Reportage – RC du Brulhois 82, de l’espoir malgré deux ans sans victoire
Le Rugby Club du Brulhois 82 traverse une passe plus que délicate en Régionale 3. L’Entente des cinq villages de Dunes, Donzac, Saint-Loup, Sistels et Saint-Cirice n’a plus connu le goût de la victoire depuis… octobre 2023 (!), soit une éternité. Benoît Péron, co-entraineur au club, nous a livré certaines explications menant à cette interminable spirale négative, dont il espère sortir le plus vite possible… (Par Loulou / Photos @RCB 82)


En quête d’un succès depuis plus de deux ans !
775 jours sans victoire ! Le compteur tourne toujours et semble ne jamais pouvoir s’arrêter. Il faut en effet remonter au 8 octobre 2023 pour retrouver trace d’un résultat favorable au Rugby Club du Brulhois 82. Un succès 26 à 22 face à l’US Sainte-Foy. Les Tarn-et-Garonnais ne le savaient évidemment pas en ce dimanche automnal de Coupe du Monde, mais ils n’allaient pas revivre de troisième mi-temps festive avec ce sentiment du devoir accompli avant un long, très long moment.
Voilà plus de deux ans que cette dernière victoire a été célébrée et que les dimanches se suivent et se répètent, avec d’innombrables défaites à la clé. Les valises des Brulhois sont remplies jusqu’à ras bord, au point de faire exploser la fermeture éclair. Il était donc temps pour Benoit Péron, entraineur au club depuis l’an dernier, de vider son sac :
« Dès le mardi soir, on commence à compter les présents pour le dimanche, et en fin de semaine, c’est toujours la misère, il faut appeler les gars pour réussir à aligner une équipe complète. C’est très compliqué, notamment pour travailler aux entrainements puisqu’on est au maximum 13 ou 14. On s’est même retrouvé un soir à six, donc à part faire du physique, tu ne peux pas faire grand-chose. Il est difficile dans ces conditions d’espérer regagner un match… »
« Un groupe composé à 80 % de débutants »
Cette dégringolade interminable a débuté par une scission en interne, comme nous le révèle le coach de 45 ans. « Il y a eu des soucis au club avant mon arrivée, dont je ne connais pas l’origine, mais qui ont engendré un départ massif de joueurs chez l’équipe voisine de la Nicolaïte (Saint-Nicolas-de-la-Grave). Il n’y avait quasiment plus personne l’été suivant, si bien que l’an dernier, les seniors ont repris avec un groupe composé à 80 % de débutants. Ils sont repartis tant bien que mal, en réussissant malgré un effectif réduit à finir la saison en ne faisant qu’un seul forfait. Mais avec tous ces néophytes, les défaites étaient conséquentes avec très souvent plus de 100 points par match. »


C’est donc en cours de saison dernière que Benoit Péron fut appelé à la rescousse pour aider à donner un coup de rame dans la barque brulhoise, qui navigue depuis bien trop longtemps à contre-courant. « J’ai rejoint l’aventure en février dernier pour aider le seul entraineur, Pierre, qui est le parrain de mon fils. Et puis, on m’a demandé de rester cet été, en essayant de ramener de nouvelles recrues. » Benoit accepte le défi et active son répertoire pour tenter de convaincre plusieurs joueurs de le rejoindre dans ce challenge. Si sa mission estivale d’augmentation d’effectif a été plutôt réussie, la suite n’a pas voulu sourire au RCB 82 :
« On a pu se renforcer avec l’arrivée de joueurs formés dans des bons clubs aux alentours, mais dès le premier match de championnat, on a joué de malchance. On a reçu un carton rouge, donc un gars a été suspendu, un bleu pour commotion et on a eu des blessés à la pelle. En tout, j’avais onze bonhommes en moins d’un coup. Et parmi eux, de nombreux éléments cadres de l’effectif. Avec ces leaders d’absents, ça a vite fait des dégâts au niveau de la motivation des troupes et la mauvaise dynamique s’est réenclenchée. »


« Le moral est au plus bas, tout le monde a la tête au fond du seau »
Dans ces conditions, la série négative a malheureusement repris de plus belle avec de nouveaux scores lourds : 78-5 à Garonna XV, 85-0 face au Rugby Cœur de Lomagne ou encore un cinglant 106-12 sur le terrain du XV de la Save – et un forfait contre l’US montréalaise lors de la 4ᵉ journée. Comme une histoire qui se répète, la lumière au bout du tunnel n’est toujours pas apparue dans le champ de vision des Tarn-et-Garonnais, forcément émoussés. « Le moral est au plus bas, que ce soit les dirigeants, les joueurs, les bénévoles, tout le monde a la tête au fond du seau. Je me demande même parfois comment fait la direction pour ne pas lâcher l’affaire. »


L’espoir d’une première victoire demeure
Avec un effectif de 35 joueurs allant de 18 à 49 ans et composé d’une majorité de débutants, Benoit Péron s’est non seulement interdit de faire forfait général, mais continue de croire en la délivrance d’un premier succès. « On ne les lâche pas, on est toujours derrière les joueurs et on fait tout pour varier les entrainements. J’essaye de les piquer, mais j’ai l’impression que ça ne les touche pas. Heureusement, on récupère quelques joueurs cadres pour la rencontre face à Seilh, une autre équipe en difficulté en ce début de saison. C’est notre carte pour se relancer, le club en a besoin. Une victoire pourrait enfin nous débloquer et nous relancer. »
Mais ce duel face à un autre mal classé n’a pas tourné en faveur du RCB 82, qui s’est incliné dans son jardin face au SAF XV (17-43) dimanche dernier et décale encore son cri de soulagement à plus tard. Peut-être au week-end prochain face à La Nicolaïte, où évoluent de nombreux anciens joueurs du club ?
Cette motivation supplémentaire ne sera en tout cas pas de trop pour aider l’Entente Tarn-et-Garonnaise à revivre, enfin, une troisième mi-temps sous le signe du succès, avant de se réveiller le lundi matin avec le cœur léger et l’esprit adouci. Comme ce fut le cas il y a 10 ans, lorsque le RC Brulhois remportait la Coupe du Midi-Pyrénées de 3ᵉ Série face au Valence Olympique d’Albi. Qu’elle parait loin, cette scène de liesse autour de ce trophée… Et encore plus le vendredi soir, au moment de cocher les 22 joueurs présents pour le prochain match.


« Coco », un rayon de soleil dans la pénombre
Au cœur de la mauvaise dynamique du rassemblement occitan, une belle histoire s’écrit à l’aide d’une plume des plus bienveillantes. Un jeune joueur surnommé « Coco », atteint d’un handicap mental, rayonne par ses exploits sur et en dehors du terrain, comme nous le décrit Benoit Péron : « C’est peut-être aujourd’hui le plus vaillant de tous. C’est notre meilleur marqueur d’essais cette saison, car nos adversaires, une fois le score large, acceptent de faire un geste pour l’encourager.
On a deux essais au compteur grâce à la tolérance de nos rivaux, qui laissent notre petit coco aller entre les perches. C’est un super garçon, un grand bout en train qui adore faire la fête. C’est un grand fan de l’US Montauban, il ne manque aucun déplacement. Il est habillé rugby toute l’année, il vit rugby. Il est très investi dans la vie associative. Des fois je me dis, heureusement qu’il est là. » L’espoir demeure donc de meilleurs lendemains, et d’une victoire tant attendue…













