Péréquations, matchs reportés, annulés ou perdus : sale temps sur le rugby amateur
Sale temps sur le rugby amateur, au… propre comme au figuré. Car si le froid, la pluie voire la neige s’invitent logiquement et régulièrement chaque hiver, ces dernières semaines, et plus encore ces derniers jours avec la tempête Nils qui traverse le sud de la France, sont malgré tout particulièrement humides. Conséquence logique, des terrains gorgés d’eau, protégés et interdits d’accès par les mairies, qui ouvrent le… parapluie ! Autant dire que dans un calendrier compacté entre la fin septembre et début mars, le rugby régional et fédéral, en plus d’être confronté à des disponibilités de terrains, cherche aussi des dates disponibles de repli, rapidement utilisées. Et un gros nuage gris au dessus de la tête, appelé péréquation…


Décembre glacial, janvier pluvieux, vents violents et tempêtes en février
En prenant un peu de hauteur sur les calendriers d’un saison de rugby pour les équipes de Régionale 1, 2 et 3, l’on se rend compte que les compétitions d’une saison régulière se jouent sur 22 dimanches (du 21 septembre au 8 mars, avec une trêve des confiseurs qui commence le 21 décembre et un retour à la compétition le 18 janvier, comme en Occitanie). Les blocs de 3 matchs font loi, suivis d’un dimanche de repos, aux allures d’une date de repli au fur et à mesure que la saison avance, dans le froid et l’humidité.
A titre d’exemple Aussillon-Mazamet en régionale 2 Occitanie, après un premier report de match à cause de conditions météorologiques déjà très défavorables, puis une suspension des terrains dans son secteur géographique, a eu match perdu. Ce n’est pas faute d’avoir cherché des solutions, mais impossible d’aller à l’encontre de décisions venant… « d’en haut. » A savoir d’une mairie, souveraine pour décider si oui ou non, l’accès au terrain sera autorisé, tout en prenant soin d’en informer la Ligue, via un arrête municipal, deux jours avant la date du match. Une double sanction, car cette défaite 0-25, met le club tarnais en position délicate pour se maintenir à ce niveau.
Alors certaines communes, proches de leurs clubs, garants d’une vie associative pérenne, jouent le jeu et laissent les équipes séniors jouer sur des terrains pourtant détrempés. Donnant lieu à des photos bien boueuses qui marquent les esprits. Au risque de « détruire » le terrain dépourvu définitivement du moindre brin d’herbe avant l’arrivée des beaux jours.
Un exemple parmi tant d’autres pour bon nombre de clubs sudistes, qui ne son pas habitués à ces intempéries répétées, et encore moins à une tempête, comme celle nommée Nils qui traverse le sud de la France, d’Ouest en Est, depuis ce mercredi. Les coachs les plus prévoyants auront réservé un terrain synthétique disponible dans les environs, tant pour un entraînement que pour un match. Pour les autres, c’est repos forcé, et répété, au pire des moments quand il s’agit de glaner des points précieux pour pouvoir jouer sur des pâquerettes dans quelques semaines.


Les fédérales logées à la même enseigne…
Les poules de Fédérale 3 ont beau être composées de 10 équipes, le calendrier s’étale de 14 septembre au 5 avril. Soit plus de dates de replis potentielles, bien exploitées déjà (14 décembre 2025, 25 janvier et 29 mars 2026). Le mauvais temps actuel remplit encore un peu plus les dernières dates disponibles. Mais pour certaines équipes, il n’y a plus de plan B. Trouver un terrain synthétique ou se délocaliser restent les seuls moyens d’honorer la totalité des rencontres de championnat. Mais la mission, pas impossible, reste très compliquée. Les plus chanceux passeront entre les gouttes, les autres passeront par la péréquation…


Péréquations inévitables. Mais c’est quoi une péréquation ?
Un match annulé, sans date de repli possible, sera considéré comme joué grâce à une péréquation. Autrement dit, en fin de saison régulière, quand les équipes n’ont pu disputer la totalité de leurs rencontres, et donc le même nombre de matchs que leurs adversaires durant cette phase préliminaire, les instances sportives attribuent un nombre de points au prorata de ceux remportés sur l’ensemble de la saison. Sur la base d’une victoire à 4 points, d’un nul à 2 points, et d’une défaite à 0pt, et d’1 point de bonus offensif ou défensif. Et les Régionales comme les Fédérales sont soumis aux mêmes traitements.
Autant dire que des équipes de Fédérale 3, comme à Digne, qui comptent 3 matchs reportés, vont se voir créditées d’un nombre de points avec deux chiffres après la virgule. Et ce n’est pas faute d’avoir oeuvré pour s’entraîner sur des terrains voisins, synthétiques, mis à disposition par un club de foot voisin. Car en plus d’être soumis à une péréquation pas toujours équitable, il faut aussi penser à maintenir les joueurs en forme durant cette période d’inactivité forcée
Ces péréquations à venir vont probablement provoquer de nouvelles tempêtes dans les têtes des présidents, insatisfaits des points attribués, dont les conséquences peuvent être multiples. Passé l’orage et les nuages noirs, il sera alors temps de se poser la question d’organiser le calendrier du rugby amateur différemment. A commencer plus tôt en septembre, quitte à faire reprendre les entraînements plus tôt également. Un débat vieux comme le monde, mais qui mérite de s’y attarder assurément…


















