2 essais, 2 pénalités, 2 cartons blancs, plus 1 jaune : l’incroyable match d’Antonin, le héros du Grand « test »
Avant-derniers au classement de leur poule de Régionale 1 Grand Est, avec 5 victoires pour 11 défaites, les Cheminots de Strasbourg étaient sur les rails d’une descente en gare de Régionale 2. Pour éviter cette déconvenue, un match de classement particulièrement important se tenait dimanche dernier, envoyant le perdant en poule de maintien avec deux autre équipes. Le vainqueur quant à lui, gagnait le droit de se maintenir. Les Alsaciens, en délicatesse avec leur effectif, se sont donc déplacés à Verdun avec une équipe mixte, composée de joueurs de l’équipe Une bien sûr, mais aussi de réservistes, mobilisés pour la bonne cause. Ce match restera dans l’histoire du club, et d’un joueur en particulier… (par Jonah Lomu – Photos club)


Ils n’étaient pas nombreux à vouloir parier leur chemise sur une victoire des Strasbourgeois, avant derniers donc avec 34 points, chez le 5ème, le SA Verdun (55 points). Et pourtant, les Cheminots vont entamer la rencontre de la meilleure des manières avec un doublé express d’Antonin Dauphin. L’habituel arrière alsacien, qui évoluait au centre pour dépanner, démontrait ainsi toutes ses qualités à la main, comme au pied, lui l’habituel Thomas Ramos local. Deux essais donc, puis un troisième du demi de mêlée Bousquet.
0-17 à la 20ème minute, moment où Antonin écope d’un carton blanc pour une obstruction. Verdun profitait de sa supériorité numérique pour inscrire son premier essai. De retour en jeu, Antonin se rachète en enquillant une pénalité : 5-20 à la pause, les voyants sont au vert.


Un dernier jaune pour la route ?
Sauf qu’après une soufflante dans les vestiaires, Verdun revient sur le terrain avec des intentions nouvelles. Les joueurs de la Meuse font le siège de la défense adverse qui plie, mais ne rompt pas. Sauf sur un plaquage jugé haut par M. l’arbitre qui sort un nouveau carton blanc, adressé à… Antonin, qui laisse ses camarades de jeu à 14 une nouvelle fois. Verdun en profite à nouveau en marquant trois essais, et revient plus que jamais dans une partie totalement relancée
Le Strasbourgeois Bousquet, auteur d’un essai en première période, récidive en seconde, et redonne l’avantage aux siens. Dauphin, ressorti du frigo, passe une pénalité. Il reste peu de temps, le score est serré, l’enjeu de taille, les Cheminots sortent les barbelés à Verdun, et défendent leur ligne tant bien que mal. Plutôt mal pour un joueur visiteur qui se met à la faute. Celle de trop pour l’arbitre qui sort le carton jaune pour fautes répétées. Et sur qui ça tombe d’après vous ?
Mais oui, le Docteur Antonin et Mister Dauphin bien sûr. Jamais deux sans trois, après deux blancs, un jaune. Moment de confusion, le trois quarts alsacien doit-il prendre un carton rouge ?


Que nenni, puisque les cartons blancs n’entrent pas en ligne de compte pour une expulsion immédiate. En revanche, ils s’accumulent et comptent bien pour une suspension lors du match suivant. Mais à cet instant, en allant s’asseoir sur le banc pour la troisième fois de ce match, à passer 30 minutes sur 80 à regarder les copains défendre, Antonin sait qu’il peut coûter cher. Oui, ces cartons font flipper le Dauphin.
Mais au courage, ses coéquipiers vont tenir et s’imposer 24-28 dans l’enfer de Verdun ! Antonin, héros du jour, et cagolin en même temps, en sera quitte pour payer sa tournée autant de fois qu’il a pris des cartons. Aussi, beau joueur, et conscient de son triple double, il a offert un fût entier. Il faut dire que le soulagement était à la hauteur du stress accumulé, car il aurait pu coûter un essai de pénalité fatal.
Voilà comment un match mal engagé avant, et pendant, est devenu un véritable exploit devenu historique pour le club, remis sur de bons rails grâce à des cheminots décidément imprévisibles. Comme « Anto », qui aura pris trois cartons en seul match, sans se faire exclure définitivement, qui aura passer presque la moitié du match sur le banc, mais aura largement contribué à la victoire de son équipe grâce à ses coups de pied et ses deux essais. De l’arrière au centre, en passant par le banc, un grand test réussi pour le club du Grand Est, véritable locomotive qui va au charbon…

















