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Laurent Baluc-Rittener

Natif de Narbonne, Laurent Baluc-Rittener y a signé son premier contrat pro à 20 ans. Top 16, Top 14, H Cup, Challenge Européen, Pro D2, de Bourgoin à Albi en passant par Colomiers, le troisième ligne âge aujourd’hui de 35 ans, a mené sa carrière avec passion et dévouement. Il a réduit la voilure comme il le dit lui-même, pour se construire une deuxième vie. En fédérale 1 à Castanet, puis au FCTT en fédérale 3 depuis cette saison, il prolonge le plaisir de jouer, tout simplement. Par son vécu, son franc-parlé et son verbe juste, Laurent est membre de Provale. Pour ces mêmes qualités, il vient, pour notre plus grand plaisir, de prendre une autre licence, avec…RugbyAmateur.fr.

Il nous gratifiera régulièrement de son humeur, en fonction de l’actualité ou de dossiers qui lui tiennent à coeur. Pour sa première, c’est le coeur grand ouvert justement qu’il réagit à la crise financière traversée par Auch depuis une semaine. Il évoque plus globalement les travers d’un système qui mettent à mal de plus en plus de clubs, pros comme amateurs, et entrouvre la porte à quelques solutions… 

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A Auch comme ailleurs, le bonheur est-il toujours dans le pré ? (photo club)

Comment sauver le soldat R… (par Laurent Baluc-Rittener)

“Jacques Fouroux aurait sans doute piqué une grosse colère. Son FC Auch, légendaire place forte, pelouse où il n’a jamais fait bon poser les crampons tant son Stade du Moulias est réputé inhospitalier pour le visiteur. Oui, son FC Auch est dans le rouge, vit des heures compliquées, les poches trouées par des finances qui lui obscurcissent l’horizon. Ce club-là après tant d’autres « historiques », est en train de jouer son avenir…

Village Gaulois en plein cœur d’Ovalie, il a œuvré pendant plus d’un siècle pour la prospérité de ce sport, sortant notamment quelques pépites de son centre de formation  – dirigé par Julien Sarraute – tels Fabien Barcella, Arnaud Mignardi, Vincent Campo, Benjamin Dambielle, plus récemment Antoine Dupont, et bien d’autres. Pourtant, ce club-là, cher à mon ancien et illustre entraîneur Henry Broncan, est en train de trembler. 

Nul ne sait  comment la situation va évoluer. Mais on peut penser que les nombreux salariés de cet ancien pensionnaire de « Première Division » doivent passer par des moments désagréables, et après les déboires de Tarbes ou Chalon la saison dernière, et plus récemment de St Nazaire, il serait intéressant – sans jeter la pierre à quiconque – de se poser enfin les bonnes questions, et surtout d’y répondre. 

“Combien d’entre eux vont tomber tous les ans avant que l’on réagisse et que l’on cherche des solutions ? Et non plus de l’argent…”

 
On peut ainsi se demander si les modèles et les modes de fonctionnement des clubs sont les bons ? S’il n’y a pas d’autres alternatives qui préserveraient leur économie et la stabilité de leurs employés ? Si les locomotives du fastueux Top 14 ne faussent pas la vision et la gestion que devraient avoir les clubs issus des villes « moyennes » ? Si le mécénat, aussi rare qu’espéré, est la bonne solution ? Parlezen aux Narbonnais dont le charme australien a fait quelques déçus et qui suent sang et eau pour redresser la barre. 
Bref, ces villes moyennes ont-elles les ressources nécessaires pour faire vivre des escouades de pro ?
 

Il n’y a pas si longtemps, certains joueurs évoluant en Top 16 n’étaient-ils pas pluri actifs ? Pourquoi dès lors ne pas proposer au joueur de s’inscrire sur la durée, de le fidéliser en lui permettant de grandir en dehors du rugby, et grâce au rugby, tout au long de sa carrière. Fed 1, 2, Pro D2, j’ai envie de dire, peu importe, l’intérêt est de proposer aux joueurs d’exercer une activité parallèle. D’autant que le rugby est un sport qui n’a pas vocation à être pratiqué tous les jours. Et pardi, c’est que ça use, alors profitons-en. Personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir retrouver ce mode de fonctionnement pour mes dernières saisons, et j’avoue que ça fait un bien fou à la tête, et mes jambes n’étaient pas plus lourdes. Pro D2 ou Fed 1, je réussissais quand même à attraper les ballons. J’entends même ici ou là des supporters dire de certains joueurs, qu’ils effectuent leur meilleure saison depuis longtemps. Bizarrement ces joueurs font autre chose à côté, viennent de monter un business, d’être employés. Je pense même à un capitaine d’un club de Pro D2 proche de la Méditerranée.

C’est une piste comme une autre, elle aurait le mérite d’alléger ostensiblement la masse salariale, tout en permettant au joueur de préparer son avenir, et d’être bien dans sa tête. C’est du gagnant-gagnant. 
 
En attendant, le FC Auch-Gers, fait un appel au peuple pour réduire son déficit et éviter le dépôt de bilan. Un mois pour trouver 100 000 euros. Il suffit de trouver 2 000 personnes offrant leur petit billet de 50 euros. Juste un bon restau avec maman quoi !
 
Les clubs le savent pourtant : il est extrêmement compliqué de franchir le pas et de passer à la division supérieure, car ils sont alors obligés de faire appel à de gros sponsors qui font parfois faux bond… et la chute est au bout du chemin ! Sans vraiment de fautif dans l’histoire. Alors, pourquoi veulent-ils tous à ce point « monter » ? L’évolution des clubs ne passe pas forcément par le gonflement artificiel des budgets, il faut parfois savoir regarder ce qui était bien autrefois sans passer pour un passéiste réac et ringard. Sinon combien d’entre eux vont tomber tous les ans avant que l’on réagisse et que l’on cherche des solutions ? Et non plus de l’argent…”
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1 COMMENTAIRE

  1. Bien vu.
    On a tous besoin d’une échappatoire, d’une autre vie, pour bien accomplir sa mission principale; si on n’a pas un “ailleurs”, on se sent prisonnier, la tête coincée dans un schéma, et on est forcément moins bon.

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