Itinéraire Bis – L’Auscitain Alexandre Janlin en Major League Rugby, sa cavale au Canada…

0

Le Rugby Club Auch effectue un excellent début de championnat. Leaders de la poule 4 de Fédérale 1, les Auscitains ont parfaitement négocié l’entame de la saison, et le travail de leur paquet d’avants n’est nullement étranger à ces excellents résultats. Un paquet d’avants au sein duquel on retrouve le pilier Alexandre Janlin, qu’un passé récent a emmené de l’autre côté de l’Atlantique… (Par Marco Matabiau)

Originaire de L’Isle Jourdain, Alexandre Janlin rejoint le le Football Club Auscitain en cadets, puis file vers le Stade Toulousain pour sa deuxième année Crabos (le groupe mené par le duo Mistou – Castro sera d’ailleurs champion de France). Il enchaine avec les Reichel et les Espoirs, où il côtoie, entre autres, les Marchand, Aldegheri, Ramos et Bonneval. Toutefois, l’année suivante, dans l’impossibilité de concilier exigences de son cursus scolaire (un BTS en électro technique) et  pratique du rugby de très haut niveau, il revient dans la préfecture gersoise, dont l’équipe fanion évolue désormais en Fédérale 1. Il rejoint ensuite Fleurance, en Fédérale 2, puis c’est un nouveau retour à Auch, dans un « nouveau » club, puisque suite aux sanctions et à la rétrogradation en division Honneur, le FCAG laisse dorénavant la place au Rugby Club Auch. S’en suivent des années de reconquête, jusqu’à la remontée en Fédérale 1.

FB_IMG_1636641329847
Lors de la récente victoire face à Saint Jean de Luz (24- 20), le pilier du RCA a dû livrer un redoutable combat en mêlée fermée (Photo Thierry Coutens).

L’appel de Jamie Cudmore…

L’an passé, alors que les compétitions en France sont interrompues pour cause de Covid-19, la carrière du pilier gauche auscitain prend néanmoins une toute nouvelle tournure : « Mon père est né au Canada, à Montréal. Nous avons donc récemment fait des demandes pour obtenir la double nationalité franco – canadienne. Quand tout a été régularisé et que j’ai obtenu mon passeport canadien, j’ai discuté avec Christophe Bosc (plus connu sous le nom de « Titi » dans les travées du Jacques-Fouroux) et il m’a dit de contacter la fédération canadienne de rugby. Ce que j’ai fait par l’intermédiaire d’un mail ». La réponse ne s’est pas faite attendre puisqu’une petite semaine plus tard, quelle n’est pas la surprise d’Alexandre de recevoir un appel de Jamie Cudmore en personne. L’ancien rugueux deuxième ligne clermontois et oyonnaxien s’occupe alors des Académies de rugby au Canada. Il est également en charge des avants de la sélection nationale. « Il me demande de lui envoyer quelques vidéos de match, ce que je fais. De mémoire, j’en envoie une ou deux ». Jamie Cudmore se met aussi en relation avec Grégory Menkarska. Puis c’est silence radio pendant deux mois… jusqu’à un nouveau coup de fil de celui que ses ex-coéquipiers avaient surnommé « Cuddles » : « Il m’a dit qu’il avait vu tous mes matchs et qu’il souhaitait que je vienne au Canada. Il m’a aussi expliqué qu’il allait me mettre en relation avec le préparateur physique de la sélection canadienne ».

Screenshot_20211111_153906
Comme Alexandre Janlin à pu le constater, le staff canadien met l’accent sur la préparation physique (Photo perso).

Ce moment coïncide avec la prise de contact entre Alexandre et la franchise des Toronto Arrows, seule écurie canadienne à évoluer dans la Major League Rugby américaine, le championnat professionnel outre-Atlantique. Une ligue qui, depuis quelque temps, cherche à se développer et à attirer les talents. Parmi les plus connus, citons notamment Mathieu Bastareaud et Ben Foden (New York), Chris Robshaw et Ma’a Nonu (San Diego), Matt Giteau et Adam Ashley-Cooper (Los Angeles) ou encore le pilier fidjien Manasa Saulo (Atlanta). « Je suis parti début juin dans cette franchise qui compte une douzaine de joueurs évoluant pour les Canucks. Le but de la fédération est de regrouper les meilleurs joueurs afin qu’ils soient ensemble le plus possible et ainsi créer des automatismes. Je suis donc arrivé en fin de saison. Il ne restait que 4 matchs à disputer, et à vrai dire je n’ai pas beaucoup joué ». Même s’il s’engage avec Toronto, Alexandre atterrit finalement à l’aéroport… d’Atlanta : « Toutes les équipes étaient regroupées de manière à éviter un trop grand nombre de transports et un trop gros brassage, du fait de la Covid. Certains n’avaient pas vu leur famille depuis six mois. Nous étions basés à Atlanta en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis. Nous partagions les installations du Rugby ATL ». Côté préparation, « c’est un autre monde. Ils mettent vraiment l’accent là-dessus. C’est très individualisé, plus qu’ici. Tout est calculé. Tu as des stats à faire. Si tu ne fais pas ces stats, tu viens sur ta journée de repos et tu bosses. Par exemple, il y a des capteurs sur les barres à la muscu. Ils calculent que si tu montes trop vite, tu n’as pas mis assez de poids, et si tu montes trop lentement, c’est que la barre est trop chargée ».

IMG_20211111_153843
Avec le maillot des Toronto Arrows (Photo Toronto Arrows).

Les Canucks, un objectif à moyen terme ?

Et l’adaptation à cette nouvelle vie ? « Même si je suis amené à pratiquer l’anglais dans le cadre de mon travail, c’est totalement différent. L’accent du sud des Etats-Unis est vraiment difficile à appréhender. Heureusement que pour m’aider, j’avais à mes côtés Marc-Antoine Ouellet, un pilier québécois (qui, joueur de football américain à l’Université Laval dans la ville de Québec, avait découvert le rugby grâce à un ami). Il m’a grandement aidé à m’intégrer ». Pour ce qui est du jeu, Alexandre note également quelques différences, et pas des moindres : « Le jeu est intéressant, mais ils sont globalement plus faibles dans tout ce qui concerne la conquête. Ce n’est pas la même culture qu’ici. Par exemple, ils vont se structurer en maul, pousser dans l’axe, et si ça bloque, ils vont sortir le ballon sans penser à essayer de désaxer d’abord ». De retour en France à la mi-juillet 2021, l’athlétique gaucher a pu profiter d’une « grosse » semaine de vacances avant de reprendre la préparation physique avec le RCA. Et la suite ? « Il est sûr que si je veux postuler en sélection nationale, il me faudra rejoindre le Canada et Toronto. Certains trsè bons joueurs, à l’image de l’ailier Taylor Paris (passé par Agen, Castres et Oyonnax), ne sont plus appelés car ils évoluent dans les championnats européens ». Alexandre Janlin a récemment été recontacté par Toronto, pour envisager la saison prochaine : « Pour l’instant, je suis engagé avec Auch, et la saison se déroule plutôt bien. Pour le reste, on verra par la suite ». Affaire à suivre donc…

Aucun article à afficher

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here