Fédérale 1 : un dernier rebondissement pour la route ?

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Après Biarritz la semaine dernière, Narbonne quelques jours plus tard, Bourgoin qui était dans l’attente, a reçu hier soir une notification officielle de la FFR, confirmant aussi son maintien en Pro D2. Le trou d’1 million d’euros a donc été comblé pour le club isérois. Le bonheur des uns faisant toujours le malheur des autres, c’est bien Provence Rugby qui restera en fédérale 1, et participera au championnat “Elite”, en compagnie de Tarbes, l’autre relégué…administratif. La fin d’un long feuilleton. En attendant le prochain ?

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le gendarme financier a encore eu du travail lors de cette inter-saison mouvementée. Une de plus…

Après l’épisode interminable de l’an dernier et la montée avortée de Lille en Pro D2, le maintien in-extrémis de Dax, la communication des poules en plein milieu de l’été, pour un très regrettable dépôt de bilan du club nordiste (oublié très vite), on ne peut que s’inquiéter des situations financières précaires de certains clubs dont l’équilibre financier ne repose parfois que sur un mécène, ou plusieurs sponsors généreux.

Attendre le mois de juin pour constater que le bilan comptable présente un lourd passif n’est pas une solution, même si les “gros” clubs parviennent à lever des fonds dans l’urgence. Le Top 14 et la Pro D2 présentent une perte d’exploitation cumulée de 20 millions d’euros. Un trou anticipé et comblé tant bien que mal. Les clubs de Fédérale 1 sont aussi dans le viseur de la DNACG. Le gendarme financier qui sanctionne les mauvais comportements a communiqué son rapport le 9 juin dernier. Pour celles et ceux qui veulent de la lecture pendant les vacances, en voici le lien : rapport 2016 DNACG.

Vivre avec ses moyens, pas au-dessus

L’URSSAF aussi pose un regard attentif sur le rugby et son fonctionnement, notamment pour les niveaux inférieurs (jusqu’en Honneur au moins) avec de plus en plus d’attention, et ouvre des dossiers “disciplinaires” en nombre. Rodez en sait quelque chose, demandez à son président qui a bataillé pendant un an, pour une issue heureusement favorable, grâce notamment à la générosité des entreprises et des particuliers locaux. Libourne n’a pas connu pareille réussite, et Lombez-Samatan en a profité pour rester dans l’élite amateur.

Point d’hypocrisie ici, l’argent circule dans le rugby amateur, tout le monde le sait. Mais le rugby pro ne montre pas forcément l’exemple depuis dix ans. Des bastions du rugby français ont disparu faute de moyens, et d’autres sont apparus, avec un compte en banque approprié à l’époque. Le problème est que la course à l’armement s’applique autant en Top 14 qu’en séries territoriales, où les clubs de villages tentent de rester compétitifs. Ou de survivre tout simplement. Les ententes et autres rassemblements peuvent répondre à certaines problématiques, mais pas à toutes, et dans le temps, la gestion d’un club s’apparente à celle d’une entreprise. Il faut vivre avec ses moyens, pas au-dessus. La sonnette d’alarme s’est faite entendre à plusieurs reprises ces dernière années, mais chaque été, on attend (presque) sans surprise, un nouvel épisode. Avec cette dérangeante impression que les dirigeants des institutions et des clubs portent des œillères, avec des bouchons dans les oreilles. Un casque serait plus approprié pour remettre le rugby et son fonctionnement dans le sens de la marche…

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