Reportage – Kevin Bralley, 26 ans et déjà une décennie au sifflet

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Ils sont essentiels à la bonne tenue d’un match. Qu’ils soient en noir (vert, jaune ou rose, c’est selon), ils sont nombreux les amoureux du ballon ovale qui ne peuvent poursuivre leur carrière de joueur, et se tournent ainsi vers l’arbitrage. Un bon compromis pour rester au coeur du jeu et le meilleur moyen de continuer à vivre sa passion. Il y a tout juste dix ans, Kevin Bralley a choisi cette voie. Le Tarnais trace sa route depuis, sans limites… (Par Marco Matabiau)

Né en 1995, l’Albigeois débute le rugby à l’âge de cinq ans. En cadets, il commence à arbitrer, conjuguant jeu et arbitrage pendant deux saisons. Puis une commotion le force à arrêter: “A chaque plaquage, j’avais la tête qui tournait. J’ai pris une sage décision”. Tout juste le temps d’attraper son sifflet qu’il décroche son premier trophée, celui du meilleur arbitre du Tournoi Groupama disputé à Villefranche de Rouergue en juin 2011. Il devient ensuite arbitre en cours de formation pendant un an (deux heures le vendredi soir, une fois par mois) puis passe l’examen de stagiaire. Jusqu’à sa majorité, il officie chez les jeunes et il est promu arbitre territorial à ses 18 ans. S’en suit le concours du jeune arbitre en 2015 (alors ouvert aux moins de 23 ans, aujourd’hui aux moins de 25). Il termine parmi les douze meilleurs français à l’écrit et passe son oral en juin 2016 à Canet en Roussillon, le lendemain d’un certain Racing 92 – RC Toulon disputé au Camp Nou de Barcelone.

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Le dimanche à 15 heures: un moment toujours un peu particulier (Photo Perso).

Kevin se souvient de ses débuts en Fédérale: “Mon premier match de F3, c’était un Castejaloux – Puilboreau. J’étais accompagné de mon superviseur Robert Bosc. Cela s’était plutôt bien passé”. En septembre 2017, il est promu en Fédérale 2 : “On arbitre un ou deux match de F2 par mois. Le reste du temps, on est sur les Crabos, 4ème arbitre en Pro D2 ou 5ème en Top 14. On peut aussi faire la touche en F1”. Des expériences multiples qui permettent au jeune arbitre d’étoffer sa palette : “Quand on arbitre à la touche au niveau supérieur, même si les observables sont différents, on peut apprécier les impacts plus forts, la plus grande vitesse de jeu. C’est très intéressant et formateur”.

Trois saisons passées en Fédérale 2 et, au début de l’exercice 2020/ 2021, la promotion en Fédérale 1. En ouverture: Hyères-Carqueiranne contre Berre l’Etang. Toutefois, la saison tourne court: “Je n’ai pu arbitrer que deux matchs. Ensuite, le deuxième confinement a mis un terme au championnat”. Il continue tout de même avec les Espoirs et, fin janvier, il est appelé pour arbitrer en Nationale. Son match inaugural voit s’opposer Cognac Saint-Jean d’Angely et Dijon. Il enchaine avec Dax – Aubenas en avril et retrouve Dijon face à Massy au mois de mai.

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Avant la rencontre Cognac Saint Jean d’Angely contre Dijon en compagnie du Carmausin Joachim Régis (à gauche) et du Limousin Maxime Rouquié (à droite). L’arbitrage est aussi un travail d’équipe (Photo Pix ‘N’ Clic Création).

“Ce serait quand même triste de ne pas avoir d’ambition quand on n’a que 26 ans”

Même s’il avoue officier par pur plaisir, Kevin n’en assure pas moins une préparation optimale: “Avant les rencontres, je travaille beaucoup sur la vidéo. Je regarde les trois à cinq derniers matchs disputés par les équipes que je vais arbitrer. Pas pour voir quel joueur je vais sanctionner ou ce genre de chose. Non. Au contraire, cela me donne une vision générale et globale de la façon dont chaque équipe joue et me prépare à arbitrer telle ou telle situation. De quoi être le moins surpris possible”. Evidemment, l’Albigeois est supervisé lors de chaque sortie et échange régulièrement avec son coach (qui le suit depuis plus de deux saisons), le Tyrossais Thierry Devais. Mais comme il le dit lui-même : “Le match appartient au joueurs. Je ne suis là que pour les accompagner”.

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Qu’elle soit physique ou mentale, la préparation tient une part essentielle dans l’approche de Kevin Bralley (Photo Perso).

Et après ? En toute humilité, Kevin avoue : “Je travaille pour aller au maximum de mes capacités. Le but est évidemment de gravir le plus d’échelons possible. Ce serait quand même triste de ne pas avoir d’ambition quand on n’a que 26 ans”. Une ambition qui ne se limite pas à sa seule personne. En effet, Bérénice Loubet, sa compagne, vient de terminer deuxième au concours national du jeune arbitre. Licenciée à Montredon Labessonnié (tout comme Kevin), club dont son père David, est l’entraîneur reconnu, elle officie le plus souvent sur les terrains du championnat Honneur, et pourra le faire en fédérale 3 désormais. Elle était aussi la cinquième arbitre de la demi-finale d’Elite 1 féminine entre Romagnat et Montpellier. On imagine donc aisément que les discussions autour de la volaille du dimanche (ou du samedi plutôt dans ce cas) ne doivent pas tourner bien loin de la balle ovale…

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