Plaquages – Jérémie Fickou (président La Seyne) : “A nous, clubs et joueurs, de s’adapter aux nouvelles règles !”

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La Seyne sur Mer (fédérale 2) se prépare comme toutes les équipes de ce niveau (comme en fédérale 3) à commencer son championnat le 15 septembre prochain. Pour régler au mieux les automatismes, rien de tel qu’un bon match amical. Mais celui disputé cette semaine contre Aubagne, à défaut de mettre de l’huile dans son jeu, a mis de l’huile sur le feu du nouveau règlement concernant les plaquages. Et dans la presse. Explications…

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Si la sécurité des joueurs est au centre des débats et que les nouvelles règles vont dans ce sens, elles ne sont visiblement pas assimilées facilement. Les réunions se succèdent dans chaque Comité pour les expliquer aux entraîneurs, puis aux joueurs donc. Ce changement, assez radical, renvoie ni plus ni moins, aux plaquages qui se pratiquaient jusqu’à l’orée des années 90, et perturbe grandement des joueurs habitués à plaquer haut. Comme le Top 14 l’a inculqué pendant tant d’années à la télévision, provoquant un mimétisme inévitable.  Aussi, si cette volonté d’abaisser la ligne de plaquage était aussi souhaitable que louable, mais comme tout changement, la mise en pratique est parfois laborieuse.

Var Matin s’est fait l’écho d’un match amical entre la Seyne sur Mer et Aubagne, disputé lundi dernier, avec 38 fautes sifflées en 40 minutes, prêtant à Jérémie Fickou (frère de Gaël), nouveau président de la Seyne, la réaction suivant :“Je pense qu’au bout de deux matches, il ne va plus y avoir personne dans les tribunes. Les rencontres vont être bercées au son des coups de sifflet arbitral. Soit environ un par minute. Comme ça devient quasi impossible de défendre, il est possible qu’il y ait une guirlande d’essais à chaque rencontre et d’avoir des scores qui se rapprochent de ceux du basket. World rugby a imposé ce nouveau règlement pour améliorer la sécurité des joueurs. Mais je ne suis pas certain que de plaquer en bas, à hauteur des hanches, des genoux ou des chevilles soit moins dangereux qu’au niveau du buste.”

 

Sauf que le président varois ne s’est pas tout à fait exprimé ainsi, voire pas du tout. Joint par téléphone, Jérémie Fickou, quelque peu abasourdi de constater que ses propos avaient été déformé de la sorte, nous a confié : “Il y a vraiment eu 38 fautes sifflées en 40 minutes oui. Tout le monde a fait le constat que le match avait été haché, forcément. Mais je ne me suis pas exprimé ainsi pour le reste. Je suis un jeune président, je ne vais tout de même pas faire des sorties médiatiques à la Mourad Boudjelal, surtout, dès le début de saison ! Avec internet, tout va très vite en plus, et ça fait le buzz pour rien. Ce que j’ai dit et ce que je pense vraiment ? Je pense que les clubs doivent s’adapter à ces nouvelles règles, et que la Fédération devra analyser les résultats des premiers matchs. Ce ne sera pas simple en effet, même pour les arbitres, mais c’est à nous, clubs, et aux joueurs, de nous adapter face à ces changements”.

Et à la presse quotidienne aussi donc, puisque reprise immédiatement par la toile, trompée par ces mauvaises informations. Dont acte. Ceci dit, s’il est vrai que ces nouvelles règles peuvent (et vont) désorienter quelque peu les joueurs dans leurs (mauvaises) habitudes, elles seront assimilées avec le temps. Les U20 l’avaient expérimenté avec bonheur lors du mondial 2018 disputé en France. Les obligeant à plus de discipline, et in fine, offrant un jeu plus fluide. Gageons que le rugby amateur prendra le même chemin. Un peu de patience et de bonne volonté, et nul doute que dans quelques semaines, tout le monde s’y retrouvera.

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Les frères Fickou, à la tête de l’US Seynoise (©Oxygène40)

2 Commentaires

  1. Quand je vois en top14 des joueurs qui se font faire mal, c’est surtout le plaqueur qui reste debout pour plaquer l’attaquant qui est lancé. Donc il le prend mal et se trouve blessé. J’ai vu des joueurs qui attaquaient se faire sanctionner alors qu’ils ne faisaient aucune faute. Quand je jouais dans les années 60 j’étais un gros plaqueur et rarement mon adversaire passait. Je prenais aux jambes ou à la taille. Il faut aussi apprendre les défenseurs à monter sur leur adversaire afin qu’il ne puisse pas prendre de vitesse bien entendu en respectant les règles. C’est vrai que parfois ceux qui nous pondent des règles donnent l’impression de ne pas connaître le rugby…

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