Aviron Castrais : les entraîneurs démissionnent

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Une saison passée sans aucune victoire et une redescente immédiate en Promotion Honneur. Une première partie de saison tout aussi chaotique, avec un match nul à domicile et quatre défaites en cinq rencontres. C’en était trop pour la troisième année du duo Lassissi-Rivel. Les deux techniciens de l’Aviron Castrais ont déposé les armes en annonçant leurs démissions à leur président Michel Tignères, dans la foulée d’un nouvel échec, cinglant, à La Nicolaïte, 32-5. (par Simon Templar)

Rivel - Lassissi
Pierre-François Rivel et Ismaelia Lassissi étaient encore tout sourire en début de saison. Mais la défaite à La Nicolaïte a été celle de trop…

Pierre-François Rivel revient d’abord sur la dernière prestation des siens à La Nicolaïte et ses derniers moments d’entraîneur de l’Aviron Castrais : «Nous sommes tombés sur une formation plus agressive et motivée que nous. Ils étaient vaillants et nous ont posé beaucoup de problèmes dans le jeu. On leur donne 14 points en encaissant deux contres d’école. On ne prend pas les points au pied lorsqu’il faut scorer et on se retrouve rapidement éteint dans cette partie. Avec la volonté de trop jouer, on se fait sanctionner par deux essais en contre qui nous font mal. Le dernier essai de La Nicolaïte est anecdotique même s’ils sont allés chercher ce bonus offensif avec les tripes, nous avons été trop naïfs et imprécis pour exister. Ces soucis-là étaient récurrents et résumaient bien notre début d’exercice. »

En effet, Pierre-François Rivel parle au passé, car cette dernière copie de mauvaise facture a eu raison du courage et de l’abnégation du technicien passé par Sor-Agout. En concertation avec son adjoint et ami, Ismaëlia Lassissi, le duo d’entraîneurs de l’Aviron Castrais champion Midi-Pyrénées de Promotion Honneur en mars 2013 a décidé de jeter l’éponge. Un ras-le-bol que Pierre-François nous explique : «Il y avait trop de choses qui n’allaient pas au club. Nous avons donc transmis notre souhait de prendre du recul en quittant nos fonctions. Avec Ismaëlia, nous arrivons à un stade où les joueurs ne nous écoutent plus. Nous sommes à court de solutions. Malgré l’affect que nous avons pour ce groupe, rugbystiquement ils ne répondent pas présents. Quand tu prends une licence de rugby, tu dois t’investir, venir aux entraînements et tenter des choses. Les rencontres ne se gagnent pas en se motivant le dimanche à 13 H mais grâce à un investissement sans faille la semaine et qui génère des résultats le week-end».

“C’était le moment pour arrêter”

L’ancien entraîneur de Sor-Agout était associé à l’ancien troisième ligne du CO et international ivoirien depuis trois saisons. Venus avec un projet de jeu ambitieux, ce duo sera sûrement regretté du côté de la Borde-Basse. «Nous voulions mettre un système de jeu en place qui ne pardonne pas les incertitudes. Après le titre, on voulait construire un véritable projet de jeu sur 3 ans, et soit nous étions trop ambitieux pour le club, soit on se trompe de niveau et d’effectif» ajoute Pierre-François, «Avant d’être jugés, nous avons préféré dire stop ! Nous ne nous reconnaissons pas dans cette équipe qui ne fait pas ce qu’on lui demande. On préfère se retirer car cela ne convient plus. Après la saison galère de l’an dernier, on a tenté de repartir et essayer au moins un trimestre, mais malheureusement on retombe dans nos travers. C’était le moment pour arrêter. Peut-être nous n’étions pas faits pour entraîner à ce niveau-là.» Décision jamais facile à prendre en cours de saison, le désormais ancien technicien bleu et blanc sait qu’il met son club de cœur, dans l’embarras : «Nous ne ressentions plus de plaisir à entraîner cette équipe, nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme après le revers face à Saint-Jory-Bruguières. Je ne sais pas si le club a préparé l’avenir. Je ne le  pense pas, car c’est une formation qui subit énormément et qui attend que les choses arrivent. Certes, on les met un peu au pied du mur. Nous avons avant tout réfléchi individuellement avec Ismaëlia, et cette décision était la meilleure pour nous et notre entourage. Nous irons chercher le bonheur ailleurs désormais et je souhaite de la réussite à ce club familial”.

Michel Tignères : “Je ne leur en veux pas”

aviron castrais adeline faral
L’Aviron Castrais va devoir rester plus que jamais soudé (photo A. Faral)

Ce double départ place le club tarnais dans une situation encore plus délicate. Le président Michel Tignères, a bien voulu nous faire part de son sentiment et de sa volonté de rebondir au plus vite :
«En effet, Pierre-François et Ismaëlia m’ont annoncé leur départ quand nous rentrions de notre déplacement à La Nicolaïte. Après une montée en Honneur et un titre dès leur première année, ils ont ensuite perdu quelques éléments importants et le groupe s’est affaibli. Nous ne payons pas les joueurs et le recrutement a été un échec. C’est difficile de faire venir de joueurs quand tu n’alignes pas un sou. Notre seul recrutement c’est la formation. Au final, nous sommes descendus avec zéro victoire. Et cette saison, nous n’avons toujours pas connu le moindre succès. Les entraîneurs m’ont clairement expliqué que leur discours et leur philosophie de jeu ne passaient plus, et qu’ils n’arrivaient pas réellement à mettre leur système en place. En tant que dirigeant, j’ai beaucoup de mal à accepter cette annonce, car c’est assez rare en rugby de voir tes coachs démissionner en cours de saison. Pour arriver à rebondir vite, ce sera très difficile. Nous sommes en train de voir comment faire au niveau du club pour trouver des solutions. Il reste des entraîneurs en place, ceux de l’équipe réserve, et je compte sur eux pour assurer l’intérim. Avec les quelques joueurs d’expérience que nous avons, et les anciens joueurs de qualité qui sont restés près du club, des solutions sont possibles pour pallier ces démissions. Je n’en veux pas à Pierre-François et Ismaëlia, car je comprends leurs regrets dus à ces échecs sportifs. C’est dommage de perdre ce duo car c’étaient des coachs de qualité avec Pierre-François axé sur la technique et Ismaëlia qui amenait son expérience d’avant et son envie de jouer. Il ne faut surtout pas oublier qu’ils ont réussi quelque chose de grand en soulevant le bouclier de Midi-Pyrénées de Promotion Honneur. Ils resteront gravés dans l’histoire de l’Aviron Castrais. Tout le club est en ordre de bataille pour avancer et trouver des solutions. C’est compliqué en pleine semaine et avec un jour férié, de réunir tous les dirigeants mais cela devrait vite se décanter car nous avons des pistes. Demain (ndlr : mercredi) nous aurons pris notre décision pour le prochain match et le déplacement à Capdenac. Des concurrents directs qu’il faudra battre, même si les conditions actuelles ne sont pas simples, rien n’est impossible. Je compte sur l’implication et la rage des joueurs. »

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