Fédérale 3 : au carrefour des quarts fous (15 juin)
Après un week-end de repos bien mérité, les huit dernières formations de Fédérale 3 encore en compétition, repartent à l’abordage du bouclier ce dimanche. Place à des quarts de finale couperets qui se disputeront sur terrain neutre, avec à la clé pour les vainqueurs, une place dans le dernier carré, à un pas de la finale nationale. Tour d’horizon des huit derniers prétendants au titre… (Par Loulou / Photo Une US Caussadaise)

Le 30 juin 2024, au bout d’une prolongation étouffante face à Servian-Boujan, Saverdun remportait le bouclier de champion de France de Fédérale 3 par la plus petite des marges (31-30). Aujourd’hui, les Ariégeois sont en course pour doubler la mise à l’étage du dessus, en intégrant à la surprise générale les quarts de finale de Fédérale 2 (face à Vinay). Les huit candidats au titre de l’édition 2025 signeraient tous pour pareil destin, mais la route est encore longue et sinueuse.
Après avoir passé les deux étapes en format aller/retour (32ᵉ puis 16ᵉ de finale), décisives pour la montée, les écuries encore en lice ont depuis un nouvel objectif dans le viseur : le bout de bois sacré. Et au moment d’écrire ces lignes, il ne reste plus que trois matchs pour rêver…
Saint-Claude – Vincennes
Galop d’essais
Le FC Saint-Claude Rugby n’aura pas tardé avant de retrouver la Fédérale 2. Un an à peine après l’avoir quittée, les Jurassiens viennent de composter leur ticket retour, au terme d’une saison aboutie. Les Sanclaudiens ont d’abord bouclé la phase qualificative à la première place de la poule 3 (bilan de 13 victoires pour 5 défaites), ce qui leur permit d’intégrer le tableau final en tant que tête de série.
Le club de la capitale mondiale de la pipe en bruyère a poursuivi son parcours sans accrocs, en remportant l’ensemble de ses rencontres en phase finale – à l’aller comme au retour en 32ᵉ face à Aix-les-Bains, tout comme en 16ᵉ face à Beaurepaire –, scellant son avenir en Fédérale 2 en signant le plus gros écart de points sur cette ultime double confrontation (+56). Les Ciel et Blanc ont ensuite continué leur route en écartant Roubaix en 8ᵉ (38-15) et se sont rapprochés encore un peu plus du bouclier avec cette étiquette de cador collée à la peau, bien qu’à ce stade de la compétition, la hiérarchie est tout aussi bancale qu’une table de jardin premier prix.
Le FC Saint-Claude, qui célébrera cet été ses 125 ans d’existence, s’est également signalé cette semaine dans la rubrique mercatovale en réalisant un gros coup : le trois-quarts fidjien Metuisela TALEBULA, l’ancien joueur de l’Union Bordeaux-Bègles et de l’Aviron Bayonnais portera en effet le maillot du FCSC l’an prochain. Il semblerait que les Jurassiens se projettent sur la suite avec l’ambition de ne pas refaire l’ascenseur…


Ce dimanche, ils prendront la direction d’Auxerre, vers les bords de l’Yonne, pour y affronter Vincennes en quart de finale. Pour atteindre ce palier, le RCV a de son côté habilement négocié son 32ᵉ de finale face à Gretz Tournan (37-36 ; 33-17), avant de passer par un trou de souris en 16ᵉ contre les Alsaciens d’Illkirch-Graffenstaden (19-18 ; 15-16). Ce succès étriqué remplissait les Franciliens de bonheur, qui étaient promus mais pas rassasiés pour autant, car en 8ᵉ, ces derniers faisaient ensuite tomber Saint-Savin (30-24). Les voici désormais à trois rencontres de s’approprier le fameux bout de « bois de Vincennes ».
Ces Val-de-Marnais, casaques blanches aux liserés jaunes et bleus, ambitionnaient une accession en Fédérale 2 en début de saison et ont su franchir chaque obstacle qui se trouvait sur leur route avec brio, tel un jockey sur l’hippodrome de Paris-Vincennes, jusqu’à valider cet objectif. Deuxièmes de la poule 1 juste derrière Roubaix, éliminé par leur futur adversaire, les Franciliens abordent donc sans complexe ce prochain défi sanclaudien.


Montélimar – Quillan Limoux
Les invités surprises
Qui a dit qu’il était préférable de terminer premier ou deuxième de son groupe à l’issue de la phase qualificative pour espérer finir sa course en Fédérale 2 ? Certainement pas l’Union Montilienne Sportive Drôme Provençal (3ᵉ poule 5), ni l’ARPAL XV (4ᵉ poule 7, passé par les barrages). Bien évidemment qu’intégrer le tableau final sans avoir à se cogner un tour supplémentaire est un avantage considérable, tout comme faire face à des équipes moins bien classées, mais le parcours de ces deux formations, promues et encore en lice en quart de finale, montre qu’il n’y a pas de chemin tout tracé.
D’un côté de cette affiche, Montélimar, double champion de France de deuxième division en 1979 et 1984, vise un troisième trophée national, 41 ans après son dernier sacre. Au pays du nougat, quatre co-présidents (Christophe Roux, Joël Duc, Romain Testud et Régis Teste) ont repris le flambeau du club drômois en 2023, avec l’objectif de lui redonner son sourire d’antan.
Pour réaliser leur souhait, les dirigeants ont installé un duo de choc aux manettes : l’ancien international tricolore Rémy Martin ainsi que Wilfrid Maccari, l’ex-entraineur d’Aubenas (chef d’orchestre notamment de la montée historique d’Aubenas en ProD2 assortie d’un titre de champion de France de Fédérale 1 en 1999), ensuite passé par le staff du Montpellier Hérault Rugby en Top 14, rien que ça. Deux ans plus tard, le binôme a su propulser la balle entre les perches, en validant une montée en Fédérale 2, avant d’envisager plus avec leurs protégés, qui se sont eux-mêmes rebaptisés les « nougats ».


De l’autre côté, l’épopée de l’ARPAL XV (Quillan-Limoux-Espéreza-Couiza) restera comme l’une des plus belles histoires de cette édition 2024/2025 de Fédérale 3, et elle n’est pas encore finie. Ce rassemblement audois, né en 2023, espérait jouer les premiers rôles, mais pas aussi rapidement. Les Arpaliens, qui jouissent d’une ferveur populaire immense et grandissante, ont enchainé les exploits durant cette saison rocambolesque, au point de s’inviter à la table centrale, parmi les grands.
Pour mieux comprendre, rembobinons de quelques semaines en arrière. Lors de la dernière journée de la saison régulière, un ballon sur le poteau après la sirène botté par La Saudrune leur permettait de finir 4ᵉ et non 5ᵉ, et de pouvoir disputer leur barrage à domicile. Lors de ce tour délicat, face à Castelnau-Magnoac, le scénario à suspense était encore une fois en leur faveur : le buteur visiteur manquait la transformation de l’égalisation à la toute dernière seconde et l’ARPAL passait d’un souffle (29-27).
En 32ᵉ, les Audois faisaient ensuite tomber Les Baronnies, un premier de poule, pour un tout petit point (29-18 – 13-3). Enfin, la montée s’est dessinée face à Rivesaltes, qui, malgré sa supériorité numérique à l’aller durant près d’une heure, n’a pas su faire déjouer ce collectif de l’ARPAL (34-17), qui terminait même le travail en beauté la semaine suivante en Catalogne (14-36).
Peu de suiveurs les attendaient à ce niveau et pourtant, les Arpaliens ont réussi la prouesse d’être la seule formation issue des barrages promue en Fédérale 2. Mieux encore, ils passèrent ensuite Saint-Marcellin en 8ᵉ (32-24), pour émarger leur nom en quart de finale… Cette fois, leurs adversaires sont prévenus : le rassemblement audois se déplace en nombre et avec plusieurs cordes à son arc.


Rodez – Caussade
L’heure des retrouvailles
Dans la poule 8, Rodez solide leader de la poule 8 (16 victoires, 1 nul, 1 défaite), a terminé la phase qualificative avec une avance considérable de 23 longueurs sur son dauphin de Caussade (12 victoires, 6 défaites). Les Rhuténois, vainqueurs à l’aller comme au retour face au Tarn-et-Garonnais (62-5 – 23-38), retrouvent ce même adversaire en quart de finale du championnat de France à Carmaux (81), avec un ascendant psychologique.
Au moment de remporter aisément ce match aller en octobre dernier à domicile face à Caussade, (8 essais inscrits à 1), les Aveyronnais étaient à mille lieux de se douter qu’ils recroiseraient ce même opposant 8 mois plus tard, pour se disputer une place dans le dernier carré national. Mais les troupes de Patrick Furet doivent savoir que les vérités de l’automne ne sont pas celles du printemps, et que c’est une tout autre formation de Caussade qu’ils croiseront ce dimanche sur le pré tarnais.
Équipe la plus prolifique de la saison régulière de Fédérale 3 avec 734 points, soit une moyenne de 40 par match, Rodez s’appuiera sur son attaque de feu pour tenter de venir à bout, pour la troisième fois de la saison, de l’US Caussadaise.


Vous vous en doutez bien, en face, la formation tarn-et-garonnaise n’est plus la même que celle qui a été balayée à Rodez en début de saison. Les Caussadais ont appris et grandi, jusqu’à retrouver la Fédérale 2, 25 années après leur dernière apparition à cet échelon. Et pourtant, au soir du match aller en 16ᵉ de finale, perdu de 10 points à domicile face à Argentat-sur-Dordogne (30-40), l’USC n’avait plus les faveurs des pronostics.
Mais lors du duel retour en Corrèze, Caussade a su renverser la table, en s’imposant 37 à 14 face à une formation de l’US Argentacoise jusque-là invaincue dans son jardin, pour ainsi écrire un des plus beaux chapitres de son histoire. Portés par la disparition de Tino Gomes, le président du club tragiquement disparu au cours de la saison, les Bleu et Blanc ont exaucé les desseins de leur ancien dirigeant, qui avait l’ambition de voir ses joueurs évoluer en Féd 2…
De là-haut, Tino Gomez doit être fier, d’autant plus que les Caussadais ont continué de faire briller les couleurs du club, en éliminant les Basques d’Emak Hor en 8ᵉ (34-28), leur offrant une revanche face à leur bête noire de Rodez. Quelle parait loin aujourd’hui, cette lourde défaite en terre aveyronnaise.


Stade Bordelais – Les Sables-d’Olonne
Le choc de l’Atlantique
Sur l’ensemble des 16 poules, c’est le RC Sablais qui accumula le plus de points durant la phase régulière. Avec 85 pions à son compteur (17 victoires dont 13 de bonifiées pour 1 défaite), les Vendéens ont alors entamé les phases finales en qualité de premiers nationaux. Un titre honorifique qui ne promet pas la lune, mais qui permet de recevoir au match retour des doubles confrontations.
Un bénéfice utile en 32ᵉ de finale, puisque les joueurs de Julien Chastanet ont eu besoin d’une belle réaction d’orgueil devant leur public pour remonter les 6 points de retards accumulés lors du déplacement à Puilboreau (31-25 – 45-12). La montée s’est ensuite jouée face à un autre club ligérien : Saint-Nazaire, qui, à la grande surprise, venait de faire tomber un costaud : Parthenay.
Et les Azur et Blanc n’ont pas vacillé au moment de conclure, en ne laissant aucune chance au SNO dès la manche aller, en s’imposant nettement à l’extérieur (11-37 avec bonus offensif). Au retour, les Sablais prenaient le grand large (53-17) et validaient un moment historique pour le club, enfin promu en Fédérale 2 après plusieurs tentatives manquées. Pour la première fois, la Vendée aura donc deux pensionnaires à cet étage, car le RCS rejoint son voisin de La Roche-sur-Yon.
On aime à imaginer que ce cru des Sables d’Olonne s’est inspiré des intrépides marins du Vendée Globe, qui sillonnent les océans en réalisant le tour de l’Antarctique au départ et à l’arrivée du port de plaisance Olona de sa cité côtière. Au sein de ce vestiaire multiculturel, les Joyaux du RCS n’ont certes pas encore le palmarès de Michel Desjoyeaux (navigateur français le plus titré sur le Vendée Globe avec deux succès), mais ils n’ont jamais été si proches de toucher le planchot national. Car en venant à bout de Caen au tour précédent (35-10), les Sablais ont pris le quart, face au Stade Bordelais…


Au Stade bordelais, justement, il n’y a pas que les Lionnes qui rugissent. Les féminines du club viennent en effet de signer un troisième titre de championne de France d’Elite 1 consécutif, mais les Lions, aussi, vivent une saison mémorable. Au terme d’un duel étriqué et engagé en 16ᵉ de finale, les Bordelais ont résisté aux assauts de Poitiers (22-25 – 23-17), pour ainsi valider leur promotion, quelques semaines après avoir écarté Plouzané avec autorité en 32ᵉ (36-10 – 12-33).
Dans leur antre de Sainte-Germaine en fusion où les Girondins n’avaient plus perdu depuis le 15 septembre dernier (face à Léognan, une formation éliminée en 32e par… Poitiers), la victoire synonyme de montée pouvait être célébrée par toute la famille du Stade Bordelais. Mais l’appétit des Lions n’était pas rassasié, et Bagneux l’apprenait à ses dépens en 8ᵉ de finale (48-12). Direction Surgères, dimanche, pour un nouveau choc face aux Sablais.


Le tableau final :


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