Portrait féminin – À la découverte d’Oanell Le Tallec, l’atout breton des Valkyries Normandie (Élite 2)
Coup de projecteur sur le rugby féminin, à travers une série de portraits de joueuses seniors. Pour ce premier épisode, nous prenons la direction de Rouen, où évoluent les Valkyries Normandie (Élite 2), afin de partir à la découverte d’Oanell Le Tallec. Durant cette interview, la Bretonne d’origine retrace son parcours, évoque les ambitions de son club pour la saison en cours et livre son avis sur l’évolution du rugby féminin. Toujours avec une pointe d’humour, la demi de mêlée s’est également prêtée au jeu des questions-réponses plus décalées sur le vestiaire normand, tout en dévoilant plusieurs anecdotes insolites… (Par Loulou / Photo Une @Zaboo Estève)


Fiche d’identité :
Oanell, comment ta passion pour le ballon ovale a-t-elle commencé ?
À quoi ressemble ensuite ton parcours rugbystique ?
À 14 ans, j’intègre le lycée Kerichen à Brest dans le cadre d’un parcours sport-études, au sein d’un pôle départemental de rugby initialement réservé aux garçons – ce qui n’a pas vraiment enchanté mes parents… Je m’inscris alors au RC Pays de Brest et parviens à intégrer les sélections régionales bretonnes, aussi bien à XV qu’à 7. C’est à ce moment-là que je découvre le poste de demi de mêlée, et non, pas seulement parce que je suis petite !
Après l’obtention de mon baccalauréat, je pars à Rennes et rejoins le Stade Rennais, où je reste trois ans, le temps de valider ma licence. En 2022, je quitte donc ma Bretagne natale pour rejoindre les Valkyries de Rouen. J’y obtiens mon master et j’évolue au poste de 9 et parfois 10 depuis désormais quatre saisons.


Comment juges tu la saison en cours de ton équipe et quelles sont vos ambitions ?
Cette saison, nous accueillons un nouveau manager, Alexis Vairy, suite au départ de Jeff Mouton, l’un des piliers de la création du club des Valkyries. Notre début de saison a été compliqué : nous avons d’abord perdu contre les promues, puis, la semaine suivante face aux leaders du championnat. Ces deux matchs ont toutefois été fondateurs pour la suite de la saison, car ils nous ont permis de construire un plan de jeu solide et d’établir des repères collectifs.
Nos efforts ont porté leurs fruits puisque nous sommes parvenues à nous imposer lors des matchs suivants, c’est là que nous avons pu prendre pas mal de points. Ces résultats nous ont permis d’atteindre la 4ᵉ place provisoire à la mi-saison, qui faisait partie de nos objectifs. Pour la suite, nous comptons bien poursuivre sur cette dynamique afin de décrocher une place en demi-finale.
Élite 1 et 2 féminines : où en sont les classements à la trêve ?
Que penses-tu de l’évolution du rugby féminin ces dernières années ?
Quand j’ai commencé le rugby, ma sœur et moi étions les seules filles du club et il était très rare que nous en rencontrions d’autres sur les tournois. Quand je suis rentrée au lycée, nous étions 3 filles et quand j’en suis sortie, nous étions 12. C’est là que j’ai vu l’évolution, sur le nombre de licenciées qui augmentait. Aujourd’hui, en évoluant à un bon niveau, je compare souvent nos conditions d’entraînement à celles des garçons, et les écarts restent importants. Nous aspirons à devenir des joueuses de très haut niveau, mais nous ne bénéficions pas du même confort d’entraînement.




L’interview décalée
Côté terrain et vestiaire des Valkyries Normandie
Le ou la coach qui t’a marqué(e), et pourquoi ?
C’est Guillaume (alias « Grogui »), qui était mon entraîneur au pôle rugby à Brest. C’était un peu comme un deuxième papa, il a été présent pour moi même en dehors des terrains, il avait confiance en moi et dans mon rugby et puis il était super drôle.
Une anecdote insolite et/ou un fou rire mémorable ?
Avec les Valkyries, nous étions allés à Joué-lès-Tours et avions pris nos maillots bleus et elles jouaient en jaune, donc c’était parfait. Sauf que l’arbitre avait décidé que le bleu de notre maillot était trop proche du bleu sur le bord des manches du maillot adverse. Joué-lès-Tours nous a donc prêté son second jeu de maillots qui était JAUNE. C’était donc Joué-lès-Tours contre Joué-lès-Tours. Mais dans tout ce malheur nous avons quand même gagné le match et avec 2 essais sur en avant de passe puisque l’arbitre ne faisait pas la différence entre les jaunes et… les jaunes.
Pour le fou rire, c’était pendant la soirée « Valky rit sort » (un remix de « Lol qui rit sort« ). Une équipe avait sorti sa carte joker qui était une mise en scène d’un mariage qui dérive, mais personne ne devait rire, ce qui donnait des têtes à mourir de rire.

















