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Nationale à Fédérale 3 : liquidations, rétrogradations et repêchages, où en sommes-nous ?

L’Autorité de Régulation du Rugby (A2R, ex-DNACG), gendarme financier de l’ovalie, est plus que jamais sur ses gardes après un exercice 2024-2025 pour le moins agité. De la Nationale à la Fédérale 3, de nombreux cas de liquidations judiciaires, de forfaits généraux ou encore de rétrogradations se sont en effet multipliés tout au long de la saison. Un véritable capharnaüm que nous tentons ici de vous récapituler grâce à trois questions : qui monte d’une division, qui en descend de deux, et qui est repêché ? On fait le point complet… (Par Loulou / Photo Une Sophie Maurel)

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet
Chartres, relégué en Fédérale 2, malgré une première place à l’issue de la phase qualificative, un exemple parmi d’autres d’une saison 2024-2025 rocambolesque jusqu’à la dernière journée (@photo club)

Les chaises musicales infernales 

À tous les échelons de la pyramide, les phases régulières sont arrivées à leur terme, scellant l’avenir sportif des nombreux protagonistes : les équipes classées dans la zone rouge étaient condamnées à la descente, tandis qu’en tête de poule, les cadors se rapprochaient de leur quête de montée, en démarrant les haletantes phases finales. Oui, mais voilà, tout n’a malheureusement pas été aussi simple. Car à tous les étages, des dossiers se sont empilés dans les bureaux de l’A2R (Autorité de régulation du rugby).

Chaque mois, des décisions administratives sont ainsi tombées comme un couperet sur les desseins de nombreuses écuries, reléguées d’une division, voire pire, contraintes de devoir mettre la clé sous la porte définitivement. Ces déboires profitaient à d’autres clubs, relégués sportivement puis repêchés pour remplir les places laissées vacantes. La tour du rugby amateur et semi-professionnelle a donc été secouée. Récapitulatif complet dans l’ordre croissant, en commençant par le haut (Nationale) jusqu’en bas (Fédérale 3).


NATIONALE

L’exercice 2024/2025 n’avait même pas encore commencé qu’une première sentence tombait en août dernier à l’encontre de Hyères Carqueiranne La Crau, contraint de déposer le bilan malgré plusieurs tentatives de sauvetages. Passé tout proche de la montée en Pro D2 en 2022, le déficit budgétaire du club varois lui était finalement fatal. Une nouvelle entité, le RCHCC 83, voyait alors le jour au plus bas de l’échelle, en Régionale 3, tandis que dans le même temps, le championnat de Nationale repartait à 13, avec une certitude dès la première journée : la place de 14ᵉ et d’unique relégation directe serait déjà occupée.

En résumé : 

Hyères Carqueiranne : dépôt de bilan, nouveau départ en Régionale 3 sous le nom du RCHCC83.

495534873 122146798106488927 427145887425362887 n 1 - Fédérale, repêchage, liquidation, rétrogradation
Reparti d’une page blanche, le RCHCC 83 n’a pas tardé avant de décrocher son premier trophée de champion de Régionale 3 (@photo club)

NATIONALE 2

Poule 1 :

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour apprendre une deuxième liquidation judiciaire, une division en dessous. En effet, début octobre, un coup de tonnerre s’abattait sur le Stade dijonnais, puisqu’après seulement quatre journées de Nationale 2, le club était contraint de fermer boutique. Une faillite financière qui plongeait de nombreux joueurs, entraineurs et encadrants dans la difficulté et qui amputait la poule 1 d’un de ses éléments. Si l’équipe Espoirs a ensuite réalisé une saison historique, en enchainant les succès, elle n’a toutefois pas pu participer aux phases finales, car le club dans son ensemble a alors dû cesser toute activité.

Dans cette même poule 1, Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape, maintenu sportivement sur le fil (10ᵉ, 55 pts), a tout de même été rétrogradé administrativement en Fédérale 1, pour non-respect du plan de rétablissement financier. Cette descente forcée, qui n’a pas fait l’objet d’un appel ou d’un quelconque recours du président Bouche, profite à Macon (11ᵉ, 53 pts), avant-dernier devant le Stade dijonnais, finalement repêché de la zone rouge pour prolonger l’aventure en Nationale 2.

En résumé : 

Stade Dijonnais : liquidation judiciaire

Bédarrides Châteauneuf-du-Pape : rétrogradation en Fédérale 1

AS Macon : repêché en Nationale 2

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet
Le Stade Dijonnais, un centenaire qui s’est éteint

Poule 2 : 

Même son de cloche dans l’autre groupe, ou presque, puisque la rétrogradation du Bassin d’Arcachon, qui a fait appel, n’est pas encore définitivement actée. Encore une fois, des soucis financiers sont à l’origine de cette position défavorable, avec un « endettement supérieur au plafond autorisé » notifié aux dirigeants du club girondin dès le début de saison. Passé tout proche d’une qualification en phase finale malgré un retrait de points, le RCBA sera donc, à moins d’un étonnant revirement de situation, contraint d’évoluer en Fédérale 1 l’an prochain.

Et forcément, qui dit équipe condamnée, dit aussi équipe sauvée. Le premier reléguable de la poule, en l’occurrence Fleurance (11ᵉ, 46 pts), serait maintenu à ce niveau si la tendance venait à être confirmée. Un effet domino aux enjeux fondamentaux au moment de préparer la saison prochaine, en Nationale 2 ou en Fédérale 1. La formation gersoise est suspendue à cette décision, assise entre deux chaises.

En résumé : 

RC Bassin d’Arcachon : rétrogradation en Fédérale 1 (appel de la décision en cours)

Fleurance : repêché en Nationale 2 (attente de la décision)

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet
Fleurance pourrait être maintenu administrativement (@photo club)

FEDERALE 1

En déroulant les tableaux vers le bas, on constate que les problèmes financiers ne concernent pas uniquement les divisions semi-professionnelles et que certains clubs de fédérale ne sont pas épargnés.

En bouclant la phase régulière à la première place de la poule 1 (et même première nationale), Chartres se dirigeait avec appétit vers les phases finales de Fédérale 1. Mais l’assiette lui a été retirée sous le nez par l’Autorité de Régulation pour motif financier, et le club eurélien est passé du premier au dernier rang de son groupe à l’issue de la dernière journée. L’avenir du C’Chartres Rugby s’écrira donc en Fédérale 2 l’an prochain.

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Chartres fait grise mine (@photo club)

Dans cette même poule, en coulisses, une autre équipe passait également en conseil de discipline, à savoir le Cognac Rugby Charente. Déjà relégué administrativement la saison passée de Nationale 2 en Fédérale 1, le club charentais s’est vu infliger une nouvelle descente forcée à l’étage du dessous. Mais il n’en est rien : alors que l’on pensait voir Cognac repartir en Fédérale 2, un nouveau rebondissement a eu lieu avec le départ du président Jean-Charles Vicard. Dans un communiqué, le CRC a alors annoncé qu’il était en cessation de paiement et qu’il se dirigeait vers une liquidation judiciaire dès ce jeudi 15 mai, date de l’audience fixée au tribunal. Triste, mais malheureusement prévisible.

Ces turbulences dans la zone de relégation, secouée par ces coups de théâtre, offrent à Beauvais (11ᵉ) et à Tulle (12ᵉ) un ticket de maintien au plus haut niveau fédéral. Si du côté de l’Oise, ce repêchage semble être le bienvenue, en Corrèze, le SC Tulle, déjà sauvé pour les mêmes raisons il y a un an (à la place de Bergerac), se donne encore un peu de temps pour savoir si le jeu en vaut toujours la chandelle, d’autant plus avec un budget annoncé en baisse.

En résumé : 

Chartres : rétrogradé en Fédérale 2

Cognac : au bord de la liquidation judiciaire

Beauvais : repêché en Fédérale 1

Tulle : repêché en Fédérale 1 (attente de la décision)

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet
Tulle discute sa position (@Sophie Maurel)

Fédérale 2

Stupeur dans la poule 3, avec la relégation administrative du Club Athlétique Raphaëlo-Fréjusien pour, roulement de tambour… non-respect du plan de redressement financier, encore une fois. Dans un communiqué sur ses réseaux sociaux, le club varois s’est toutefois plaint de cette sanction qu’il juge sévère, et pas en adéquation avec sa situation (fonds propres positifs en fin de saison et délais de redressement non respectés).

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet

Quoi qu’il en soit, les Carfistes repartiront à l’échelon inférieur l’an prochain, tout comme Rochefort (poule 8). Pour « manquement à l’obligation de production de documents comptables et financiers », la formation charentaise s’est vue signifier au mois de février dernier une descente administrative, qu’elle n’a pas réfutée. Vous connaissez désormais la procédure, le malheur des uns fait le bonheur des autres : Mugron, Malemort et même Millau ont alors été repêchés en tant que meilleurs onzièmes (une place supplémentaire au jeu des cascades de descentes depuis la Nationale).

En résumé : 

Saint-Raphaël Fréjus (CARF) : relégué administrativement en Fédérale 3

Rochefort : relégué administrativement en Fédérale 3

Millau : relégué sportivement puis repêché en Fédérale 2

Malemort : relégué sportivement puis repêché en Fédérale 2

Mugron : relégué sportivement puis repêché en Fédérale 2

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Fédérale 3

En bas de l’échafaudage fédéral, toutes ces péripéties ont souri à plusieurs équipes, repêchées dans le filet, en tant que mieux classés des relégués. C’est le cas de Cadaujac, qui a récemment confirmé la nouvelle sur ses réseaux : « C’est officiel : le Rugby Club cadaujacais évoluera en Fédérale 3 lors de la saison 2025-2026 ! Le club est repêché pour occuper la place laissée vacante par une équipe ayant décliné ou s’étant vue refuser sa participation au championnat. » Tout comme pour l’autre meilleur neuvième des 16 poules, Mauvezin, repêché en lieu et place d’une formation qui n’aurait pas accepté la montée.

Pour rappel, en tout début de saison, l’Aurore de Vitré, placée dans la poule 15, avait été contrainte au forfait général, ce qui là aussi, laissait une ligne vierge à remplacer. L’immense puzzle, avec toutes ces pièces multicolores, ne sera jamais tout à fait terminé, puisque d’un jour à l’autre, de nouveaux rebondissements peuvent s’abattre sur l’échiquier de l’ovalie. Personne n’est à l’abri d’une défaillance et l’A2R veille au grain. Sans perdre du vue, que certains présidents bons gestionnaires, pourraient également refuser une montée, jugée trop coûteuse, et donc dangereuse.

En résumé : 

Aurore de Vitré : forfait général

Cadaujac : repêché en Fédérale 3

Mauvezin : repêché en Fédérale 3

Fédérales, Nationales liquidations rétrogradations et repêchages le point complet

Que se passe-t-il en Fédérale 1 ?

L’équipe de Cognac, qui avait assuré son maintien, est reléguée en Fédérale 2 pour des raisons administratives. L’équipe de Chartres, 1re de sa poule, et même première de l’ensemble des 48 clubs de la division, est également reléguée.
Combien d’autres clubs évoluent complètement hors des clous ? Cette pratique, qui consiste à mettre l’argent pour rémunérer des joueurs semi-professionnels en omettant d’assurer toutes les obligations administratives et financières imposées par cette division, a tendance à se répandre. Il est certain qu’avec des joueurs bien payés venus des divisions supérieures, il est plus aisé d’obtenir des résultats sur le terrain.

Néanmoins, tôt ou tard, ces associations sont rattrapées et sont obligées de rendre des comptes. Rappelons-nous Blagnac qui était aux portes de la Pro D2 et qui s’est retrouvé en Fédérale 1 l’an dernier. En plus de ces clubs, que l’on peut qualifier de “tricheurs”, il y a une autre possibilité pour qu’une équipe, comme Castelnaudary, soit maintenue, ce sont les refus de monter à l’étage supérieur de formations de Fédérale 2, dont les dirigeants, faisant preuve de sagesse, ont réalisé combien était haute la marche qui sépare les deux divisions.

Un recrutement bloqué, en attendant

Concernant le ROC, club très bien structuré qui présente des équipes dans toutes les catégories, des poussins aux seniors, y compris chez les féminines, il est certain que l’aventure va continuer et peu importe dans quel championnat. Seul inconvénient, l’imbroglio qui règne en cette fin de saison en Fédérale 1, empêche des dirigeants rocistes d’effectuer correctement le recrutement et, pire, de faire resigner les joueurs qui sont déjà au club. Repêché ou pas, le club chaurien attend avec impatience une décision. À suivre…

À lire aussi : Finales régionales 1, 2 et 3 Occitanie : les résultats du weekend (30 avril 2023)

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Un commentaire

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  1. L’argent gangrène le sport en général et le rugby singulièrement. Le constat est clair et même en championnat régional des clubs guères scrupuleux préfèrent ’’acheter des mercenaires’’ qu’investir dans la formation et l’école de rugby. Ils se
    contentent de faire le minimum en créant des regroupements à 4 ou 5 pour engager des équipes Cadets ou Juniors, les exemples sont légion. Il suffirait pourtant que la FFR face preuve de courage et restaure, d’une part, l’obligation d’un quota de joueurs licenciés dans un clubs depuis au moins 5 ans (même si période fractionnée), et d’autre part, l’interdiction de présenter des regroupements de plus de 3 clubs à partir de la fédérale 3.
    Ces exemples ne sont pas exhaustifs mais pourraient permettre d’améliorer la situation actuelle.