Carnet noir : le RC Saint Quentinois rend hommage à Xavier Martinez, son 2ème ligne victime d’un accident de la route
Le Rugby Club Saint Quentinois, dans le Gard, est en deuil depuis mercredi dernier, jour d’un terrible et dramatique accident de la route, dont son emblématique deuxième ligne, Xavier Martinez, a été victime…


« Sur le terrain comme en dehors, il avait ce talent rare : rendre les gens meilleurs sans jamais leur faire la leçon. »
ll venait de soulever le bouclier du terroir gardois le mois dernier. Un mois de mars durant lequel il venait de fêter ses 45 ans. Xavier Martinez, dit « Marti » pesait énormément dans le vestiaire des damiers noirs et blancs. Et nulle métaphore avec son physique hors normes, juste une vérité absolue d’un mec bien, dont tout club se félicite de compter dans ses rangs. Un coeur gros comme ça donc, qui s’est arrêté de battre la semaine dernière à cause d’une voiture qui lui a coupé la route, celle qui le menait à l’entraînement, au guidon de sa moto.
L’émotion était vive dimanche dernier quand ses copains ont joué et remporté ce match de Coupe d’Occitanie, qui ouvrait les portes du championnat de France. Et celles d’un paradis qui accueille bien trop tôt un mec bien, un de plus. Depuis le drame, Xavier a reçu de témoignages de soutien, et de nombreux hommages. Le RSCQ, dans la peine absolue, s’est fendu d’un éloge funèbre poignant, que nous vous partageons pour rendre hommage à notre tour à Xavier.
A sa famille, ses proches et l’ensemble du club, RugbyAmateur présente ses plus sincères condoléances.
« Plus qu’un joueur, Marti, c’était un peu notre tricheur préféré. Pas du genre à gratter des points, non, plutôt du genre à gratter des sourires, à voler les cœurs et à distribuer de la bonne humeur sans jamais compter.
Sur le terrain comme en dehors, il avait ce talent rare : rendre les gens meilleurs sans jamais leur faire la leçon. Il encourageait, il soutenait… et parfois, il râlait un peu aussi, mais toujours avec ce regard qui disait : « t’inquiète, on est ensemble ». Et au fond, c’est ça qu’on retiendra : avec Marti, on était toujours dans la bonne équipe.
Alors non, Marti ne faisait pas vraiment partie de ceux qui courent partout. Disons qu’avec ses 144 kilos, il avait une autre vision du jeu : plus stratégique, plus posée, très posée même. Mais étrangement, on pouvait toujours compter sur lui au bon moment.
Et puis il y avait ses petites habitudes. Son petit Ricard avant les matchs à la maison. Un seul, officiellement. Faut bien partir sur de bonnes bases, après tout.
Sur le terrain, il avait aussi un autre talent… On avait notre petit marabout, enfin, notre GRAND marabout. Un doigt tordu ? «Attends, bouge pas à 3… » 1, 2… ah non, c’était à deux… et hop, le doigt était remis en place. Pas sûr que la médecine valide, mais avec lui, bizarrement, ça marchait toujours.
Un jour, il avait dit : «J’ai jamais eu de carton rouge. » Deux semaines après, bing, premier carton rouge. Comme quoi, même là-dessus, il savait nous surprendre jusqu’au bout.
Aujourd’hui, c’est toute une famille qui est là. Une famille un peu cabossée, un peu silencieuse, ce qui, soyons honnêtes, ne lui ressemble pas du tout. Parce que Marti, lui, c’était le bruit des vestiaires, les blagues un peu douteuses, et ces moments où on riait tellement qu’on en oubliait le score.
Alors oui, il va nous manquer. Terriblement. Mais on le connait ; s’il nous voit trop tristes, il doit déjà être en train de lever les yeux au ciel en disant qu’on abuse,
Marti, on te promet une chose : on continuera à jouer, à rire, à se chambrer, et à penser à toi à chaque fois qu’on fera une passe un peu trop optimiste. Parce qu’au fond, ton plus grand exploit, ce n’était pas sur le terrain. C’était dans nos vies. Et ça, même la mort n’a pas réussi à nous le prendre.
Et maintenant, on va faire comme il aurait voulu : sans chichi, On lève notre verre de Ricard, un seul, officiellement, à ta mémoire Marti. Et promis, si quelqu’un en prend un deuxième, on dira que c’est de ta faute. »













