Espoirs Elite – Stade Toulousain – Racing 92, démonstration de jeu et record de points

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Ce dimanche, il y avait le match au sommet de la poule 2 du championnat Espoirs Élite. Initialement prévue le week-end de Pâques, cette rencontre mettait en effet aux prises les deux leaders de la poule. A domicile, le Stade Toulousain (1er, 61 points), au sortir d’une victoire in extremis face à l’UBB (31-30), souhaitait poursuivre sur son impressionnante série: 14 matchs, 13 victoires (dont 8 assorties de bonus offensif) pour une seule défaite. Une défaite (21-17) justement concédée aux mains de son adversaire du jour, à savoir le Racing 92. Solidement ancrés à la deuxième place (45 points), les Franciliens venaient de battre une autre équipe haut-garonnaise (l’US Colomiers, 30-17) et s’apprêtaient à un rude combat, se doutant que les Toulousains avaient toujours le revers du match aller en travers de la gorge… (Par Marco Matabiau/ Photos Alain Montségur).

20 secondes. C’est le temps qu’il aura fallu au Stade Toulousain pour faire comprendre à son adversaire du jour que le match aller ne serait vite qu’un lointain souvenir. Face au fort vent, les Stadistes donnaient le coup d’envoi. Lacointa faisait immédiatement payer la note au réceptionneur. Ballon récupéré, écarté et exploité par le trois quart centre Riguet qui, d’un maitre coup de pied, alertait son ailier Epée. L’admirable Nelson reprenait de volée et pointait dans le coin gauche (5-0, 1ère). Quelques minutes plus tard, les avants se mettaient à leur tour en ordre de marche: suite à une mêlée à cinq mètres et un départ de Ntamack (oui, oui), Ibanez (oui, oui, toujours) relayait avant que le talonneur Cramont ne marque le deuxième essai des siens. Riguet transformait (12-0, 7ème).

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Avec ses compères de première ligne Reilhes et Cramont, Mallez a d’entrée donné le ton de cet affrontement entre les deux premiers de la poule 2.

Les Franciliens sortaient un peu de leur apathie et obtenaient une pénalité aux 40, mais l’ouvreur Spring ratait la cible (11è). Avec l’appui du vent, les Ciel et Blanc renvoyaient les locaux loin dans leur camp, mais en contrepartie offraient également de nombreux ballons de relance. Sur l’un d’eux, Ntamack trouvait Riguet à hauteur avant que la charnière Retière –  Idjellidaine ne combine dans les petits espaces pour envoyer le troisième ligne Hebert entre les perches : 19-0 avec les deux points supplémentaires de Riguet (15è). Pour ne rien arranger aux affaires des visiteurs, le troisième ligne Tresse écopait d’un carton pour avoir effondré un maul prometteur (18è). Dans la foulée, les avants toulousains remettaient le couvert et, après un pilonnage en règle, c’est le deuxième ligne Hamonou qui passait la ligne pour un quatrième essai en vingt minutes seulement (26-0) !

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Héritant régulièrement du ballon dans les meilleures conditions, Idjellidaine a accéléré le jeu toulousain dès les premiers instants de la rencontre.

Et le calvaire francilien se poursuivait quand, sur une nouvelle relance, Auriac (habituellement trois quart centre mais replacé pour l’occasion à l’arrière) transperçait le rideau défensif et allongeait sur Epée. Le ballon était contré par un défenseur, mais l’ailier toulousain récupérait le cuir après rebond pour inscrire un doublé. Riguet transformait à nouveau (33-0, 25è). Peu avant la demi-heure, c’était au tour de Cramont de réaliser un doublé après un bon travail du paquet d’avants sur une cocotte d’école (40-0, 29è). Touché mais pas coulé, le Racing 92 se procurait une pénal touche à proximité de l’en-but rouge et noir, puis jouait une pénalité à la main, mais les charges successives du pilier Moukoro, du deuxième ligne Lindor et du troisième ligne Coulibaly n’y faisaient rien : la forteresse toulousaine restait imprenable.

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Le Racingman Champs (12) s’interpose face à Ntamack et tente d’endiguer la vague toulousaine. En vain.

Les locaux se retrouvaient tout de même à 14 quand Hebert recevait un carton jaune pour un plaquage irrégulier sur l’arrière Guillaume (35è). Le troisième ligne, touché à l’épaule sur l’action, quittait d’ailleurs définitivement ses partenaires. Puis c’était au tour de Ntamack, lui aussi touché, de quitter la pelouse. Il était suppléé par Ausset (37è). Même si la fin de ce premier acte était plus équilibrée, c’était bel et bien le Stade Toulousain qui plaçait la dernière banderille : contre en touche, progression de Lacointa sur l’aile droite, retour plein axe où le nouvel entrant Ausset perçait avant que Retière et Idjellidaine ne réussissent un nouveau numéro de duettistes pour envoyer Epée signer un triplé (45-0, 40è + 4). La pause ne pouvait pas arriver à meilleur moment pour les Franciliens.

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L’ancien Vannetais Cougoulic a rarement pu mener le jeu à sa guise du fait d’une pression toulousaine constante.

Un deuxième acte plus équilibré

Les Stadistes effectuaient de nombreux changements en début de deuxième période:  Reilhes, Mallez et Idjellidaine cédaient leur place à Duprat, Merkler et Courties. Avec effet immédiat. Comme en première période, le Stade Toulousain frappait d’entrée : réception du coup d’envoi, puis le trois quart centre Doyenhard trouvait une brèche sur l’aile gauche et s’engouffrait avant de servir Epée. Ce dernier, repris à quelques encablures de la ligne, levait le ballon pour Ibanez qui n’avait plus qu’à parcourir les derniers mètres le séparant de l’en-but. Riguet rajoutait deux points (52-0, 41è). Le Racing effectuait également du turnover: Sanchez et Moukoro étaient remplacés par Arruabarrena et Da Cunha. Le paquet visiteur se portait mieux et avançait sur plusieurs mauls portés, si bien que les Toulousains se mettaient à la faute, à l’image de Merkler, sanctionné d’un carton (47è). Désormais en supériorité numérique, les visiteurs appuyaient là où ça fait mal et marquaient (enfin) sur un nouveau maul porté. Spring transformait (52-7, 50ème).

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Bruges (ballon en mains) a été l’un des seuls Franciliens à surnager ce dimanche.

La bonne dynamique se maintenait : le Racing 92 dominait, Toulouse défendait et répétait les fautes. Vignolles écopait d’ailleurs d’un carton blanc (54ème), laissant ses coéquipiers à 13. Les franciliens doublaient la mise quand, bien mis dans l’intervalle par Lindor sur la ligne des 22, Tresse s’arrachait et passait la ligne. Spring rajoutait deux points (52-14, 58è). Si euphorie il aurait pu y avoir, elle était de courte durée puisque dans la foulée, Auriac profitait d’un nouvel excellent travail de ses coéquipiers, aux premiers desquels Epée et Ausset, pour faire gonfler la note (59-14, 60è).

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Duel de numéros 13: le Toulousain Doyenhard cadre son homologue Savelli.

Les vingt dernières minutes voyaient les deux formations se lancer dans un jeu des plus débridés, trouver de nombreux espaces et marquer la bagatelle de six essais, trois de chaque côté. Pour le Racing, outre ceux de Bordelai et Arruabarrena, on retiendra le dernier, inscrit par Baudonne, bien servi à l’intérieur par son ailier Deflandre, auteur d’un superbe débordement sur son aile gauche (77è). Chez les Toulousains, après Gruttadoria et Riguet, c’es l’inévitable Epée qui mettait un terme au déferlement toulousain grâce à une longue course sur son aile gauche, signant par-là même un quadruplé personnel (75è). Au final, le Stade Toulousain remportait largement ce duel face à son dauphin sur le score de 80 à 35 !

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Fin de rencontre: les adversaires se saluent.

Dans ce duel entre deux des futurs demi-finalistes de la compétition, l’issue de la rencontre n’aura jamais incertaine, tant la domination toulousaine aura été inéluctable. Asphyxiés d’entrée, les joueurs de Florent Guichard et Anthony Cabaj auront pourtant tenté de réagir en fin de premier acte sans toutefois trouver la faille. Au cours des quarante dernières minutes, face au violent vent qui soufflait ce dimanche sur la Haute-Garonne, les bleu ciel et blanc n’auront jamais baissé les bras et trouveront quelques motifs de satisfaction dans une dernière demi-heure au cours de laquelle ils auront fait jeu égal avec leurs adversaires du jour, même si la messe était dite depuis longtemps. Sur la plan individuel, les troisièmes lignes Coulibaly et Bruges se seront beaucoup démenés et Arruabarrena, entré peu après la pause, aura apporté un peu d’allant et de la densité physique au paquet d’avants. Derrière, Spring a essayé de gérer au mieux le jeu des siens tout en trouvant quelques espaces en fin de rencontre. Reste maintenant aux Franciliens à bien préparer la demi-finale (qui devrait les opposer à l’USA Perpignan), notamment en se remettant la tête à l’endroit pour lors du prochain déplacement au Stade Montois.

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L’ouvreur Spring a souvent été à la source des belles initiatives franciliennes.

Pour sa part, le Stade Toulousain a tout simplement déroulé dès le coup de sifflet inaugural de M. Samora. Appliqués, précis et conquérants, il n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires du jour, inscrivant douze essais et enregistrant pour l’occasion leur quatorzième succès en quinze rencontres. Dans le sillage d’un paquet d’avants dominateur (la première ligne Reilhes – Cramont – Mallez a donné le ton sur les premières mêlées fermées), les trois-quarts ont joué une partition sans fausse note, avec un Riguet (25 points) dans le rôle de régulateur de la ligne d’attaque et des finisseurs tels qu’Auriac et le phénoménal Epée, doté d’une capacité d’accélération assez rare pour qu’on la souligne. Après ce beau succès face et avant la demi-finale (en théorie face à l’ASM Clermont-Auvergne), les hommes de  Virgile Lacombe, Laurent Thuéry et Alan-Basson Zondagh devront bien négocier le dernier match de la saison régulière, et pas des moindres, puisqu’ils se rendront au Stade Bendichou pour y affronter l’US Colomiers. Un derby toujours particulier pour ces deux formations.

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Le supersonique Epée (casque rouge comme un certain Cheslin Kolbe) a réalisé une performance de très haut niveau…

Réactions

Virgile Lacombe (Entraîneur, Stade Toulousain): « Victoire très positive. Lors du match aller, on avait connu notre seule défaite de la saison. On a bien préparé cette rencontre. Il ne faut pas oublier que dans trois semaines, on joue une demi-finale (..) Cela fait plusieurs semaines qu’on demande aux joueurs d’imposer un gros rythme de jeu. Cela tombait encore plus sous le sens face au vent violent. Cela nous a réussi d’entrée. On marque rapidement. Ensuite, on a été un peu moins disciplinés. néanmoins, respect aux joueurs qui ont fait les efforts pour se déplacer et créer le jeu de mouvement que l’on recherche ».

Florent Guichard (Entraîneur, Racing 92): « Une rencontre difficile. On est pris. On avait l’intention d’étoffer un peu notre groupe, de donner un peu de temps de jeu aux garçons qui n’en avaient pas trop eu jusqu’à présent. Quand on vient ici dans cette configuration-là, face à Toulouse qui a très peu fait tourner, évidemment ce n’est pas simple. J’ai bien aimé la capacité du groupe à ne rien lâcher. On fait match nul sur la seconde période. Une source de satisfaction d’être restés solidaires (…) Un match difficile à préparer. On avait laissé beaucoup d’influx la semaine dernière pour assurer la qualification pour les demies. On sait que le match d’après est toujours difficile. De plus, on a fait respirer quelques cadres de l’équipe« .

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Le groupe toulousain a récité son rugby face à son dauphin.

Feuille de match

A Toulouse (Stade Ernest-Wallon):
Stade Toulousain bat Racing 92 par 80 à 35 (mi-temps: 45 à 0).

Arbitrage: M. Hugues Samora assisté de MM. Abdjallil El Khaoulani et Martin Condoret (Ligue Occitanie).

Cartons blancs: à Toulouse, Vignolles (54è).

Cartons jaunes: à Toulouse, Hebert (35è), Merkler (47è); au Racing 92, Tresse (18è).

Pour le Stade Toulousain: 12 essais Epée (1è, 25è, 40è +4, 75è), Cramont (7è, 29è), Hebert (15è), Hamonou (20è), Ibanez (41è), Auriac (60è), Gruttadoria (66è), Riguet (73è), 10 transformations Riguet.

Pour le Racing 92: 5 essais collectif (50è), Tresse (58è), Bordelai (65è), Arruabarrena (72è), Baudonne (78è), 4 transformations Spring, 1 transformation Tabuavou.

Composition Stade Toulousain: Auriac; Epée, Doyenhard, Riguet, Lacointa; Retière (o), Idjellidaine (m); Ntamack, Ibanez, Hebert; Vergé, Hamonou; Mallez, Cramont, Reilhes.

Sur le banc: Boubila, Duprat, Vignolles, Ausset, Courties, Descamps, Gruttadoria, Merkler.

Entraîneurs: Virgile Lacombe, Laurent Thuéry et Alan-Basson Zondagh.

Composition Racing 92: Guillaume; Benmegal, Savelli, Champs, Crespo; Spring (o), Cougoulic (m); Bruges, Tresse, Coulibaly; Lindor, Mougenot; Berdouzi, Sanchez, Moukoro.

Sur le banc: Arruabarrena, Bordelai, Baudonne, Boudrant, Pengalou, Tabuavou, Deflandre, Da Cunha.

Entraîneurs: Florent Guichard et Anthony Cabaj.

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