Guillaume Benoît (président Corneilhan) : “De la joie et de la fierté !”

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Corneilhan, petit village de 1 700 âmes situé au nord de Béziers, a eu les honneurs de la presse locale, voire nationale, la semaine dernière. Seul problème, ces articles évoquaient un quart de finale de 4ème série Occitanie prétendu houleux, voire violent, face aux “voisins” de la Grande Motte. A grands renforts d’accusations et objections (voir notre papier qui donnait la parole aux deux camps, en fin de cet article), ce match a évidemment laissé des traces, à tous niveaux. C’est pourquoi, la demi-finale contre Lannepax, disputée à Quint-Fonsegrives dimanche dernier, était très attendue. A commencer par son président, Guillaume Benoît…

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 Les Corneilhanais debout, contre vents et marées (photo club)

“J’avais suivi le gros clash médiatique du quart de finale contre la Grande Motte, qui dénonçait des actes anti-rugby, des joueurs agresseurs, d’une violence rare, des supporters “Hooligans” aussi violents que leurs joueurs. J’ai même été contacté par téléphone pour me prévenir du traquenard dans lequel on allait tomber, et peut-être même, ne pas en ressortir sans blessures” voici les propos de Franck Larrieu, entraîneur de Lannepax.

Quoi de mieux en effet que le témoignage d’un adversaire, qui plus est vaincu. Le coach gersois poursuit : “Corneilhan compte dans son effectif, des joueurs de grande qualité, avec un pack solide, des gabarits bien supérieurs à la 4ème série, avec deux joueurs majeurs, un 6 rapide et très puissant, ainsi que le 8 rapide, vraiment très technique en plus. A titre d’exemple, ce numéro 6, sur sa première percussion… notre joueur ne se baisse pas et heurte son avant bras, l’arbitre siffle une faute. Le joueur de Corneilhan qui s’était replacé, est venu voir le nôtre, encore au sol, et s’est excusé, alors que ça fait une semaine qu’il est qualifié partout comme un tueur ou un casseur complètement fou. Donc je pense qu’on a pas la même définition des mots tueurs ou casseurs. Je n’étais pas au match de la Grande Motte, mais pour moi le club de Corneilhan est un club comme les autres, doté d’un public respectueux, qui met de l’ambiance, l’équipe a un bon niveau de rugby, très puissante, et je leur souhaite d’aller le plus loin possible. Je trouve dommage ce remue ménage médiatique, car ça ternit l’image du rugby, qui n’en a pas besoin en ce moment. Je comprends les parents qui ne veulent pas inscrire leurs enfants en école de rugby après ça. Bonne chance à Corneilhan et peut être à bientôt en Championnat de France.”

“Cette finale sera une grande fête du rugby occitan !”

Ces mots ont évidemment une saveur particulière pour tout un club, et notamment son président, Guillaume Benoît, qui savoure bien sûr la qualification en finale de ses troupes, la première depuis 2010, mais aussi cette réhabilitation morale : “Notre équipe est avant tout constituée de super bonhommes, pères de famille pour nombre d’entre eux, qui ont été blessés dans leur amour propre, autant que leurs familles, par tous les propos parus sur leur compte à l’issue d’un “simple” match de rugby de phase finale, tenus par un simple mauvais perdant. Mais les Dieux du rugby ont semble-t-il porté, eux, un jugement avisé sur cette affaire, en nous permettant d’accéder à la finale.”

La cicatrice laissée par cette semaine accablante, qui a précédée la demi-finale, ne se refermera pas de sitôt, c’est certain, l’ironie masque une rancune que d’aucuns considéreront comme logique, mais le président, ancien joueur qui a connu la naissance du club en 1995, nous confiait avant tout sa grande joie et sa fierté : “La joie oui, d’avoir participé à une magnifique journée de rugby opposant deux équipes qui ne se connaissaient pas, et qui pourtant au final, partagent des valeurs communes de rugby de clocher. La fierté aussi, celle d’avoir vu mes joueurs et tous les gens qui nous soutiennent rester fidèles à leurs valeurs sportives, malgré le “scandale médiatique” dont ils ont été les premières vraies victimes. Nous restons à présent concentrés sur l’avenir, car nous sommes passés par des moments compliqués en début de saison, avec beaucoup d’arrêts, des blessés, et un hiver difficile aussi. Il était difficile de composer une équipe, mais tout le monde s’est mobilisé, c’est pourquoi cette finale n’est que du bonus. Nous l’abordons comme un très grand moment de notre sport, et espérons, qu’à l’image des demi-finales, cette cette première finale d’Occitanie de 4ème série sera une grande fête du rugby occitan.”

De toute façon, cette fête ne pourra être que belle, face à un adversaire tel que La Palme, qui partage au moins autant les mêmes valeurs du clocher. Entre un village héraultais sur la colline, un autre audois, au bord de l’eau, pas la peine d’en faire une montagne non ? Alors rendez-vous à Capestang ce dimanche, pour savoir qui va décrocher le premier bouclier de l’histoire de la 4ème série occitane.

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Les sourires corneilhanais en disent long sur leur satisfaction d’avoir emmené tout un village en finale (photo club)

 

Lire ou relire notre article paru la semaine dernière

4ème série – Corneilhan-La Grande Motte, mais que s’est-il passé ?

 

 

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