Reportage – Gramat : « Un mariage de 2 ans, un amour pour la vie », après son entente avec le RCBBV
Proie à des difficultés d’effectif majeures en 2023, la Jeunesse Sportive Gramatoise s’est alors rapprochée de son voisin du RC Bretenoux Biars Vayrac afin d’établir une entente, le temps de se remettre sur pied. Une opération réussie avec succès, car depuis cet été, Gramat est réapparu seul dans les classements de la Fédération Française de Rugby, en Régionale 3 Occitanie. Auteur d’un retour abouti à la compétition, la JSG a rapidement retrouvé des couleurs en faisant notamment fructifier ses deux ans d’alliance avec le RCBBV46, avec qui un lien indéfectible est désormais tissé…(Par Loulou / Photos A. Marie)

Gramat et le RCBBV :« Un mariage de deux ans, un amour pour la vie »
En pleine campagne lotoise, quelque part dans l’immensité de verdure du parc naturel régional des Causses du Quercy, à Gramat, une belle histoire s’écrit entre équipes voisines. « Un mariage de deux ans, un amour pour la vie », peut-on aujourd’hui lire sur les murs des clubs houses de la Jeunesse Sportive Gramatoise et de celui du RC Bretenoux Biars Vayrac. Cette déclaration pleine d’affection est gravée sur un cadre dans lequel un maillot de chaque formation a été coupé en deux, puis recousu pour n’en faire qu’un. Cet acte symbolique, réalisé lors d’une soirée cow-boy bien arrosée, marque une union de deux ans qui a permis à la JSG de se relever, après avoir mis un genou à terre.
Si la fête et les sourires ont bien fait leur retour dans les locaux gramatois, l’ambiance n’a pas toujours été au beau fixe ces dernières saisons. En aout 2023, la structure lotoise s’est retrouvée dans l’incapacité d’aligner une équipe complète, un souci récurrent en bas de la pyramide de l’ovalie, qui a bien failli engendrer un arrêt total. Une période sombre que Julien Larrue, l’entraineur actuel des avants, nous évoque plus en détail : « Comme beaucoup de petits clubs de campagne, on a connu des problèmes d’effectif et on a pas eu d’autres choix que de faire une Entente. On ne voulait surtout pas placer le club en sommeil pour ne pas mettre en péril notre école de rugby, ainsi que notre pôle jeunes, qui fonctionnent super bien. »

« Les deux années se sont super bien passées, autant sportivement qu’humainement »
Au bord du gouffre, Gramat a alors cherché de l’aide autour de lui, comme nous le raconte le coach. « On souhaitait se rapprocher d’un club qui avait sensiblement les mêmes valeurs que les nôtres. Et celui du coin qui nous ressemblait le plus, dans l’approche du rugby, dans la formation et dans l’état d’esprit, c’était le RC Bretenoux Biars Vayrac (Régionale 1). Il y a eu un vote et derrière, ils ont gentiment accepté de nous tendre la main. » Cet élan de solidarité remarquable accoucha d’une belle aventure entre Lotois :
« Les deux années se sont super bien passées, autant sportivement qu’humainement. Les joueurs et les dirigeants sont toujours en contact régulier, un lien fort s’est créé. Mais on s’était toujours dit que c’était une entente et non une fusion, et que notre objectif était de pouvoir remonter le club à Gramat dès que l’on en aurait l’occasion. On se gardait cette opportunité et le RCBBV de son côté était d’accord pour nous laisser partir sans retenir de joueurs », précise Julien Larrue, avant d’ouvrir le chapitre renaissance de la JSG.

Occitanie – Le RC Bretenoux-Biars-Vayrac sauve Gramat du forfait
« On s’est rendu compte que le rugby avait manqué à la vie locale »
« La décision de repartir à Gramat est venue des joueurs, qui avaient ce désir de remonter leur club formateur. Ils avaient un sentiment de revanche à prendre, car ce n’est pas facile de faire partie de la génération qui a engendré l’arrêt de la compétition de l’équipe fanion. Ils ont vite senti une émulation autour d’eux et puis nous, les dirigeants, on a ensuite pris le relais. On ne savait pas trop où on allait au départ, mais tout se reconstruit petit à petit. » Accompagné de Patrice Védrunes, qui s’occupe des arrières, Julien Larrue, déjà présent sur le banc gramatois avant la pause forcée, est reparti avec un groupe jeune et motivé :
« Pas mal de joueurs ont repris, d’autres se sont présentés d’eux-mêmes. Le bouche à oreille a bien fonctionné, bien que 90 % de l’effectif viennent du bassin gramatois. On tourne à une quarantaine de licenciés avec un groupe très jeune dont la moyenne d’âge doit être autour des 22 ou 23 ans. On redémarre d’une page blanche, même si l’on retrouve un noyau de joueurs qui n’a jamais arrêté de jouer », décrit le technicien de 46 ans, passé par les staffs de Saint-Céré ainsi que Beaulieu-sur-Dordogne.


Très vite, le ballon ovale retrouve sa place à Gramat et l’engouement refait surface les jours de match au stade Pierre-de-Coubertin. « On s’est rendu compte que le rugby avait manqué à la vie locale. On a reçu énormément de soutien, avec des sponsors et des partenaires qui nous ont proposé de nous suivre, de nous aider autour de l’infrastructure du stade, notamment en mettant en place un nouvel affichage électronique du score. Toute cette émulation pousse grandement les joueurs à performer », nous confie Julien.


Un retour à la compétition réussi pour la JSG
Performer ? C’est exactement ce qu’ont fait les troupes du capitaine Titouan Larnaudie en cette entame d’exercice, en remportant leurs six premiers duels. « La force de notre début de saison vient à la fois de cet aspect de reconquête, avec une vraie cohésion de groupe, mais aussi du fait que les gars ont progressé du côté de Bretenoux, en accumulant du temps de jeu en Régionale 1. D’ailleurs, certains ont même toujours une double licence avec eux, ce qui prouve qu’il existe encore une passerelle entre les deux clubs », insiste l’entraineur, satisfait par ces premiers résultats, sans pour autant s’enflammer :
« Même si le début de saison est positif, on garde les pieds sur terre. On a eu un début de championnat sans déplacements, donc on se doit de rester humble. Je ne suis pas surpris par les performances et l’engagement des joueurs, je savais qu’il y avait un gros potentiel, mais on peut encore mieux faire. On découvre nos adversaires au fil des matchs et on avance pas à pas. » La première embuche s’est ensuite présentée sur le chemin de la JSG, avec une première défaite sur le terrain de L’Honor de Cos (21-9), avant d’arracher un nul face à Valence-d’Albigeois (21-21), deux autres cadors de cette poule 5.


Cet élan positif permet de construire un projet sur le long terme, avec des ambitions sportives séduisantes. « Notre objectif, c’est de se qualifier pour les phases finales. Même si on se le dit à demi-mot, on aimerait bien faire remonter le club en R2, en reconstituant une réserve. Mais c’est encore difficile de se projeter puisque l’on vient de repartir d’une page blanche, on y verra donc plus clair après les fêtes. Notre ambition sur le long terme, c’est aussi de se reconnecter avec notre formation, en bénéficiant des efforts que l’on fait autour de l’école de rugby et d’avoir des juniors qui montent chaque année avec nous », conclut Julien Larrue, au cœur d’un projet de renaissance qui se lance à merveille.
La JSG n’est pas prête d’oublier sa lune de miel avec le RCBBV, dont le mariage de deux ans aura été salvateur pour les générations futures lotoises. Si les deux premières mi-temps ne sont plus partagées sur le terrain par ces tourtereaux, ne vous inquiétez pas, les troisièmes sont toujours communes, car les deux clubs sont liés d’un « amour pour la vie »…




