Josaia Raisuque : un geste « colporté » qui franchit le mur… « d’Uson »

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Contaminations, hospitalisations, restrictions, les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent. Plus rien ne nous surprend sur la nature humaine, c’est pourquoi, nous aimerions, enfin si vous le permettez… déjeuner en paix. Bon, Stephan Eicher nous excusera bien volontiers de reprendre quelques strophes de sa chanson sortie en 1991, car 30 ans plus tard, elle reste toujours d’actualité. Prenez l’exemple de ce début d’année, bien dans la lignée de la précédente (ce qui n’est pas peu dire) : la crise sanitaire reste en Une de tous les médias, l’économique aussi bien sûr, avec Jean Castex et Olivier Véran en têtes d’affiche. A quelques « variants » près…

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La question est posée… (©CRC)

Comme ces 2500 jeunes insouciants lors d’une rave party géante en Bretagne, ou ces milliers de manifestants énervés pro-Trump, qui ont investi à leur façon, la Maison Blanche. Les quatre morts lors de cette insurrection américaine ne peuvent malheureusement plus en débattre. Eric Bayle lui, s’en est pourtant amusé en introduction du clasico entre le Stade Toulousain et le Stade Français, ce dimanche soir, évoquant l’envie des Parisiens d’investir eux aussi, à leur façon, le Capitole. Une blagounette en prime-time qui n’a semble-t-il pas suscité de réaction. A l’inverse du buzz généré par la célébration pour le moins étonnante de Josaia Raisuque. « Toute proportion gardée, le monde s’est offusqué dernièrement lors de l’envahissement du Capitole à Washington. Il y a des symboles inattaquables, l’arbitre en est un ! » Tels ont été les propos de Franck Maciello, patron des arbitres, qui lui aussi, a comparé l’incomparable.

Pour tout dire, cette joie, spontanée, naïve et enfantine, du fidjien de Nevers, a fait plaisir à voir. Cette spontanéité à la fin du match à Béziers, a évidemment fait le tour du monde rugbystique. Même Nigel Owens y est allé de son commentaire ironique : « Comme vous êtes nombreux à vous demander ce que j’aurais fait dans ce cas, je vais vous le dire. J’aurais donné un coup de sifflet et dit : ‘Je veux participer à Strictly come Dancing (l’équivalent britannique de Danse avec les Stars) avant d’accepter d’être soulevé de cette façon ». Alors oui, la règle est stricte, incontestable et incontestée : pas touche à l’arbitre sacré nom de nom ! Le rappeler à Raisuque par un carton rouge, sur le fonds, était presque obligatoire. Mais sur la forme, nous aurions aimé que M. Millotte, soit plus humain, plus compatissant, plus pédagogue, plus « Owens ». Du genre, « Monsieur, venez me voir, vous n’avez pas le droit de me toucher, c’est la règle, je suis obligé de vous sortir un carton. » Et s’il avait rajouté : « Et puis, j’ai le vertige en plus ! », peut-être qu’il aurait désamorcé ce débat qui s’en est suivi.

Oui, l’arbitre représente l’institution, l’ordre, il en est le symbole absolu. Personne ne dira le contraire, comme personne n’ira soulever un policier qui nous épargnerait une contravention. Sur un terrain de sport, l’arbitre fait respecter la loi, chacun a sa manière de le faire. Les nombreuses « punchlines » des Jérôme Garcès ou Romain Poite, entendues sur tous les terrains de Top 14 et de Pro D2 démontrent la proximité, la complicité même, qui existe avec les joueurs. Il n’y a pas de précédent à ce geste « fou » du Nivernais puisque jamais un joueur pro n’avait eu l’idée saugrenue de prendre un arbitre pour Simba. Et nul doute qu’avec ce tollé général, il n’y aura plus jamais de candidat pour un nouveau porté  façon « dirty dancing ».

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Time of my life 

Alors bon sang, apprécions cette spontanéité quasi juvénile, elle ne peut pas faire de mal en ce moment. A tous les donneurs de leçon, les effarouchés de façade, sachez apprécier cette candide fraîcheur, autrement que par la vague de froid actuelle. Réchauffons-nous de cette célébration décalée, cette joie communicative (sauf pour les Biterrois bien sûr), si loin d’un mauvais geste ou d’une insulte nauséabonde. Xavier Péméja a lui, le droit de ne pas apprécier, puisque l’entraîneur de Nevers va perdre son joueur pour plusieurs rencontres a priori. On peut l’imaginer en train de franchir « le mur d’Uson » lors de sa prochaine séance vidéo, ou bien pourquoi pas, d’imaginer les sourires, et même des éclats de rire quand l’équipe reverra cette fin de match. « Est-ce que tout va si mal ? Est-ce que rien ne va bien ? L’homme est un animal », merci encore Stéphan Eicher !

Espérons que la Commission de Discipline sera clémente, marquera le coup pour l’exemple, par un match de suspension, pour… la forme. Sinon, on en viendra à comparer les sanctions (ce qui est déjà le cas pour un plaquage jugé haut). Le rugby se prévaut de certaines valeurs, un sport immunisé contre les conneries gestuelles et verbales. Pourtant, quiconque a chaussé des crampons, sait que personne n’est à l’abri d’un fil qui touche l’autre. Donc, à défaut d’être vacciné contre le virus ambiant, soyons-le contre un trop plein de puritanisme ovale.

Le rugby amateur nous a gratifiés de gestes détestables et sanctionnés, mais aussi de plusieurs accolades et gestes amicaux merveilleux envers le corps arbitral, qui auraient pu faire la Une de tous ces journaux en mal de sensationnalisme, s’il ne s’était agit de Top 14, au lieu de 1ère série. Nous sommes là pour ça. Le monde pro a valeur d’exemple auprès des jeunes, et ce geste de Raisuque aura été suffisamment « colporté » pour qu’il reste unique. Mais de grâce, ne le diabolisons pas non plus, sous peine de rendre l’arbitre plus shériff que directeur de jeu.

Georges Pernoud, M. Thalassa et Hubert Auriol, M. Dakar aventuriers des mers et des sables, qui viennent de nous quitter, n’aimeraient pas que l’on se noie ou que l’on s’enlise dans des tempêtes médiatiques inutiles et irréelles. Pas comme celle qui a frappé les Iles Fidji il y a une trois semaines. Il y a plus grave dans la vie…

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