Coup de projecteur sur le rugby féminin à travers une série de portraits de joueuses seniors. Pour ce cinquième épisode, direction le Val-de-Marne, dans les coulisses des Coyotes 94 (Fédérale 1), à la découverte de Cindy Chassagnieux. Originaire de la région stéphanoise, la grande deuxième ligne fait depuis quatre saisons le bonheur de sa nouvelle « meute », sur et en dehors du terrain. La Francilienne nous a retracé ses premiers pas sur un terrain, évoqué la saison en cours de son équipe, mais aussi livré son avis sur l’évolution du rugby féminin. Enfin, la tour de contrôle des Coyotes 94 s’est prêtée au jeu de l’interview décalée, en évoquant sans tabou des anecdotes insolites… (Par Loulou / Photos Charles.M).
Cindy s’éclate chez les Coyotes 94
Fiche d’identité :
Cindy Chassagnieux, née le 22 septembre 1998 à Montbrison
Profession : Professeure d’EPS
Poste : 2ème ligne
Comment ta passion pour le ballon ovale a-t-elle commencé ?
J’ai commencé le rugby grâce à la fac, en L2 STAPS de Saint-Étienne. L’enseignant nous a proposé de venir essayer en club et c’est ainsi que tout a commencé, avec les Jarjilles. J’ai donc commencé le rugby en 2018, tout en gardant mon ancien sport (le foot, que j’ai abandonné au profit du rugby, petit à petit).
Peux-tu retracer ton parcours rugbystique ?
Étant mutée pour mon travail à Paris, je cherchais une équipe dans cette région, tout en gardant une double licence avec mon ancienne formation. Et puis Amielle, une ancienne coéquipière des Jarjilles, m’a présenté à sa nouvelle équipe : les Coyotes. Voilà maintenant 4 ans que je fais partie de ce fabuleux groupe.
Comment juges-tu la saison en cours de ton équipe ? Et quelles sont vos ambitions ?
Nous réalisons actuellement une bonne saison, même si certains matchs peuvent être en dessous des exigences qu’on se fixe. Nous visons la première place de notre championnat afin de disputer les phases finales dans les meilleures conditions possibles. L’ambition étant de décrocher le bouclier de Fédérale 1 cette année, pour se laisser l’opportunité de monter en Élite 2.
Les Franciliennes regardent vers l’avant…
Que penses-tu de l’évolution du rugby féminin ces dernières années ?
Il y a une évolution indiscutable sur la représentation du rugby féminin, qui prend doucement de l’ampleur médiatique également. Il y a encore tellement à faire pour le développer. Selon moi, la pratique du rugby à l’école jusqu’à la fac peut inciter davantage les filles à commencer ce sport.
Qu’aimerais-tu dire aux jeunes filles qui hésitent à se lancer dans le rugby ? (Ainsi qu’aux parents craintifs) ?
Le rugby est un sport complet et fait pour tout le monde. Peu importe notre corpulence, nous trouverons toujours une place pour des filles motivées. Au-delà de l’aspect sportif, nous développons aussi de fortes valeurs : la solidarité et le respect. Il permet également de se sociabiliser en intégrant un collectif, qui dépasse le côté sportif et va au-delà du terrain. Enfin, ce n’est pas qu’un sport de combat, la réflexion y est aussi présente, notamment avec un règlement complexe mais sécurisant, ou encore avec des stratégies réfléchies à mettre en place.
La Stéphanoise d’origine ne regrette pas d’avoir troqué le ballon rond pour celui ovale
L’interview décalée
Côté terrain et vestiaire des Coyotes 94
Ton rituel d’avant match ?
Mon rituel consiste à me faire deux tresses la veille, à ne pas oublier de me placer à côté de Mathilde et Chloé dans les vestiaires et enfin à me strapper les deux chevilles et à poser les cales pour les sauts en touche.
Quel est ton plus beau souvenir sur le terrain ? Et en dehors ?
En ce qui concerne le terrain, il s’agit des phases finales en général, les émotions sont décuplées et l’intensité également. Hors terrain, je dirais les troisièmes mi-temps en général aussi, qui sont toutes inédites et que je ne rate jamais trop…
Le coach qui m’a le plus marqué est celui que l’on a actuellement : Yannis. Non seulement il nous apporte beaucoup rugbystiquement parlant, avec toutes ses connaissances, mais également il nous fait vibrer par des discours prenants et nous permet de vivre des émotions uniques pour chaque match.
Une anecdote insolite ou un fou rire mémorable ?
Pour l’anecdote, c’était lors d’un retour en train de Dax, il y a deux ans. Après le match, nous sommes rentrés jusqu’à Paris, et nous avons au fur et à mesure du trajet transformé le wagon-bar en une feria, grâce à une fanfare rencontrée sur place et au croisement avec une équipe masculine de la région. Ainsi, sous les couleurs rouge et blanche, une trompette, et des bons vivants, nous avons festoyé sur tout le retour (et plus encore). L’arrivée à Paris a dû se faire discrètement pour ne pas se faire remarquer sur le quai de la gare.
Pour le fou rire mémorable, nous avons de la chance d’avoir un large panel d’humoristes chez nous, mais les trois qui se démarquent sont : Sophie, Vanwy et Alex. Désolé, pour les autres.
« Notre deuxième talent après le rugby : l’acrosport. »
Chez les Coyotes, qui est la plus fêtarde de l’équipe ?
Pour ne pas dire moi, je dirai que la plus fêtarde est mon acolyte Clem, ou bien M-Artha qui est pas mal dans la discipline aussi.
La meilleure danseuse ?
Notre danseuse préférée reste Dani, qui bouge son boule comme personne. Stecy restera la référence pour la danse contemporaine.
La plus grosse mangeuse ?
C’est Alicia. Je ne comprends toujours pas comment ce petit corps peut ingurgiter autant de nourriture.
La plus râleuse ?
Je dirais Émilie, mais elle ne serait pas une bonne neuf si elle ne râlait pas sur nous comme elle le fait.
La plus ponctuelle ?
Laurence et Clar-Tha, toujours là avant nous, peu importe l’endroit de rendez-vous.
Celle qui ne l’est pas ?
La palme d’or du retard revient bien évidemment à Sophie, grande maîtresse de cet art. Il doit y avoir un espace-temps à Tremblay.
Celle que tu préfères avoir dans ton équipe plutôt qu’en face ?
Sansan et Lulu, de bonnes piliers dynamiques, bien basses et bien denses, sont les filles que je n’aimerais pas avoir en face, pour éviter de me prendre des culs en essayant de les plaquer.
La meilleure plaqueuse ?
Laurence avec des plaquages offensifs faisant reculer les adversaires à chaque fois. Dédé suit ses pas et nous sort aussi de beaux plaquages.
Et pour finir, la meilleure joueuse de l’équipe ?
Mathilde : notre labrador préféré qui a pu participer aux étoiles du rugby cette année. Une vraie star qui le mérite, tant pour son investissement sur le terrain mais aussi en dehors, pour l’équipe.