Que manger 24h avant un match de rugby amateur ?
En bref. La performance du dimanche se prépare dès le samedi midi. Pour un joueur de rugby amateur, manger avant un match n’est pas une corvée, mais le plein d’énergie nécessaire pour encaisser 80 minutes de combat. L’objectif est simple : saturer les réserves de glycogène (votre carburant musculaire) et assurer une digestion facile pour éviter les ballonnements ou les « coups de pompe » pendant la rencontre. On joue avec le ballon, mais pas avec son assiette : ni régime strict, ni festin gargantuesque. La clé, c’est l’équilibre et l’anticipation.
On entend souvent tout et n’importe quoi dans les vestiaires. « Mange des pâtes, ça te tiendra au corps », « Surtout pas de viande, c’est trop lourd ». Alors, concrètement, on met quoi dans son assiette 24 heures avant le coup d’envoi pour être au top ? On fait le point…

Que mettre dans son assiette la veille de match ? : voici les 3 piliers à connaître
L’alimentation des 24 heures précédant le match doit s’articuler autour de trois objectifs nutritionnels précis :
- Faire le plein de carburant (glucides). C’est la priorité absolue. Vous devez remplir vos stocks de glycogène. Privilégiez les féculents à indice glycémique modéré pour une énergie durable : riz basmati, pâtes complètes, quinoa, patates douces. Ils doivent constituer la moitié de votre assiette lors des deux ou trois derniers repas.
- La recharge en eau (Hydratation). Buvez, buvez, buvez. Commencez à vous hydrater régulièrement dès le samedi matin. L’eau est essentielle pour éviter les crampes et optimiser le fonctionnement musculaire. Une urine claire est le meilleur indicateur de votre niveau d’hydratation.
- La facilité de digestion (Protéines maigres et peu de gras). Vos repas doivent être simples. Évitez les sauces, les fritures, les viandes grasses (saucisses, charcuterie) et les excès de fibres (légumes secs en trop grande quantité) qui ralentissent la digestion et peuvent causer des troubles gastriques pendant le match. Et non, comme vous vous en doutez, il n’y aura pas de steak frites au menu…
Exemple de menu type pour le samedi
Voici un menu type équilibré pour un joueur de rugby amateur :
Samedi midi (Le repas de charge) :
- Une belle portion de féculents (riz basmati ou pâtes semi-complètes).
- Une portion de protéines maigres (poulet grillé, poisson blanc, steak haché 5%).
- Une petite quantité de légumes cuits (haricots verts, carottes) pour la digestion.
- Un filet d’huile d’olive.
- Un fruit ou un yaourt nature en dessert.
- De l’eau à volonté.
Samedi soir (Le repas léger et facile) :
- Une portion de féculents, moins importante que le midi.
- Des protéines maigres ou une omelette.
- Évitez les crudités et les aliments épicés.
- Un laitage ou un fruit cuit.
- Buvez régulièrement de petites gorgées d’eau.


Les fausses bonnes idées : ce qu’il faut éviter
Le rayon « mythes de vestiaires » est encore une fois bien fourni :
La « pasta party » gargantuesque la veille au soir : c’est une erreur classique. Manger trop de féculents en un seul repas le samedi soir va surcharger votre système digestif. Vous risquez d’être lourd au réveil et de mal dormir, ce qui est contre-productif. Répartissez l’apport sur les deux derniers repas.
L’abus de boissons sucrées et énergisantes : ces boissons provoquent un pic de glycémie suivi d’une chute brutale (l’hypoglycémie réactionnelle). Elles ne sont pas adaptées à la phase de préparation et augmentent les risques de troubles digestifs.
Les aliments nouveaux ou épicés : ce n’est pas le moment de tester une nouvelle recette exotique ou de manger très épicé. Tenez-vous en à des aliments que vous savez digérer facilement. La règle d’or est de ne pas prendre de risques avant un match.
L’excès de fibres : les légumes crus, les légumineuses (lentilles, pois chiches) et les aliments complets en trop grande quantité peuvent provoquer des ballonnements et des gaz. Limitez-les lors du dernier repas.
Le piège du dernier moment : quel timing pour le dernier repas ?
C’est un point clé, souvent négligé. Manger trop tard ou trop près du coup d’envoi va irrémédiablement perturber votre digestion. L’énergie que votre corps devrait consacrer à vos muscles sera mobilisée pour digérer.
La règle : votre dernier repas complet (le petit-déjeuner si le match est à 15h, ou le déjeuner si le match est en soirée) doit être terminé 3 heures avant le coup d’envoi.
Si le match est à 15h00, prenez un petit-déjeuner complet vers 8h00, puis une petite collation (une banane, une barre de céréales) vers 11h30 si vous avez une petite faim. Si le match est à 18h00, prenez un déjeuner complet vers 13h00, puis une collation vers 15h30.
Le casse-tête du repas du midi : faire le plein de carburant ou légèreté ?
Le déjeuner précédant le coup d’envoi mérite une attention toute particulière. Tout dépend de l’horaire de votre rencontre : si le match a lieu l’après-midi (vers 15h), ce repas se transforme en une collation finale ou un petit-déjeuner renforcé pris très tôt, tandis que le véritable « repas du midi » classique est réservé aux matchs du soir (vers 18h ou 20h). Dans ce dernier cas, il doit faire office de carburant principal : une assiette copieuse de féculents faciles à digérer, accompagnée d’une portion modérée de protéines et d’un minimum de graisses, pour arriver sur le pré avec le ventre léger mais le réservoir plein.
En résumé
Pour être au top le dimanche, l’alimentation des 24 heures avant le match doit être simple, progressive et facile à digérer. Le mot d’ordre est l’anticipation : faites le plein de féculents et d’eau sur les deux derniers repas, évitez le gras et les excès de fibres, et respectez un délai de 3 heures pour votre dernier repas. N’oubliez pas, vous ne gagnez pas le match dans votre assiette, mais vous pouvez le perdre en ne respectant pas ces principes…
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un nutritionniste diplômé, en particulier si vous avez des besoins ou des contraintes spécifiques.
FAQ Foire aux questions ?
Que manger au petit-déjeuner si le match est l’après-midi ?
Un petit-déjeuner complet est indispensable. Privilégiez des glucides à digestion lente (pain complet, flocons d’avoine), une source de protéines (œuf, jambon, fromage blanc), une boisson (thé, café, jus de fruit) et un fruit. Évitez les pâtisseries et les céréales sucrées.
Est-il utile de prendre des compléments alimentaires type vitamines la veille ?
Non, une alimentation équilibrée suffit à couvrir les besoins en vitamines. La prise de compléments ne présente pas d’intérêt spécifique pour la performance sur un match unique si vous mangez correctement.
Puis-je boire du café le matin du match ?
Oui, une tasse de café est possible pour les habitués. Elle peut même aider à la concentration. Cependant, évitez l’excès de caféine qui peut augmenter le stress et provoquer des troubles digestifs.
Que manger si je suis stressé et que je n’ai pas faim ?
C’est normal. Forcez-vous à manger une petite quantité d’aliments faciles à digérer (riz, banane, yaourt) pour ne pas partir le ventre vide. L’hydratation est également primordiale, même si vous n’avez pas faim.
Quels aliments privilégier pour la collation d’avant-match (3h avant) ?
Une collation simple et facile à digérer est idéale : une banane, une compote, une barre de céréales, ou un petit sandwich. L’objectif est de maintenir votre glycémie sans surcharger votre estomac.













