Finale Régionale 1 : Valréas champion de France contre Saint-Céré, à la 80ème minute
Saint-Céré – Valréas, c’était donc l’ultime rendez-vous de la saison en Régionale 1, fixé au stade de l’Aiguille, à Limoux. Pour ces deux équipes, présentées comme outsiders en début de campagne nationale, il ne restait que 80 minutes à disputer pour espérer ramener le planchot à la maison…
A chacun sa mi-temps
L’entame de match de Saint-Céré avait de quoi impressionner : un essai de l’ouvreur Garcia, transformé par l’ailier Bonnet dès la 2ème minute. Ce même Bonnet qui passait une pénalité cinq minutes plus tard pour porter le score à 10-0. Un petit coup de massue, qui prenait encore plus de poids avec une deuxième essai des Lotois au quart d’heure de jeu. 15-0, Valréas était dans les cordes, mais reprenait ses esprits petit à petit. Et l’essai de du pilier gauche Guénard à la demi-heure, transformé par Barral, permettait de sortir la tête de l’eau.
Mais les Saint-Céréens l’y replongeait trois minutes plus tard avec un troisième essai signé du pilier droit Leroy de Labaca, que Bonnet bonifiait de deux unités de plus. 22-7 à la pause, malgré la chaleur, c’était un sacré coup de froid sur les épaules des Vauclusiens.
Trou d’air et manque d’oxygène jusqu’à la dernière seconde
Sauf que ces derniers ont démontré depuis le début de ces phases finales combien ils étaient solidaires et tenaces. L’essai du troisième ligne aile très actif, Mejean, à la 51ème, transformé par l’ouvreur Barral, relançait complètement les débats (22-14). Pas le temps de souffler que le trois-quarts centre Barbanson filait derrière la ligne lui aussi. Barral assurait la transformation. En 7 minutes, le score est passé de 22-7, à 22-21. L’on se dit que la dynamique s’est inversée, mais les débats s’équilibrent. Les remplacements vont bon train, pour faire rentrer du sang frais, malgré la chaleur ambiante, devenue suffocante par ce scénario incroyable.
Et que dire quand Adrien Maset, l’arbitre siffle une faute lotoise à la 80ème. Barral, depuis les 22m en moenne position à droite, a la pénalité de la gagne. Les supporters retiennent leur souffle, le buteur vauclusien, auteur de 46 pénalités (dont 3 en demi-finale) et 68 transformations cette saison, ne tremble pas : il envoie le ballon entre les perches, en même temps que tout un club au paradis. 22-24, quelle finale, quel final ! L’US Valréas Rugby XV est sacrée championne de France 2025…

Réactions
Charly MOULET (Capitaine US Valréas) : « Même si on part de loin lors de cette finale, on se paie. Cela reflète notre état d’esprit. A 22-7 à la pause, on s’est dit qu’on n’avait plus rien à perdre. Ils n’ont plus marqué un point et on gagne sur le gong. Je suis d’autant ému que j’ai fini blessé et que je n’ai pas pu aider comme je le voulais à la fin. »
Nicolas ROUSSIN (Entraîneur US Valréas) : « Quel suspense, quel groupe de fou avec que des gamins du club contre une belle équipe qui nous a mis dans la difficulté. Ils sont allés se le chercher avec les tripes, c’est énorme ce qu’ils ont fait. On fait une belle saison faite de hauts et de bas. »
Feuille de match
Dimanche 29 juin 2025 à Limoux (stade municipal de l’Aiguille), US Valréassienne Rugby bat Saint–Céré Rugby 24-22 (mi-temps : 22-7)
Arbitre : Adrien Maset
Saint–Céré Rugby : 3 essais Garcia (3), Leroy (16, 36) ; 2 transformations Bonnet (4, 37) ; 1 pénalité Bonnet (9)
US Valreassienne Rugby : 3 essais Taulier (31), Méjean (52), Barbanson (58) ; 3 transformations Barral (31, 53, 59) ; 1 pénalité Barral (80)
SAINT-CÉRÉ RUGBY : Delpeyroux – Bonnet, Leroy, Tourrou, Halopeau – (o) Garcia, (m) Larribe – Dupuy, Soulery, Davasse – Puechmaurel, Morault (cap.) – Leroy, Cicchelli, Bouhin.
Remplaçants : Navarro, Despierre, Zenati, Henry, Esclaire, Trémouille, Fouilhac.
US VALREASSIENNE RUGBY : Auge – Diaz, Noyer, Barbanson, Taulier – (o) Barral, (m) Sansot – Méjean, Moulet (cap.), Meyer – Peloux, Durif – Bousquet, Taulier, Guénard.
Remplaçants : Pays, Bathelier, Durand, Gras, Chambard, Brocheny, Falcioni, Trelcat.
Présentation de l’avant match
Ce dimanche à 15 h 30, Saint-Céré Rugby et l’US Valréas s’affronteront en finale de Régionale 1 au stade de l’Aiguille de Limoux (11). Un duel inédit et prometteur entre deux formations qui ont su tirer leur épingle du jeu pour rallier la dernière marche de la compétition et ainsi convoiter le bouclier national. À l’aube de cet ultime bras de fer, nous avons passé au crible les parcours des finalistes… (Par Loulou / Photo Une Olivier Brouillard)


Le Lot et le Vaucluse convoitent ce bouclier
Dimanche en finale, Saint-Céré et Valréas représenteront deux territoires ruraux, le Lot et le Vaucluse, sevrés de titre en Régionale 1 depuis un long moment. Pour retrouver trace d’un vainqueur issu du département du 46 ou du 84, il faut en effet dérouler le palmarès de cette division, que l’on appelait Honneur avant 2023, sur de nombreuses lignes, jusqu’à s’arrêter en… 1992, année du titre de… l’US Valréas, vainqueur en finale de Gujan-Mestras.
Il faut ensuite remonter jusqu’en 1963 pour pointer sur un lauréat provenant d’un de ces deux départements, lorsque Saint-Saturnin-lès-Avignon rapportait au Vaucluse son premier titre de champion de France Honneur (3-0 face à Roquefort). Mais les comptes s’arrêtent ici, avec, vous l’aurez compris, aucun bouclier pour le Lot, qui tient même avec Saint-Céré cette saison son premier représentant en finale depuis que la compétition existe, soit en 1950.
Dimanche soir, le planchot prendra donc une destination qu’il n’a que très peu ou pas du tout connue. Après avoir passé son été 2024 dans l’Aude, du côté de Corbières XV, le morceau de bois s’apprête à vivre sa saison estivale à la campagne, en plongeant une tête dans une nouvelle rivière : soit le Lot soit le Vaucluse, à Saint-Céré ou à Valréas ? Verdict en fin de semaine.


Présentation des finalistes
Saint-Céré, un bouclier en cadeau d’anniversaire ?


Le club du nord du Lot, qui célèbrera début juillet ses 120 ans d’existence, est déjà bien gâté. Tout d’abord car son équipe fanion a su « s’insérer » en Fédérale 3 en glanant sur le tard l’un des deux derniers sésames promis aux équipes non promues qui iraient le plus loin dans la compétition, mais aussi parce que leurs protégés réalisent un parcours d’exception, jusqu’à pousser les portes de la finale. Un joli cadeau avant l’heure, avec ce rendez-vous historique à Limoux pour les Sang et Or, qui n’avaient jamais atteint le stade des demi-finales de Régionale 1 dans leur histoire, et encore moins une finale…


Leur marathon débuta par une troisième place de la poule 4 d’Occitanie, derrière deux cadors, l’Entente de la Vallée du Girou et l’Avenir Moissagais, tous deux promus. Mais fin mars, un premier échec stoppa leur belle dynamique, puisque les Saint-Céréens, après deux sacres consécutifs du bouclier de terroir (2023, 2024), lâchaient cette fois la couronne en finale départemental à leur voisin du Rassemblement Bretenoux Biars Vayrac (27-24). Les Lotois tombaient quelque temps plus tard les armes à la main face à Moissac, en quart de finale d’Occitanie, après avoir battu Saint-Gaudens au tour précédent, « un match déclencheur », rembobinait tout de même Éric Laribe, le président du club.
Lorsque le printemps pointa le bout de son nez, Saint-Céré n’avait donc ni de montée en poche, ni de nouveau bouclier sur son étagère. L’objectif d’atteindre l’étage supérieur ainsi que celui de garnir davantage sa salle de trophée s’éloignait alors grandement. C’était sans compter sur l’abnégation de la bande d’Edouard Morault, le capitaine courage qui raccrochera les crampons dimanche soir…


Les Sang et Or, déchaînés, passèrent les tours un par un en championnat de France (Juillac-Objat, Égletons, puis Saint-Flour), jusqu’à tamponner leur montée vers l’échelon supérieur. La saison était maintenant réussie, mais ces derniers avaient encore de l’appétit. En quart, ce petit supplément d’âme et le parfum de revanche leur permettait de faire tomber Moissac (25-22), puis Orsay en demie (22-16), pour finalement se retrouver en position de remporter un bouclier, pas celui escompté en début d’année, mais finalement le plus brillant, le plus lourd de signification, le premier pour tout un département (qui compte aussi un autre finaliste cette année, avec Cahors, en Fédérale 2)


Palmarès Saint-Céré :
Champion d’Auvergne : 1933, 1934, 1937, 1938
Champion du Limousin Honneur : 1951, 1952, 1976
Champion du Limousin Promotion d’Honneur : 2017
Occitanie – Bouclier Terroir Lot Régionale 1 : 2023, 2024
Occitanie – Bouclier Terroir Lot réserves Régionale 1 : 2024, 2025
Champion d’Auvergne 2ème série : 1927
Champion d’Auvergne 4ème série : 1920
Valréas, 33 ans plus tard ?


L’été dernier, au moment de préparer la saison à venir, l’US Valréas ciblait une montée en Fédérale 3 et un bouclier de la Ligue Sud. Les Vauclusiens ont depuis rempli la moitié du contrat, en validant leur ticket de promotion face à Orange en demi-finale, puis en échouant en finale régionale face à Digne-les-Bains. C’est à cet instant précis que le manager du club Jérôme Alaize et ses troupes décidèrent de ne pas en rester là : « Cette défaite en finale nous a piqué au vif et on s’est dit que pour se racheter, il fallait faire un beau parcours en France », nous retraçait le technicien à l’aube du dernier carré.
Les Diables Rouges et Noirs mordaient alors à pleines dents sur ces phases finales, en devenant les bourreaux numéro 1 des clubs d’Auvergne Rhône-Alpes : victoire en 32ᵉ face à Saint-Genis-Laval (39-31), en 16ᵉ contre Rhône Sportif (39-12), puis devant le RC Motterain en 8ᵉ (26-11). Un triptyque gagnant réalisé avec une AURA au-dessus de la tête, qui permettait aux Valréassiens de prendre le quart.


Cette fois, les Valréassiens venaient à bout du champion d’Île-de-France de Paris 15 (30-21) pour continuer leur course folle parmi les 4 derniers prétendants. Sous les yeux d’un certain Stuart Hogg acquis à leur cause, les Vauclusiens poussaient encore la chansonnette lors du duel des As face à Millas en l’emportant au bout du suspense (21-17).


L’effectif vauclusien majoritairement formé au club est désormais à 80 minutes du bouclier national, avec l’ambition d’imiter ses aînés, vainqueurs de la compétition en 1992. Le 16ème diable (supporters locaux) a quant à lui déjà pris rendez-vous, en remplissant trois bus en direction de Limoux, pour pousser sa jeune garde dans ses retranchements.
Palmarès Valréas :
Champion de France Honneur : 1992
Champion de Provence réserves Honneur : 2009
Champion Provence Promotion d’Honneur : 2012, 2014
Champion Provence Réserves Promotion d’Honneur : 2013
La finale, en chiffres
155 : c’est le nombre de points inscrits par l’US Valréas lors de cette phase finale nationale (18 essais, 11 transformations et 12 pénalités en 5 matchs disputés, soit une moyenne de 31 par rencontre). De son côté, Saint-Céré en compte 138 (13 essais, 11 transformations et 17 pénalités).
280 : voici le total de pions passé par Pierre Barral, l’ouvreur de l’USV depuis le début de saison. Le joueur formé au club fait partie des meilleurs scoreurs de la division. Côté Saint-Céré, l’ailier et buteur Benjamin Bonnet n’est pas en reste, avec 207 points dans sa besace.
15 : soit le nombre d’essais plantés lors de l’exercice en cours par Mathis Diaz, le trois-quarts aile valréassien. Il devance de deux longueurs son capitaine Charly Moulet qui comptabilise 13 banderilles.
5,6 : c’est la moyenne de points d’écarts lors des victoires de Saint-Céré en phase finale nationale. Des succès étriqués tous les week-ends donc, mais suffisants pour grimper jusqu’en haut de la pyramide. Pour Valréas en revanche, ce total est deux fois plus important, avec une moyenne de 12,6 points.
2 : le nombre de finales perdues cette saison par les deux clubs. Une chacun (en finale de terroir pour Saint-Céré, en finale de Ligue Sud pour Valréas), pas de jaloux, jusqu’à dimanche…
0 : les deux formations ne se sont jamais croisées depuis que la FFR recense les résultats. Cette finale est donc la première confrontation entre ces deux équipes, et celle-ci vaut de l’or.
À lire aussi : Les résultats du week-end
Un commentaire
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Bravooooooo les gars. depuis Kuching sur l’île de Bornéo.
Ce Mejean 3e ligne de Valréas est-il le fils de l’ancien arbitre ?, est-ce le monsieur barbu qui est derrière Hogg avec le maillot noir/ rouge ?
Francis