Portrait féminin – À la découverte de Lola Bourges, pilier du vestiaire et de la mêlée de l’UA Gaillacoise (Fédérale 1)
Coup de projecteur sur le rugby féminin, à travers une série de portraits de joueuses seniors. Pour ce deuxième épisode, direction le Tarn, dans les coulisses de l’Union Athlétique Gaillacoise Rugby (Fédérale 1), à la découverte de Lola Bourges. Licenciée d’un seul club depuis ses débuts en cadettes, la Tarnaise nous a retracé ses premiers pas sur un terrain, évoqué la saison en cours de son équipe, mais aussi livré son avis sur l’évolution du rugby féminin. Enfin, la pilier du vestiaire et de la mêlée de l’UAGR s’est prêtée au jeu de l’interview décalée, en évoquant sans tabou des anecdotes insolites… (Par Loulou / Photos @Christophe Fabriès – RugbyAmateur et @UAGR)


Fiche d’identité :
Profession : Fin d’étude d’un BPJEPS LTP, en recherche de travail
Poste : Pilier ou talon
Comment ta passion pour le ballon ovale a-t-elle commencé ?
Après avoir essayé de nombreux sports, j’ai finalement opté pour le rugby à l’UNSS au collège, et j’ai tout de suite accroché. Chez nous, le rugby est une véritable affaire de famille : mon père a joué plus jeune au Castres Olympique, et par la suite ma sœur, Camille Bourges, m’a naturellement suivie.
Peux-tu retracer ton parcours rugbystique ?
C’est à 16 ans que mon parcours a réellement commencé, en catégorie cadettes. Aujourd’hui, j’ai toujours cet amour intact pour mon club : j’évolue en senior féminine en Fédérale 1 à l’Union Athlétique Gaillacoise (UAG). J’ai également entraîné pendant deux ans les tout-petits (3–6 ans) au sein du club, une expérience très enrichissante.


Comment juges-tu la saison en cours de ton équipe ? Et quelles sont vos ambitions à l’aube du sprint final ?
La saison se déroule très bien. Après un premier match manqué à domicile, nous avons su nous relever et remporter toutes les autres rencontres. Nous sommes même premières de poule à la mi-saison. Le bilan est donc très positif, d’autant plus que le groupe est encore en construction. Nos ambitions sont claires : atteindre les phases finales et aller le plus loin possible.


Que penses-tu de l’évolution du rugby féminin ces dernières années ?
Le rugby féminin est de plus en plus mis en avant ces dernières années, notamment avec la retransmission à la télévision des matchs d’Élite 1. De notre côté, on constate aussi que le niveau augmente d’année en année en Fédérale 1. Le rugby féminin prend clairement de plus en plus de place en France.
Ce qui pourrait être amélioré, même si c’est compliqué vu le nombre d’équipes à notre niveau, ce sont les déplacements. Ils sont parfois très longs, au point de devoir partir le samedi pour jouer le dimanche (Grenoble, Grane, Nice…). Nous ne sommes pas professionnelles, et cette contrainte peut freiner certaines filles à s’engager dans le rugby.
Qu’aimerais-tu dire aux jeunes filles qui hésitent à se lancer dans le rugby ? (Ainsi qu’aux parents craintifs) ?
Aux jeunes filles, je dirais de ne surtout pas hésiter. Le rugby t’apprend énormément, aussi bien sur le plan individuel (dépassement de soi, caractère, prise d’initiative…) que collectif (esprit de famille, respect, entraide). C’est un sport qui te forge. Aux parents craintifs, je dirais simplement que les entraîneurs sont là pour proposer des entraînements adaptés, pédagogiques, sécurisés et ludiques. Chacune avance à son rythme. C’est aussi la grande force du rugby : peu importe ton gabarit, costaud ou plus mince, grande ou petite, tu trouveras toujours ta place.


L’interview décalée
Côté terrain et vestiaire de l’UA Gaillacoise
Ton rituel d’avant match ?
Il est simple : musique dans les oreilles (Muse, U2 ou Christophe Maé), massage des mollets, un litre d’eau, puis j’enfile short, chaussettes, maillot, crampons et protège-dents… et c’est parti !
Quel est ton plus beau souvenir sur le terrain ? Et en dehors ?
Mon plus beau souvenir, sans hésitation, ce sont les quarts de finale contre Brive à Laborie. On gagne et on est qualifiées pour les demi-finales. On a paradé dans tout Gaillac sur une remorque. En dehors du terrain, je dirais la même année, quand on a dû se déplacer en Corse (oui, en CORSE !). On avait pris le ferry : 12 heures à l’aller et 12 heures au retour. Comment vous dire que le retour a été assez mouvementé !
À un moment dans la soirée, une joueuse décide de monter sur le balcon du bateau et de faire le show. Jusqu’au moment où le capitaine du ferry (italien, bien sûr) nous exprime son mécontentement. Après un petit rhum, le capitaine s’est joint à nous et a oublié ce qui s’était passé.
Le ou la coach qui t’a marqué(e), et pourquoi ?
Je citerais Christophe Golse, qui m’a entraînée pendant quatre ans, et Marjorie Rigals, qui, avant d’être coach, a été joueuse depuis la création de la section féminine. Et surtout parce que j’ai eu la chance de jouer à ses côtés.
Une anecdote insolite ou un fou rire mémorable ?
Pour l’anecdote insolite, lors d’un voyage d’intégration vers Millau, après une soirée assez arrosée, on se rend compte que l’un de nos coachs a disparu. On se met aussitôt à sa recherche et, une heure plus tard, on le retrouve en plein milieu de la place principale, en train de tituber.
Pour le fou rire mémorable, je dirais aussi lors d’un week-end de début de saison, lorsque notre joueuse Lisa Trémolières, revenue fraîchement de Nouvelle-Zélande, s’est mise à nous chanter l’hymne néo-zélandais (non pas qu’elle chante mal, mais sur le moment il était impossible de rester sérieuse). Je ne pouvais pas regarder Émeline Saux dans les yeux, sinon je partais en fou rire.


À Gaillac, qui est la comique de l’équipe ?
Sarah Garros nous fait souvent des petits showcases (je sais, on a de la chance).
La plus fêtarde ?
Moi et Justine Escrouzailles (sur celui-là, il n’y a pas photo).
La meilleure danseuse ?
Je laisse ce prix à Marine Imbert et à Sarah Sidibe (pour son fameux tête en bas).
La plus râleuse ?
Je dirais Justine Guyon et Émeline Saux (on prend souvent des pompes à cause d’elles).
La plus ponctuelle ?
Nous sommes toutes assez ponctuelles.
Celle que tu préfères avoir dans ton équipe plutôt qu’en face ?
Sans hésitation, Laura Pinel et Lisa Trémolière.
La meilleure plaqueuse ?
Justine Escrouzailles, Anthéa Moutarde, Émeline Saux et Sarah Sidibe (attention, ça fait très très mal).
Pour finir, la meilleure joueuse de l’équipe ?
Je dirais notre capitaine Léa Vaysse (pour sa vision du jeu) et Tessa Nonga Ibaa (elle traverse le terrain seule en cassant au moins trois plaquages).















