Dans l’intimité du dernier carré de Régionale 3 : les confidences des demi-finalistes
Tic, tac, tic, tac… Le compte à rebours est lancé ! Le grand frisson des demi-finales du championnat de France de Régionale 3 approche à grands pas. Ce dimanche 14 juin, les derniers rescapés de ce long marathon national montent sur scène pour un quitte ou double magistral, avec en ligne de mire le précieux billet pour la grande finale du week-end suivant. Pour bien saisir l’effervescence de ce dernier carré et plonger dans l’intimité des protagonistes, nous sommes allés prendre la température aux quatre coins de l’Hexagone. Entre fierté du parcours accompli, gestion du stress et une immense envie d’en découdre, découvrez les confidences exclusives de ces acteurs majeurs bien décidés à marquer l’histoire de leur club. (Par Loulou / Photo Une ©JM Lestage – RugbyAmateur)
Régionale 3 et Promotion Régionale 3 : les terrains des demi-finales désignés par la FFR (14 juin)
Dans les coulisses de la demi-finale Tauch Corbières – Fontenay-aux-Roses / Antony
Pierre Esclarmonde, capitaine du CO Tauch Corbières : « On est une vraie bande de copains, avec une belle alchimie »
Alors Pierre, bien remis de vos émotions de dimanche dernier, avec cette victoire arrachée sur le gong face à Bessan ?
P.E. : « On a encore un peu de mal à réaliser. On s’en rend compte peu à peu grâce aux images que l’on voit, mais on est encore sur notre nuage. On a fait preuve d’énormément de courage, puisqu’on a longtemps été dominés durant cette rencontre contre Bessan, et finalement la pièce est tombée du bon côté. Le groupe a vraiment progressé, car il y a quelques années, dans cette situation, on aurait sans doute baissé les bras. Même si c’est une fin heureuse, c’était très dur à vivre pour tout le monde (rires).
Même pour vos nombreux supporters…
C’est sûr. Il y avait une ferveur énorme autour du terrain, ce magnifique public rouge et noir nous pousse dans nos retranchements. La pénalité de la gagne passe de justesse, et on s’est dit symboliquement que c’était grâce aux cris des supporters qui ont poussé le ballon un peu plus loin. Plus sérieusement, on sent vraiment qu’il y a ce 16e homme derrière nous et on sait qu’ils seront encore là en Auvergne ce dimanche pour nous aider.


A quoi ressemble l’effectif actuel des « sangliers » ?
On a une moyenne d’âge qui doit tourner autour des 25-27 ans, je fais partie des plus anciens avec mes 33 printemps. Le groupe est jeune et a toujours vécu ensemble, tout le monde se connaît depuis tout petit. On a bâti l’équipe autour des deux villages des Corbières que sont Tuchan et Durban. On peut dire que l’on est une vraie bande de copains, avec une belle alchimie. On se côtoie tous en dehors du rugby, quand on parle d’esprit de famille au rugby, chez nous, c’est vraiment le cas.
Régionale 3 champ. de France : Tauch Corbières, des Sangliers imperméables à la pression
Dans quel état d’esprit abordez-vous cette demi-finale face à Fontenay-aux-Roses ?
Notre objectif en phase finale, c’était de rallier les demi-finales, donc désormais c’est que du bonus. Mais forcément, comme tous les autres demi-finalistes j’imagine, on a tous envie d’aller toucher le bout de bois maintenant. Face à une équipe d’Île-de-France, ce sera l’inconnu. Autant aux tours précédents on avait réussi à avoir quelques infos face à des clubs d’Occitanie, autant là, on ne sait rien. On va donc se focaliser sur notre jeu, et on va se préparer comme ça.
C’est aussi ça le championnat de France, jouer contre des équipes d’autres Ligues…
C’est aussi ça la beauté du championnat de France oui. Quelque part, ça nous embêtait presque d’affronter des clubs du coin, donc on est content de voir autre chose. En tout cas, le club fait tout pour nous mettre dans les meilleures conditions : on va partir la veille et dormir à l’hôtel, donc à nous désormais de lui rendre en donnant tout sur le terrain. »


Stéphane Lecuyer, responsable du groupe senior de Fontenay-aux-Roses : « Une belle aventure dont les garçons vont se souvenir longtemps »
Stéphane, un an après la montée en Régionale 2 annulée à cause d’un imbroglio sur une feuille de match, vous voilà tout en haut de l’affiche. Cet épisode fâcheux a-t-il été l’élément déclencheur de cette belle aventure ?
« Ça nous a forgés, c’est sûr, mais quelque part, on ne serait pas là où l’on est aujourd’hui si l’on n’avait pas connu cette mésaventure. On serait montés en Régionale 2 sans vivre la belle saison de cette année. Quoi qu’il en soit, tout cela a aidé les joueurs à définir les objectifs en début de saison.
C’est-à-dire ?
Ils étaient revanchards, avec tout d’abord l’envie d’être enfin promus, ensuite de conserver le bouclier de champion d’Île-de-France et enfin de faire un beau parcours en championnat de France en atteignant au minima un tour de plus que l’an dernier, à savoir les quarts de finale. Tous les objectifs sont cochés, le reste ce n’est que du plus maintenant. On va partir la veille en bus et dormir sur place, ça va être une belle aventure dont les garçons vont se souvenir longtemps.
Régionale 3 (IDF) : imbroglio autour d’une feuille de match, Fontenay-Antony privé d’une montée


Pouvez-vous nous présenter le groupe senior des Roses ?
C’est un groupe très, très jeune. On n’a que deux trentenaires, que l’on appelle les papas, et tout le reste, c’est entre 20 et 25 ans. À l’origine de cette équipe, ce sont de nombreux jeunes qui avaient arrêté au moment du passage en senior et qui ont repris il y a deux ans. On est partis à 23 licences et, deux saisons plus tard, on se retrouve avec 50 gars, c’est très encourageant pour la suite. On espère même que le beau parcours de cette année pourrait donner envie à d’autres de nous rejoindre.
Comment abordez-vous cette demi-finale face à Tauch Corbières ?
Déjà, on est très contents de se frotter à une équipe du Sud. C’est quelque chose dont on n’a pas l’habitude, ça va nous permettre de nous jauger, de connaître notre niveau face à une formation du Midi, une terre de rugby. On ne sera pas favoris, mais on fera le maximum pour rivaliser avec eux.
Vous vous êtes renseignés sur Tauch ?
J’ai suivi un peu leur parcours, j’ai la sensation que c’est une équipe très joueuse comme nous, donc ça peut vraiment donner un beau match. Deux philosophies de rugby un peu différentes vont se croiser et on est très heureux de pouvoir partager ça, sur le terrain puis en troisième mi-temps (sourire). Il peut tellement se passer de choses que l’on essaye de ne pas trop penser à l’enjeu du match, mais on a vraiment hâte d’y être. »


Dans les coulisses de la demi-finale Sare – Saint-Maixent-l’Ecole
Patxi Jauregui, président de Sarako Izarra : « On vit une belle histoire, pleine d’humilité, avec tout un village qui nous suit »
Patxi, votre équipe s’est qualifiée de justesse dimanche dernier face à Pomarez-Amou. Comment avez-vous vécu ce dénouement incroyable ?
« C’était vraiment particulier dimanche dernier parce que l’on est passé par toutes les émotions. On a une équipe très jeune, avec 7 seniors première année issus du club alignés sur le terrain, donc c’est d’autant plus fantastique. Et c’est d’ailleurs sans doute cette fougue qui a fait que les garçons ne se sont pas posé de questions et ont su retourner la situation depuis leur en-but. On n’a pas de vieux briscards, et ça nous manque un peu parfois, mais notre force c’est notre collectif, avec des gamins qui jouent ensemble depuis toujours.
Régionale 3 : Sare coiffe Pomarez-Amou au terme d’une folle fin de match et s’offre une demi-finale
La dynamique est bonne cette saison à Sare, avec une montée, un titre de champion régional et maintenant cette demi-finale nationale…
C’est sûr, ça faisait deux ans que l’on échouait d’un rien pour la montée. En début de saison, on s’était juste dit de faire mieux que l’an dernier, sans se mettre de pression, on a d’abord perdu le terroir, puis remporté le bouclier de Nouvelle-Aquitaine tout en validant la montée. Alors le championnat de France derrière, c’était que du plaisir. J’associe vraiment notre réussite actuelle aux éducateurs du club, qui sont présents depuis des années. Aujourd’hui, on récolte leur travail avec tous ces jeunes qui performent en senior.
Vous étiez donc confiant, et maintenant soulagé ?
Dans un coin de ma tête, je savais que ce groupe allait être récompensé de ses efforts. On a deux coachs qui sont hyper expérimentés, ils travaillent avec cet effectif depuis trois ans et font progresser tout le monde, c’est vraiment génial. On développe un beau rugby, pour de la Régionale 3, je trouve cela magnifique. On vit une belle histoire, pleine d’humilité, avec tout un village qui nous suit. Il y a un bel engouement, avec des supporters qui nous suivent partout. C’est superbe.


Cette rencontre face à Saint-Maixent sera la revanche de la finale régionale remportée par votre équipe. À quel genre de match vous attendez-vous ?
Ce sont deux profils d’équipe totalement différents. Nous, on est des petits gabarits et eux sont bien armés physiquement. On propose deux rugbys complètement différents. On les attend très revanchards, même si sur la finale de Ligue, tout nous a souri ce jour-là. Ça ne s’est vraiment pas joué à grand-chose. On a prévenu les gars, on sait à quoi s’attendre, ça va être un gros défi physique. Les coachs ont vraiment axé la semaine sur la récupération et, bien que je ne sois pas dans le cercle sportif, je sais que les garçons envoient du jeu tout le temps, il n’y a pas de raison que ça change, ils vont rester sur la même philosophie jusqu’au bout.
Pour finir, je tiens vraiment à féliciter et à mettre en lumière l’ensemble des bénévoles de notre club, qui œuvrent énormément et pour qui ces championnats de France sont aussi une récompense. Bravo et merci à eux. »


SA Saint-Maixentais : une demie aux airs de revanche
Contacté par nos soins, le SA Saint-Maixentais est resté muet. Sur le terrain, en revanche, les Deux-Sévriens font un bruit d’enfer. C’est simple, leur parcours en phase finale est une démonstration de force offensive : 62 points passés à Mayenne, 43 au RC Brocéliande, et 45 au RC Dôme Sioules. En quart de finale, ils ont sorti les barbelés pour éparpiller Savigny-Longjumeau façon puzzle (48-3). Autant dire que les hommes de Saint-Maixent arrivent lancés à pleine vitesse au moment de retrouver Sare, leur bourreau de la finale régionale. L’affiche a de sérieux airs de revanche, et le SASM espère bien, cette fois, connaître une fin heureuse…














