Montée en Fédérale 1 : 21 points remontés, victoire aux tirs au but, l’exploit majuscule de Pont-Long face à Mérignac !
Ce dimanche 7 juin restera à jamais gravé dans l’histoire de l’AS Pont-Long. Au terme d’un 8e de finale retour de Fédérale 2 au scénario rocambolesque face à l’AS Mérignac, les Béarnais ont décroché leur promotion en réalisant un exploit majuscule, celui de remonter les 21 points de retard et le bonus offensif concédés au match aller (36-15), avant d’arracher la qualification au bout d’une séance de tirs au but irrespirable (35-14, 6-5 aux TAB). Au coup de sifflet final, la joie immense dans les rangs serrois contrastait cruellement avec la détresse des Mérignacais, totalement abasourdis par ce retournement de situation. Retour sur ce dénouement rarissime qui restera, quoi qu’il arrive, l’un des faits marquants de cette saison 2025-2026… (Photo Une ©Alban Laffitte – La République des Pyrénées)


21 points de retard et un bonus offensif à remonter : la « mission commando » de l’AS Pont-Long
La semaine passée, un rapide coup d’œil sur les résultats des 8es de finale aller de Fédérale 2 suffisait pour bien saisir les enjeux à l’aube de la manche retour. De cette analyse, un résultat clignotait comme un avantage certain : le seul et unique bonus offensif obtenu par l’AS Mérignac, victorieuse 36 à 15 chez elle face à Pont-Long. Avec 21 longueurs d’avance, soit l’écart le plus large des huit confrontations, les Girondins s’offraient un ballottage favorable à mi-parcours. Malgré ce matelas confortable avant de se déplacer dans le Béarn, nous rappelions alors que rien n’était acquis face à une bête blessée, condamnée à l’exploit et prête à faire basculer ce match retour dans l’irrationnel…
Et la révolte n’a pas tardé. Poussés par un public en feu, les Serrois ont immédiatement activé leur mission remontée fantastique. Le premier acte de ce match retour est un bras de fer étouffant, se concluant par un avantage de 14 à 7 en faveur des locaux. Le retard est entamé, mais personne ne peut imaginer à cet instant l’épilogue qui s’apprête à s’écrire… C’est au retour des vestiaires que ce match bascule définitivement dans la folie pure, là où la fameuse loi du sport frappe sans prévenir. En l’espace de quelques minutes, les Béarnais inscrivent deux essais coup sur coup, faisant chavirer les tribunes (28-7, 44e).


La montée aux tirs au but : la délivrance pour Pont-Long, le calvaire de Mérignac
Dos au mur, Mérignac réagit en envoyant Brignogne derrière la ligne pour reprendre virtuellement les commandes sur l’ensemble des deux manches (28-14, 53e). Mais dans le money-time, les Mérignacais écopent d’un carton jaune à l’encontre de leur talonneur et, en infériorité numérique, les Girondins finissent par plier sous la furia serroise. À huit minutes du coup de sifflet final, Condouret aplatit l’essai de la parité parfaite, transformé par Ginesta (35-14, 72e). Et plus rien ne bouge, si ce n’est le battement des coeurs en tribune. Égalité totale sur les deux confrontations : pas de prolongations, mais place à la terrible et angoissante loterie des tirs au but.
Dans cet exercice à la dramaturgie irrespirable, le sang-froid des dix premiers buteurs est total et le score de 5 partout. Pont-Long s’offre un sixième tir réussi, transférant une pression maximale sur les épaules de Basekou Diaby. Le pilier droit mérignacais, héros de la manche aller, s’avance face aux perches. Son ballon s’élève dans le ciel béarnais… et fuit les poteaux par la droite.
Le dénouement libère un immense frisson. Le terrain est instantanément envahi dans une explosion de chants, de larmes et d’accolades. Pour Pont-Long, après des années à toucher du doigt ce rêve, l’histoire s’écrit enfin en lettres d’or. Dès dimanche prochain, l’aventure continue en quart de finale face à Auxerre, l’esprit léger (et à la fête) avec ce ticket d’accession en poche.


Pour l’AS Mérignac, en revanche, la chute est d’une cruauté sans nom. Voir une promotion promise s’envoler après une telle glissade dans le dernier virage laissera forcément d’immenses regrets. Mais le sport est ainsi fait, tout aussi grandiose qu’impitoyable. Les Girondins quittent la compétition la tête haute, endossant le costume du perdant héroïque, celui qui aura poussé son adversaire au bout de lui-même, tombant les armes à la main dans l’un des scénarios les plus légendaires de cette saison de Fédérale 2.















