Itinéraire Bis 25/26 – « J’ai retrouvé en Thaïlande les mêmes valeurs que dans mon club aveyronnais »
Nouvel épisode de notre rubrique « Itinéraire Bis », en immersion totale sur les terrains de Thaïlande. Pour cette escapade en Asie du Sud-Est, Adrien Maruejouls, originaire de l’Aveyron, se mue en guide touristique pour nous faire découvrir l’Ovalie dans un pays où le rugby est en pleine expansion, notamment grâce aux nombreux expatriés venus du monde entier. (Par Loulou / Photos Southerners Sports Club Bangkok)

À 24 ans, l’Aveyronnais Adrien Maruejouls, formé au Lévezou Ségala Aveyron XV, fait partie de ces nombreux Français expatriés qui continuent de manier le ballon ovale à l’étranger. Après une expérience en Roumanie, le longiligne deuxième ligne à la coiffure dorée vit depuis deux ans en Thaïlande, dans une contrée où les poteaux de rugby ne sont pas légion dans le paysage. Et pourtant, rien ne destinait ce fils d’agriculteur à voyager aux quatre coins du globe.
Cet amoureux du rugby et de la nature a grandi au cœur du Ségala, dans un milieu rural où l’élevage bovin est roi, bien loin de l’attractivité des plus grandes métropoles du monde. Mais après des études d’ingénieur agronome, le jeune homme débute une carrière dans la nutrition animale et se retrouve à voyager en contrat VIE (Volontariat International en Entreprise), sans s’éloigner pour autant de sa passion.


« J’ai été étonné de retrouver autant de gens passionnés par ce sport »
Car à chaque fois qu’il pose les pieds sur un nouveau territoire, l’Aveyronnais s’empresse de contacter un club de rugby local. En Thaïlande, c’est la structure internationale du Southerners Sports Club Bangkok qui lui a ouvert ses portes. Adrien Maruejouls nous raconte son expérience à travers des anecdotes, des tournois sur tout le continent, mais aussi en évoquant les différences et les points communs qu’il a rencontré : suivez le guide et partez à la rencontre du rugby thaïlandais, comme si vous y étiez…
« En France, quand tu parles du rugby asiatique, la grande majorité pensent qu’il n’y a pas grand-chose là-bas. Mais finalement, une fois sur place, j’ai vraiment été étonné de retrouver autant de gens passionnés par ce sport, qui sont animés par les mêmes choses que nous », témoigne d’entrée Adrien avec son accent chantant. Le rugby, c’est les copains, c’est la fête. Le rugby, c’est un vecteur social puissant, et ce, peu importe le territoire, comme nous le confirme le Naucellois d’origine. “La plupart des mecs viennent surtout pour s’amuser plus que pour la compétition. N’importe où, même dans ces pays où la discipline est méconnue, on y retrouve des mentalités communes propres à l’ovalie.


J’ai retrouvé les mêmes valeurs chères à mon petit club de l’Aveyron chez un Australien qui venait du fin fond du Bush ou encore avec un Japonais ou un Sud-africain. Sur le terrain, même si l’on ne parle pas tous la même langue, tout le monde arrive à se comprendre. Le langage rugby est universel, peu importe d’où tu viens, les principes de l’ovalie sont les mêmes partout, sur et en dehors du stade », révèle le jeune deuxième ligne, avant de nous présenter sa nouvelle équipe au vestiaire multiculturel.
« Il y a quelques Thaïlandais, mais c’est surtout des expatriés qui viennent d’un peu partout dans le monde. Gallois, Irlandais, Australiens, Sud-Africains et aussi des Français. Chacun amène sa culture et son approche du jeu, chacun vient avec sa chanson, ses traditions et partage un bout de son terroir. J’ai d’ailleurs été surpris de voir des Anglais adorer la Pena Baiona (rires). »


Rugby à 10, des infrastructures atypiques et des spectateurs insolites
Le joueur passé par le SCO d’Angers durant ses études peut désormais comparer l’approche thaïlandaise du rugby avec celle qui est la nôtre. « Ici, le jeu est plus tourné vers les arrières, ça court de partout, c’est très rapide. Les locaux n’ont pas de gros physiques, mais sont très vaillants, ils sont plus dans l’évitement que dans le contact physique. Ils ne lâchent jamais rien, même si tu as franchi et que tu as beaucoup d’avance, ils vont te chasser jusqu’au bout. » Cette ténacité, Adrien a pu la mesurer lors du Thai Rugby Union, la première division nationale du pays en rugby à XV qui dure entre deux et trois mois.
« Les plus gros clubs ici ce sont des équipes de la Police ou de l’Armée. Sinon, il y a une discipline très populaire en Asie, c’est le rugby à 10. Dans le style de jeu, c’est comme son nom l’indique entre du rugby à 7 et à XV. Il y a beaucoup de tournois internationaux, on va en Malaisie, au Vietnam ou encore aux Philippines. C’est un vrai succès populaire, tu retrouves parfois jusqu’à 70 équipes qui viennent de partout. Faire ces tournois à l’étranger permet de voyager, tout en faisant des rencontres. C’est un super vecteur social et culturel. »


Dans ce pays asiatique, le Muay Tai est la discipline sportive nationale par excellence. Mais cet art martial est bien plus qu’un sport de combat, puisqu’il incarne l’esprit et la culture thaïlandaise. Des valeurs de respect, de discipline et d’intégrité communes au rugby, voilà pourquoi le ballon ovale commence doucement à se faire une place, entre les rings et les plages.
« L’engouement est venu des écoles internationales. Beaucoup de locaux de la haute société ont commencé à pratiquer, puis ça s’est démocratisé jusqu’à entrer dans la culture thaï. Leur sport c’est le muay-thai, c’est très violent, et beaucoup arrêtent pour venir au rugby. Le touch est également très populaire ici, il y a énormément de licenciés. Les Thaïlandais sont souvent de nature réservée et socialement, le contact physique est vraiment limité, c’est pourquoi ils sont plus à l’aise à faire du toucher que du plaqué », précise Adrien.


En arpentant de nombreux rectangles verts sur tout le continent asiatique chaque week-end ou presque, l’Aveyronnais a pu découvrir des infrastructures bien différentes de celle que l’on retrouve en France. « Dans chaque pays, il y a toujours un ou deux stades vraiment propres, de grande qualité, mais la plupart du temps, c’est plutôt en mode terrain de camping. On a déjà retrouvé des gros poteaux de PVC accrochés contre un filet, ou même parfois des poteaux en bambou. C’est le système D. »
Plus stupéfiant encore, Adrien a déjà joué devant de curieux spectateurs bien particuliers : « Parfois tu es sur le terrain et tu peux entendre des singes crier sur le côté. Tu les vois sur la rambarde, tu hallucines. Ils prenaient nos bouteilles d’eau qu’on laissait sur le bord et ils buvaient dedans, » s’esclaffe l’Aveyronnais.


Pour finir, l’Aveyronnais fait la promotion d’un club réservé aux Français en voyage en Asie : « À Bangkok, il y a une équipe constituée de 100 % de Français : les French Asians Barbarians. Tous les expatriés en d’Asie peuvent rejoindre le groupe lors des tournois. » Alors si vous lisez ces lignes et que vous êtes actuellement ou prochainement en excursion de ce côté du globe, n’hésitez pas à rejoindre Adrien et sa joyeuse bande.
















