1ère série – Mais que s’est-il passé à Bonnac contre Seilh-Fenouillet ?

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Seilh-Fenouillet et Bonnac avaient déjà fait parler d’eux lors de la saison 2013-2014, à la suite d’une rencontre émaillée de plusieurs incidents. Nous en avions fait écho à l’époque. S’en était suivi de vives réactions. Avant hier, les deux équipes se retrouvaient, en Ariège…

Si le match s’est parfaitement bien déroulé, la sortie du terrain a été plus chaotique. En effet, un premier accrochage en a engendré un deuxième, bien plus virulent, mêlant les joueurs au public. Romain Amoros, ailier de Seilh en est sorti avec sept points de suture à la bouche et un nez cassé. Les pompiers l’ont soigné avant de l’emmener aux urgences. Les gendarmes aussi sont venus sur les lieux, pour recueillir les dépositions dans un premier temps, avec des versions quelque peu différentes. Dans un deuxième temps, les gendarmes ont tout de même escorter le bus des visiteurs pour assurer leur départ. Si l’arbitre a bel et bien rédigé un rapport, il semble que ce dernier ne sera peu pas très détaillé, car M. l’arbitre serait resté très loin de l’action. L’accrochage initial qui aurait envenimé les débats impliquerait une personne handicapée physique, et un dirigeant de Seilh, selon Bonnac. Les explications côté haut-garonnais ne corroborent pas cette version. En attendant que la Commission de discipline se saisisse de ce nouveau dossier, dont on se passerait bien, nous avons appelé les entraîneurs de Seilh-Fenouillet, ainsi que le capitaine-président de Bonnac, pour essayer d’y voir plus clair. Car il était impossible de passer sous silence ce genre d’incident, qui ne grandit pas le rugby. Chacun se fera sa propre opinion d’un match qui devrait connaître une suite, sur le terrain judiciaire cette fois…

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Les gendarmes sont restés jusqu’au départ du bus de Seilh-Fenouillet

Réactions

Eric Santamans (co-entraîneur Seilh-Fenouillet) : le match se passe bien, pas agressif, pas houleux, avec un arbitre qui a su temporiser. A la fin, je ne vois pas bien, ça s’accroche rapidement. Je prenais la direction du vestiaire. Et tout d’un coup, des spectateurs sont rentrés sur le terrain, et là c’est parti. Les entraîneurs de Bonnac n’y sont pas pour grand chose, c’est un fait. Mais ce que j’ai vu est inacceptable, et n’avait rien à voir avec du rugby. Dans ce cas-là, autant rester à la maison, en famille. La personne handicapée ? Il était en béquille, c’est un fait aussi, est-ce dû à un handicap, je n’en sais rien, peut être qu’il s’agissait juste d’une grosse entorse ? Seilh n’a pas une équipe de bagarreurs, on a même tendance à être plutôt trop gentils.

Floris Berdeil (capitaine et président de Bonnac) : Le match a été propre, on est menés 15-10 à la pause, ce qui pour nous, était déjà une performance compte tenu de notre effectif et de notre début de saison. On perd 27-10 au final, mais en ayant le sentiment d’avoir fait un match correct avec des nouveaux joueurs qui nous ont beaucoup apporté. Concernant la bagarre, je raccompagnais l’arbitre donc j’étais loin et je n’ai rien vu. Le capitaine de Seilh, lui, qui était à côté de moi, est parti de suite rejoindre son équipe. Je suis resté avec l’arbitre, qui n’était pas serein. Selon les informations que j’ai, un dirigeant, un soigneur je crois, de Seilh s’est accroché avec une personne de chez nous, qui est handicapée. Il y a eu des échanges verbaux, et ce dirigeant l’aurait frappé. Derrière, ça dégénère, et ça fait ch…. On n’a pas besoin de ça. On a eu 27 entrées payantes, donc pour un traquenard, c’est un peu faible. Vous savez, on fait ce que l’on peut pour maintenir ce club, on sait qu’on jouera sûrement au niveau inférieur l’an prochain, mais on est toujours 20 aux entraînements, il y a des jeunes dans l’équipe, et ils ne sont pas intéressés par les bagarres. On va aller au Comité pour s’expliquer.

Bruno Deylaud (entraîneur des arrières Seilh-Fenouillet) : Les joueurs de Bonnac et l’encadrement ont été irréprochables pendant la rencontre. c’était un match d’agneaux, et franchement pas terrible à voir en plus. Mais sitôt le coup de sifflet final, ça s’est emballé. Je n’ai pas vu les dirigeants avoir la volonté de séparer, au contraire. Le public n’était pas en nombre, c’est un fait, mais les trente qui étaient là, des jeunes, étaient survoltés. Le problème, c’est que Bonnac est coutumier du fait, sans être sanctionné. Quand on est récidiviste, et je ne parle pas que d’une ou deux fois, qu’on ne présente pas d’équipe réserve, et qu’on cumule les cartons, il faut sanctionner. Il faut que le Comité intervienne, jusqu’à la radiation si nécessaire. Mais le Comité s’appuie sûrement sur le rapport de l’arbitre, qui n’a rien vu. Comme je lui ai dit, on voit moins bien avec les yeux fermés. il a eu peur sans doute, c’est humain, mais alors, on fait quoi ? J’ai un joueur qui a pris un coup de pied au sol, et qui se retrouve avec un nez cassé et la bouche ouverte. Cela aurait pu être bien plus dramatique ! Même les gendarmes, qui ont été appelés par les pompiers, nous ont expliqué qu’ils en avaient assez de venir à Bonnac. je connais bien Michel Lopez, qui entraînait ce club, je comprends pourquoi il en est parti. Ca fait plus de trente ans que j’entraîne, et c’est la première fois que je demande à ne pas aller à une réception d’après-match. C’est pourtant un moment sacré dans le rugby amateur. Là, c’était impossible. La personne avec des béquilles ? Ecoutez, je suis éducateur dans un centre spécialisé, je sais voir le niveau d’un handicap physique ou mental. Là, si le monsieur avait été handicapé, il n’aurait pas bougé, ou aurait pris du recul, mais surtout, il n’aurait pas balancé des grands coups de béquille à tout le monde. Il y a peut être une minorité de voyous dans ce club, mais il faut faire quelque chose. je parle à chaud, mais je peux vous dire que pour le match retour, ce sera sûrement tendu.

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Le visage de Romain Amoros après le match

 Romain Amoros (ailier Seilh-Fenouillet) : J’ai été agréablement surpris de la tournure du match, qui s’est très bien passé. A la fin, il y a une mêlée relevée, mais sans véritable suite.  L’arbitre a préféré siffler la fin sur ça. J’ai serré la main de l’ailier adverse tout en me dirigeant vers la touche. C’était un peu tendu, ça parlait, mais ça s’est calmé. Et puis un gars est arrivé de loin pour mettre un coup de poing par derrière à quelqu’un de chez nous, je me suis interposé, mais j’ai pris un coup aussi, je suis tombé au sol, et là, j’ai reçu un grand coup de pied au visage. Je pissais le sang. Je tiens à préciser qu’un joueur de Bonnac s’est interposé ensuite, après avoir vu que j’avais reçu un coup de pied par un autre joueur, et vu mon état. De là, je retrouve mes esprits petit à petit, je me suis écarté et j’ai vu la bagarre continuer. Les pompiers sont rapidement arrivés. Ils ont vu mon nez cassé et ma bouche ouverte, plus un gros hématome à la hanche. Les gendarmes m’ont demandé si je portais plainte, j’ai refusé. Mais après réflexion, si je veux être couvert par les assurances et autres mutuelles, je vais le faire. Il y a un joueur identifié. Je suis gérant d’un magasin, je paye ma licence pour jouer au rugby, pas pour me faire agresser, lâchement.

4 Commentaires

    • Bonjour Bernard, votre réaction est bien en ligne 🙂 mais si vous souhaitez qu’elle disparaisse, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Bonne journée et à bientôt

  1. rien de nouveau sous le soleil a bonnac
    joueur du soual olympique en 1975 c’est exactement le meme scenario qui c’est passé pour nous!!apres un match arrété avant la fin pour violence nous fumes poursuivis jusque dans les vestiaires par les spectateurs!! 40 ans apres le souvenir est vivace !!!
    comme quoi la vie est un éternel recommencement !!!

  2. Rien de nouveau à Bonnac. Cela fait des années que çà dure, toujours le même scénario … et le Comité ne dit jamais rien. C’est à mourir de rire de faire semblant de croire que c’est un fait nouveau !!!
    Les articles sont magnifiques mais ils ne servent à rien puisque le club continue de vivre et les spectateurs poursuivent leur agressivité.
    C’est prendre pour des imbéciles toutes les équipes qui vont jouer à Bonnac. Je suis spectatrice et maman d’un joueur depuis des années. Je suis allée une seule fois de ma vie à Bonnac et je n’y remettrai plus jamais les pieds. Je me suis fait agressée et insultée par des jeunes filles de Bonnac qui m’ont pris à partie sans aucune raison. Si je n’avais pas gardé mon sang froid je pense que j’aurai fini aux urgences ! C’est une honte ce qui arrive sans cesse avec cette équipe. Elle devrait être radiée depuis toute ces années de violence, le Comité devrait ouvrir les yeux et les arbitres être plus courageux pour décrire ce qu’ils voient.
    Une spectatrice en colère mais pas étonnée du tout …

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