Champ. de France Promotion Régionale 3 : Parentis a « Uchaud » mais s’adjuge le titre
Ce weekend se disputait la finale du championnat de France de Promotion Régionale 3 (nouvelle compétition lancée par la FFR pour les équipes non qualifiées pour le championnat de France, et classées de la 4ème à la 8ème place de leurs poules). Après avoir pris le meilleur en demi-finale sur le Rugby Olympique Mayennais (47-24), les Gardois du Stade Uchaudois affrontaient les Landais du Parentis Sport Rugby, tombeurs pour leur part (31-13) du Club Olympique Tauch Corbières. Un sacré duel en perspective… (Par Marco Matabiau/ Photos Alain Montségur)
Le match
Dans la fournaise du Stade Gustave-Plantade, les deux formations attaquaient la rencontre pied au plancher, chacune souhaitant marquer son territoire et faire comprendre à son adversaire du jour que le moindre mètre allait devoir se gagner dans la douleur. Les Landais optaient ensuite pour le large, sur lequel l’arrière Bouillère jouait rasant pour son ailier Pacaud et poussait le demi de mêlée gardois Bonastre à effectuer un judicieux repli défensif.


La bataille dans le jeu au sol faisait également rage: après un plaquage de Mesplet, Valette grattait sur le capitaine Deschamps. La pénalité obtenue était tentée mais manquée par Bouillère (6ème). Nouveau rasant de Bouillère, décidément dans tous les bons coup lors de cette entame. Cette fois, c’est Platet qui assurait la couverture (11ème). Dominés, les Gardois accumulaient les fautes. Le troisième ligne Gaasch Schenk écopait d’un carton jaune (15ème).


De quoi donner des idées aux hommes du PSR. Progression dans l’axe, quelques plaquages cassés, puis, bénéficiant de l’avancée, Lamaison servait son capitaine Leven. Le troisième ligne passait en force et allongeait le bras pour l’essai (5-0, 23ème). Pas question de relâcher la pression côté landais: nouvelle remontée de Bouillère. Décalé, Engard débordait avant de resservir le deuxième ligne Darribey. La passe était toutefois jugée en avant par Monsieur Flores. Ce n’était là que partie remise.


A la demi-heure, lancement autour de la mêlée, puis Lamaison alertait ses trois-quarts. Manœuvrant devant le rideau uchaudois, Bouillère décalait son ailier Pacaud, qui marquait en coin (10-0, 31ème). C’est le moment que choisissait les derniers supporters « Noir et Blanc » pour arriver au stade, tout comme la banda d’ailleurs. Ils avaient en effet dû prendre leur mal en patience, bloqués à quelques kilomètres de là à cause d’une durite défaillante.


Au tour désormais d’Uchaud de montrer le bout de son nez. Percée du trois-quart centre Ferrari, relais des avants, qui pilonnaient la ligne. Rien n’y faisait. La pénalité obtenue était tout de même convertie en points par Canino, entré en jeu quelques minutes auparavant (10-3, 35ème). Plus rien n’était inscrit jusqu’à la pause. Un break on ne peut plus mérité pour les 30 courageux acteurs.


Parentis en contrôle, Uchaud s’épuise
La seconde période débutait pas un grattage au sol de Bouzigue sur la première offensive landaise. De bon augure, d’autant plus que dans la foulée, la « cocotte » gardoise faisait mal. Cependant, la pénaltouche obtenue ne donnait rien, Blanc (tout juste entré en jeu) contrant dans l’alignement. La chaleur faisait souffrir les organismes, notamment celui du capitaine uchaudois Deschamps. Perclus de crampes, il devait céder son poste à Marquet.


A un peu moins de 30 minutes du terme, Bouillère, encore lui, allait souffler le froid sur Uchaud, convertissant coup sur coup deux pénalités, donnant par-là même 13 unités d’avance à ses couleurs (16-3, 54ème). Les « Jaune et Vert » tentaient bien de varier les plaisirs, essayant de passer par les ailes, mais Bouzigue se faisait reprendre. Les transmissions, la fatigue aidant, se faisaient de moins en moins précise. Difficile dans ces conditions de mettre à mal le redoutable rideau parentissois.


A l’approche du dernier quart d’heure, une petite altercation éclatait entre les deux paquets d’avants. Monsieur Flores voyait jaune pour Mesplet et rouge (et non pas jaune, un comble) pour Ricard (65ème). Parentis occupait ensuite le camp par l’entremise de Courtois, récemment entré, auteur d’une splendide « 50-22 ». Ce même Courtois prenait ensuite sa chance, et pourquoi le blâmer? Il claquait, depuis la mi-terrain, un drop XXL qui climatisait pour de bon l’équipe et le public gardois (19-3, 75ème). L’arrière y allait même d’une ultime pénalité dans les arrêts de jeu, confirmant la victoire des siens (22-3, 80ème + 1).


Héroïques ne serait-ce que pour avoir disputé cette rencontre dans une chaleur à la limite du supportable, les deux équipes ont proposé un solide affrontement avec, à la base de celui-ci, une belle opposition de style. Uchaud, dans les pas du troisième ligne Borel et du capitaine Ponsy, a souvent fait donner ses avants, bien plus lourds que leurs homologues. Les joueurs de Flavien Girard, Alban Meunier et Anthony Rodriguez n’ont néanmoins jamais réussi à faire sauter le verrou landais, se fracassant portée de balle après portée de balle sur la défense adverse. La meilleure volonté du monde n’aura pas suffi pour remporter le titre, ce qui ne remet toutefois nullement en cause le superbe parcours des Gardois.


Quelques mois seulement après la fin de leur association avec le club voisin de Labouheyre, les hommes de Sébastien Nogues, Julien Engard et Ion Garcia remportent un titre national, une première depuis près de 30 ans pour PSR. Plutôt adeptes d’un jeu vers le large, les Noir et Blanc n’ont jamais réellement tremblé, s’appuyant sur une défense des mieux organisées et piquant dans leurs temps forts. Bouillère, par ses relances et son jeu au pied, a été l’un des grands artisans du succès des siens. Un succès qui, à n’en pas douter, en appelle d’autres, tant le groupe semble taillé pour bien plus encore.


Réactions
Ion Garcia (Entraîneur, Parentis) : « Quelque chose d’énorme. Un match super dur, avec la chaleur, l’intensité. On s’est tous retrouvés au mois d’avril, avec les plus vieux. On s’est dit qu’on pouvait remonter quelque chose cette année. On savait que ça allait être dur, puis des joueurs sont arrivés en juillet et août. On sentait qu’on pouvait faire quelque chose. La mayonnaise a pris. Les gars sont adorables, super faciles à entraîner. Des générations en or. C’est l’aboutissement de beaucoup de travail et de beaucoup de plaisir. Côté plaisir justement, ce n’est que le début. On va faire une bringue grandiose ».


Flavien Girard (Entraîneur, Uchaud) : « Une rencontre compliquée face à une équipe qui joue très vite et très fort derrière. Ils ont des joueurs très athlétiques. Devant, on était au-dessus dans l’agressivité et dans le combat en première mi-temps. On craque un peu sur la deuxième période. Rien à dire de plus. On a fait notre match, on est vice-champions de France. Cela reste une très belle saison ».


Vincent Lamaison (Demi de mêlée, Parentis): « On est heureux. Cela fait 25 ou 30 ans que ce n’était pas arrivé. A Parentis, tout le monde attendait ça. Cela fait beaucoup de bien, mais c’était dur ».


Tom Llabres (Trois-quart centre, Uchaud): « On leur laisse trop d’occasions. Quand on est dans leur camp, on lache des ballons. On ne se tient pas à notre plan de jeu. Chacun veut faire la sienne. Sur une finale, c’est le plus sérieux qui gagne ».


Jean-Baptiste Villetorte (Trois-quart centre, Parentis): « Le club était en fusion jusqu’à l’an dernier. On est repartis d’en bas. On s’était promis que si on repartait du premier niveau, il fallait absolument un titre de champion de France. On se l’est fait, petit à petit. Les anciens ont repris. Une jeune génération douée. De match en match, on a pris confiance. Aujourd’hui, ce n’est pas qu’une équipe qui gagne, mais tout un club, toute une ville. On attendait ça depuis 1998. Cela récompense toutes les générations de joueurs passées avant nous ».


Feuille de match
A Saint-Orens-de-Gameville (Stade Gustave-Plantade): Parentis Sport Rugby bat Stade Uchaudois Associatif Rugby Club 22 à 3 (mi-temps: 10 à 3)
Arbitrage: M. Matthieu Flores assisté de MM. Christophe Marchand et Rémi Llopis (Ligue Occitanie).
Cartons jaunes: à Uchaud, Gaasch Schenk (15ème); à Parentis, Mesplet (65ème).
Carton rouge: à Uchaud, Ricard (65ème).
Pour Parentis : 2 essais Leven (23ème), Pacaud (31ème), 3 pénalités Bouillère (51ème, 54ème), Courtois (80ème + 1), 1 drop Courtois (75ème).
Pour Uchaud : 1 pénalité Canino (35ème).
Composition Parentis : Bouillère; Engard, Lescarret, 23 Villetorte, Pacaud; Soules (o), Lamaison (m); Valette, Mesplet, Leven (cap) ; Lamarque, Darribey; Peboscq, Pauillac, Pilat.
Sur le banc: Bestaven, Alfonso, Blanc, Brune, Duvignac, Courtois, Evangelisti.
Entraîneurs: Sébastien Nogues, Julien Engard et Ion Garcia.
Composition Uchaud : 25 Gelly; 24 Platet, Ferrari, Llabres, Lafon; Hantz (o), 27 Bonastre (m); Deschamps (cap), Borel, Gaasch Schenck; Ponsy B., 30 Ponsy N. (cap); 22 Ricard, Breton, Pradeau.
Sur le banc: Herrero, 3 Ponsy M., 19 Marquet, 4 Venzal, Sence, 14 Bouzigue, 15 Canino.
Entraîneurs: Flavien Girard, Alban Meunier et Anthony Rodriguez.






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