Le protocole commotion en rugby amateur (FFR)
En bref. En rugby amateur, la sécurité des joueurs est une priorité absolue. Le protocole commotion mis en place par la Fédération Française de Rugby (FFR) n’est pas une option, mais une obligation réglementaire stricte. Il s’applique dès l’école de rugby jusqu’au niveau senior amateur. Tout joueur présentant des signes évocateurs d’une commotion après un choc — direct ou indirect — à la tête doit être immédiatement et définitivement retiré du terrain, sans possibilité de retour en jeu lors de la même rencontre. Ignorer cette procédure engage la responsabilité pénale des éducateurs, entraîneurs et arbitres, en plus de mettre en danger la santé du joueur.
Étape 1 : L’identification des signes sur le terrain (Le « Test des 5 secondes »)
L’arbitre, le médecin du club, le kinésithérapeute ou, à défaut, l’éducateur/entraîneur (en l’absence de personnel médical) doit observer le joueur suite à un choc potentiellement violent. Si un seul symptôme est présent, la sortie est immédiate :
- Perte de conscience (même brève) : Le joueur est K.O.
- Convulsions : Mouvements anormaux du corps.
- Troubles de l’équilibre ou de la marche (ataxie) : Le joueur titube, tombe, marche en crabe.
- Confusion ou désorientation : Ne sait pas quel est le score, contre qui il joue, où il se trouve.
- Regard fixe et absent : Le joueur semble « dans le vide », ne réagit pas aux stimuli.
- Plainte de maux de tête importants ou de vomissements.
Si le doute subsiste, la règle d’or s’applique : « En cas de doute, le joueur sort. » Il ne doit jamais être laissé seul après l’incident.
Étape 2 : La gestion immédiate et l’évacuation
Une fois le joueur sorti du terrain, une surveillance rapprochée est nécessaire jusqu’à l’arrivée des secours ou la prise en charge par ses proches :
- Retrait définitif : Le joueur ne doit en aucun cas reprendre la partie, même s’il se sent mieux quelques minutes plus tard. C’est l’arrêt immédiat.
- Mise au repos : Installer le joueur dans un endroit calme, assis ou allongé, à l’écart de l’agitation du match.
- Surveillance continue : Ne jamais le laisser seul. Surveiller l’apparition de signes de gravité : aggravation des maux de tête, vomissements en jet, somnolence anormale, propos incohérents.
- Appel aux secours (15 ou 112) : Si l’état du joueur se dégrade ou s’il y a eu une perte de conscience prolongée, l’évacuation vers un service d’urgence est impérative.
- Carte d’Urgence Commotion FFR : Remettre la carte d’urgence (disponible sur Oval-e ou auprès de la FFR) au joueur ou à ses parents/tuteurs, expliquant la marche à suivre et le suivi médical nécessaire.
Étape 3 : Le suivi médical obligatoire et le retour progressif au jeu (RPG)
Le retour à la compétition ne se fait pas sur un simple coup de tête mais suit un parcours médicalisé strict, encadré par la FFR :
- Consultation médicale obligatoire : Le joueur doit impérativement consulter un médecin (généraliste ou urgentiste) dans les 24-48h suivant l’accident pour confirmer le diagnostic de commotion et établir un certificat médical initial de non-contre-indication à la pratique (CNCI) temporaire.
- Le repos initial : Une période de repos cognitif et physique total de 24 à 48 heures est requise (pas d’écran, pas d’effort intellectuel, pas de sport).
- Le Protocole de Retour Progressif au Jeu (RPG) : C’est une phase de 6 étapes à respecter scrupuleusement, espacées d’au moins 24 heures chacune, sous réserve de l’absence de symptômes. Elle débute après la fin des symptômes au repos et l’obtention du CNCI initial :
- Repos complet (24-48h min)
- Reprise de l’activité légère (marche, vélo d’appart)
- Exercices individuels (course, gammes, pas de contact)
- Exercices spécifiques (passes, entraînements sans opposition)
- Entraînement avec contact complet (autorisation médicale nécessaire)
- Retour à la compétition (match)
- Durée minimale totale : Pour un adulte, la durée minimale entre la commotion et le retour au jeu est de 7 à 10 jours. Elle est de 14 jours minimum pour les joueurs de moins de 19 ans (cadre légal strict).

Foire Aux Questions (FAQ)
Que risque un joueur qui reprend le jeu après une commotion ?
Le risque principal est le « Second Impact Syndrome », une complication rare mais souvent fatale ou entraînant de lourds handicaps neurologiques. Le cerveau, encore fragilisé, subit un nouveau choc qui provoque un œdème cérébral incontrôlable. À plus long terme, des commotions répétées peuvent entraîner des troubles cognitifs chroniques (mémoire, attention) et des maladies neurodégénératives.
Un parent ou un joueur peut-il refuser la sortie du terrain ?
Non. En vertu du règlement médical de la FFR, la décision de retrait du terrain par l’arbitre ou le responsable médical/encadrant est souveraine. L’intégrité physique du joueur prime sur l’enjeu sportif. Insister pour faire rejouer un enfant ou un adulte après un choc à la tête relève de l’inconscience et engage gravement la responsabilité de l’adulte responsable.
Existe-t-il des tests spécifiques pour le rugby amateur pour diagnostiquer une commotion ?
Non. Contrairement au rugby professionnel où le HIA (Head Injury Assessment) est utilisé par des médecins formés, il n’existe pas de test rapide validé pour le rugby amateur. Le diagnostic repose uniquement sur l’observation clinique des symptômes décrits à l’Étape 1. D’où l’importance du principe de précaution : « Si vous avez un doute, le joueur sort et ne retourne pas sur le terrain. »
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