Itinéraire Bis – Jemima McCalman, une Kangourou chez les Caouecs
Notre rubrique « Itinéraire Bis » vous propose de découvrir certains joueurs et joueuses étrangers évoluant dans les divers championnats français. Aujourd’hui, rencontre avec Jemima McCalman, la trois-quart centre australienne du Blagnac Rugby Féminin, à quelques heures du derby contre le Stade Toulousain… (Par Marco Matabiau)


« On m’a dit que je ne pourrais plus jamais jouer… »
Rugby Amateur: Bonjour Jemima. Votre date et lieu de naissance?
Jemima McCalman: Je suis née le 26 mai 1999 à Orange, dans l’état de la Nouvelle Galles du Sud, en Australie. Cela se trouve à environ quatre heures au nord-ouest de Sydney.
RA: Quand et comment avez-vous débuté le rugby?
JMC: Je viens d’une famille de rugbymen. Mon grand-père, mon père et mon frère ont pratiqué ce sport. J’ai aussi choisi le rugby à XV car mes grand-parents détestaient le rugby à XIII, pourtant populaire en Australie. Je ne pouvais pas leur faire ça. J’ai d’abord joué entre mes 6 et 8 ans pour New South Wales Country. J’ai dû arrêter parce que dans les catégories supérieures, les filles et les garçons ne pouvaient plus jouer ensemble.


RA: Et la reprise?
JMC: J’ai repris en 2017, à l’âge de 17 ans, par le rugby à VII. Les Australiennes venaient d’être sacrées championnes olympiques à Rio. J’ai terminé le lycée, puis j’ai intégré la University of Technology de Sydney. Néanmoins, je jouais pour le club en lien avec la Sydney University.


RA: La suite a été plus compliquée?
JMC: En effet. En 2022, j’ai fait un Covid long. Cela a duré neuf mois. On m’a même dit que je ne pourrais plus jamais jouer, car c’était dangereux pour mon cœur et ma thyroïde. Le cardiologue était formel: PLUS DE SPORT ! J’ai ensuite été opérée du pied, puis d’un doigt. J’ai donc très peu joué puisqu’entre 2022 et 2024, je n’ai disputé que quatre rencontres pour les ACT Brumbies du « Super Rugby Women ».


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RA: Comment s’est passée votre arrivée en France?
JMC: J’avais un agent à Sydney. Il a prospecté, notamment en France, et Laurent Tranier, l’entraîneur de Blagnac, m’a contactée par WhatsApp. J’ai été intéressée par ce qu’il me proposait, et je suis arrivée ici le 1er septembre 2024. Malheureusement, je ne parle pas très bien français. J’ai pourtant étudié cette langue quand j’avais 14 ou 15 ans, mais je ne travaillais pas trop et je copiais beaucoup sur mes camarades. J’essaie d’apprendre maintenant.
« Le niveau du championnat français est plus élevé que celui du « Super Rugby Women ».
RA: Vous connaissiez déjà la France?
JMC: J’étais venue en visite pendant mon adolescence, à Paris et dans la Somme, notamment sur des sites en rapport avec les conflits mondiaux. Mes deux arrières grand-pères étaient des anciens combattants. En revenant ici, je me rends compte que les Français ne sont pas tous comme les personnes que j’avais pu voir sur Paris. Tous ceux que je côtoie, à Toulouse ou à Blagnac, sont vraiment très gentils avec moi.
RA: Pour ce qui est du rugby, avez-vous noté des différences entre les championnats français et australien?
JMC: Ce qui est sûr, c’est que le niveau du championnat français est plus élevé que celui du « Super Rugby Women ». On joue aussi davantage de matchs. Les filles s’entraînent dur et ne rechignent pas. Quand on leur demande de faire telle ou telle chose sur le terrain, elles le font. Elles sont très volontaires.


RA: Que peut-on vous souhaiter pour la suite de la saison?
JMC: Nous sommes actuellement quatrièmes, avec une petite avance sur le cinquième. On est donc en bonne voie pour se qualifier, même si rien n’est fait. Sur un plan plus personnel, je vais recevoir mes parents et mon frère à la fin février. Ma sœur et des amis sont déjà venus il y a quelques semaines. C’est là qu’on se rend compte du nombre d’amis qu’on a et qui sont intéressés pour venir passer un petit séjour en France (rires).


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