è).

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La première ligne de l’USEP a su faire le travail de l’ombre pour contrecarrer les plans catalans.

Le jeu salanquais continuait d’être perturbé par la défense adverse, qui n’avait pas son pareil pour contrarier et ralentir les sorties de balle. Côté offensif, l’USEP s’organisait, pour la première fois de l’après-midi, en maul porté. Belle idée puisque la forte progression occasionnait une pénalité que l’inévitable Dumont convertissait en points (15 – 6, 54è). Les ententistes de l’Enclave et du Plateau en profitaient pour opérer quelques changements… Cinq d’un coup, faisant notamment entrer Sorbet, histoire de redonner un peu de fraîcheur à l’équipe. En face, ce sont Dos Santos Ferreira et Granal qui cédaient leur place à Brial et Roca. Ce dernier, comme à son habitude, apportait beaucoup de dynamisme. Le jeu s’animait, et Salanque obtenait une pénal touche. Après une « cocotte » d’école, le maul se désaxait, Roca sonnait la charge, puis Sengenes, d’un superbe pivot, servait Duret, venu se proposer à quelques encablures de la ligne. L’ouvreur marquait l’essai et le transformait (15 – 13, 59è).

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Aulet a multiplié les charges pour mettre les siens dans l’avancée.

Le SCR revenait à deux petits points, puis passait devant à un peu plus d’un quart d’heure du terme. Sengenes, toujours lui, pensait aplatir après un pilonnage en règle de la ligne de but adverse, mais M. Chérèque en décidait autrement. Il revenait néanmoins à la pénalité, que Duret transformait. Salanque reprenait ainsi les commandes (16 – 15, 64è). Les Catalans effectuaient deux nouveaux changements, en troisième ligne cette fois (les frères Bled cédaient leur place à Cardona et Sanchez), et semblaient mieux dans leur match, en particulier quand le contre mené par Reynes et Roca poussait Caillabet à effectuer un repli salvateur et dégager son camp en catastrophe. Et pourtant…

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Le Catalan Marty n’aura jamais vraiment pu desserrer l’étau défensif béarnais, symbolisé ici par l’impeccable plaquage du trois-quart centre Huc.

Les dix dernières minutes de la rencontre allaient être le pré carré des joueurs de l’USEP. Désormais gêné par un genou douloureux, Lacaze n’en réussissait pas moins un superbe drop goal pour permettre à sa formation de reprendre l’avantage (18 – 16, 71è). Quelques instants plus tard, Huc perçait et trouvait le soutien du demi de mêlée suppléant Sallier. Ballon éjecté, jeu entre Lacaze et Cazaux, avant qu’en bon capitaine, Labernadie n’arrive à pleine vitesse et n’étende son bras pour inscrire l’essai. Histoire de faire bonne mesure, Dumont transformait depuis le bord de touche (25 – 16, 74è). Le SCR se devait de réagir, ce qu’il faisait plutôt bien, mais les attaquants catalans finissaient par se heurter au coriace rideau défensif adverse et repartaient bredouille. Après un plaquage jugé haut sur l’ailier Journo, Duret rapprochait les siens à 6 points (25 – 19, 79è). La défense béarnaise allait toutefois mettre un point final à la rencontre. Jouant leur va-tout, les Catalans relançaient depuis leurs 22, Marty était pris par son vis-à-vis Marquis, ce qui permettait à Cazaux de gratter une importantissime munition au sol. Pénalité, que Dumont se faisait un plaisir de transformer (28 – 19, 80è + 2). Une ultime relance, un ultime ballon confisqué et l’USEP pouvait exulter: ils étaient champions de France de Fédérale 3.

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Le demi de mêlée Sallier à la manœuvre derrière le ruck béarnais.

Après les fortes chaleurs des semaines précédentes, cette finale s’est jouée dans une fraîcheur presque printanière. Donnés favoris par beaucoup, les Catalans ont pris le match par le bon bout, prenant rapidement l’avantage. La suite a été plus compliquée: maladroits, imprécis, ne parvenant pas à déstabiliser la défense adverse, ils ont eu du mal à mettre en place le jeu qui fait habituellement leur force. Ils ont de plus laissé filer de nombreux points au pied (12 entre la 19è et la 39è). Ce manque d’efficacité n’aura pas permis aux joueurs de Lionel Montgaillard et Guy Dunyach de mener le jeu à leur guise. Les charges d’Aulet, les relances de Nouzières et les 19 points de Duret n’auront pas suffi. Après un superbe parcours (notamment parsemé de superbes retournements de situation en phases finales), le SCR échoue tout près de la consécration nationale.

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Même s’il a inscrit tous les points de son équipe, Duret n’a pas eu son rendement habituel.

Impossible n’est pas béarnais. Après avoir fait tomber Saint-Malo et Servian Boujan, l’USEP met à terre l’une des autres grosses cylindrées de la compétition et s’adjuge par là-même le titre national. Après un début hésitant, les hommes de Laurent Abadie et Jean-Luc Dumont  ont mis les choses dans l’ordre et s’en sont remis à leurs forces, à savoir une bonne occupation au pied, une défense infranchissable et une abnégation de tous les instants. Sans oublier le soutien inconditionnel des supporters (11 bus avaient notamment fait le déplacement depuis le Béarn). Dans ce schéma, les plus en vue ont été le capitaine Labernadie, véritable leader de combat et bon pourvoyeur dans l’alignement, son compère de la troisième ligne Chabat ainsi que l’ouvreur Lacaze, pourtant diminué un temps par un genou douloureux. Enfin, comment ne pas rendre hommage à l’arrière Dumont, auteur d’une performance magistrale (20 points, à 7 sur 7 dans ses tentatives, dont une des 50 mètres). Nul doute que le club des co-présidents Canton et Lansaman saura fêter ce sacre comme il se doit.

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Même diminué physiquement, Lacaze (casque gris) n’a pas papillonné et a parfaitement orchestré le jeu de sa formation.

Réactions

Laurent Abadie (Entraîneur, USEP): « A l’échauffement, j’avais dit aux joueurs qu’on allait gagner d’un point. Finalement, c’est un peu plus. On a fait de l’USEP. On s’est accrochés défensivement. Même quand on a été menés, on s’est pas regardé les pinceaux. On a su revenir petit à petit. On n’a pas surjoué. On a porté un peu le ballon. Le buteur a tout enquillé. A la sortie, à la sortie, ça fait la différence (…) On est plus à l’aise quand il faut aller chercher le score que quand il s’agit de gérer. On finit 46è au niveau national. On sort de grosses écuries tout au long des phases finales. On monte en Fédérale 2, avec zéro départ. Des juniors qui vont monter. Un très beau club ».

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Un titre de champion apprécié à sa juste valeur par l’ensemble des acteurs du club.

Sébastien Bled (Troisième ligne, Salanque): « On a manqué de discipline, on laisse trop de points au pied. Sur une finale, ça ne pardonne pas (…) On savait qu’ils étaient bien en place sur les montées défensives. Ils ont bien plaqué aux jambes, bien contre-rucké. On n’a pas réussi à avancer ni à jouer notre jeu ».

Arnaud Labernadie (Troisième ligne et capitaine, USEP): « Énorme. Jamais on n’aurait pensé arriver en finale. Là encore, on n’était pas favoris. Une histoire d’hommes.On était certainement, comme beaucoup le disaient, moins bons rugbystiquement. On a réussi à se surpasser (…) On a su, avec notre défense, les agresser. On a été performants dans ce domaine. C’est encore une fois la clé de notre succès, notre défense. A l’image de notre saison ».

Clément Nouzières (Arrière, Salanque): « Énormément de tristesse. Déçu de ne pas être champions à ce niveau-là, de ne pas avoir accompli ce qu’on s’était dit depuis le mois de septembre. Quand on prend un peu de recul, on se rend compte qu’on a fait un très beau parcours. On a fait vibrer notre public, nos familles, nos proches. Sur la finale, ils ont été plus pragmatiques que nous. Dès qu’il sont venus dans notre camp, ils repartaient avec des points. On n’a pas su le faire (…) On avait vu à la vidéo qu’ils étaient en place défensivement. Une très belle équipe. Ils nous ont contrés. On n’a pas pu utiliser les espaces ni produire un autre rugby que ce que l’on faisait d’habitude. Peut-être qu’on a péché là-dessus ».

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Nouzières (ballon sous le bras) tente d’échapper à la vigilance du deuxième ligne Latapie.

Marc Canton (Président, USEP): « Un peu dur de réaliser. La victoire est là, mais ce fut loin d’être simple. C’est la plus belle équipe qu’on ait rencontré dans ces phases finales. Ils sont complets, ils relancent tout. Le moindre plaquage manqué, ça ne pardonne pas. On est allés la chercher. On est heureux pour tout le club, quand on voit aussi tout ce monde qu’on a déplacé. Je pense que le retour à Séron et à Ger va être grandiose ».

Feuille de match

A Castanet Tolosan (Complexe Sportif de Lautard): USEP Ger Séron Bédeille bat Salanque Côte Radieuse 28 à 19 (mi-temps: 9 à 6).

Arbitrage: M. Thomas Chérèque (Ligue Auvergne Rhône Alpes) assisté de MM. Julien Caulier et Hugues Samora (Ligue Occitanie).

Cartons blancs: à Salanque, Espiritosantu (27è); à l’USEP, Broueil Nogue (45è).

Pour l’USEP: 1 essai Labernadie (74è), 6 pénalités (17è, 28è, 37è, 49è, 54è, 80è + 2) et 1 transformation Dumont, un drop (71è) Lacaze.

Pour Salanque: 1 essai (59è), 4  pénalités (7è, 12è, 64è, 79è) et 1 transformation Duret.

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La fête ne fait certainement que commencer dans le Béarn.

Composition USEP: Dumont; Arroyo, Marquis, Huc, Cazaux; Lacaze (o), Lacrouts (m); Chabat, Broueil Nogue, Labernadie (cap); Carpy, Latapie; Laban, Barrère, Gailhanou.

Sur le banc: Almendro, Fontaine, Skaly, Sorbet, Sallier, Caillabet, Goua de Baix.

Entraîneurs: Laurent Abadie et Jean-Luc Dumont.

Composition Salanque: Nouzières; Reynes, Marty, Dufresne, Journo; Duret (o), Montgaillard (m, cap); Aulet, Bled V., Bled S.; Espiritosantu, Sengenes; Dos Santos Ferreira, Granal, Aroun.

Sur le banc: Brial, Roca, Peytavi, Cardona, Sanchez, Bey, Garcia.

Entraîneurs: Guy Dunyach et Lionel Montgaillard.

 

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