Itinéraire Bis – Jules-César, l’indomptable ne s’endort pas sur ses lauriers

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Suite de notre rubrique « Itinéraire Bis », dans laquelle nous vous faisons découvrir des joueurs étrangers évoluant dans les divers championnats de Fédérale. C’est aujourd’hui au tour de Jules-César Tabeuguia. Jusqu’alors deuxième ligne du Football Club TOAC TOEC, le Camerounais vient de s’engager (sous la forme d’un prêt) avec le Blagnac SCR pour terminer la saison de Nationale avec les Caouecs… (Par Marco Matabiau).

Rugby Amateur: Date et lieu de naissance?

Jules-César Tabeuguia: Je suis né le 15 mars 1991 à Yaoundé, au Cameroun.

RA: Quand et comment as-tu commencé à jouer au rugby?

JCT: Avant tout, je dois dire que, comme de nombreux jeunes au Cameroun, j’ai commencé par le football. On a tous été influencés par la génération Roger Milla et les exploits en Coupe du Monde 1990. Je venais d’un milieu populaire où tous les jeunes avaient besoin de faire du sport. Je n’avais jamais entendu parler de rugby quand un ami, qui lui-même jouait, est venu me demander si ça m’intéressait. Je suis allé m’entraîner: je n’avais que 14 ans et je jouais avec des adultes. Même si pour mon âge, notamment du fait des travaux champêtres que j’effectuais, j’avais un gabarit déjà imposant, je me suis fait massacrer. J’avais des bleus partout. Il faut aussi dire qu’on ne jouait pas sur de l’herbe: notre terrain de jeu ressemblait plus à de la terre battue avec des gravillons et des petits cailloux. Pas toujours drôle.

Le deuxième ligne camerounais a finalement opté pour le rugby. Bien lui en a pris (Photo Valentine Chapuis).
Le deuxième ligne camerounais a finalement opté pour le rugby. Bien lui en a pris (Photo Valentine Chapuis).

RA: Et là, tu as dû faire un choix entre les deux sports.

JCT: Je ne suis pas revenu au rugby pendant un mois. Pourtant, j’avais tout de suite été séduit par l’ambiance de camaraderie qui régnait au sein du groupe. Qui plus est, les horaires des entraînements de foot ne m’arrangeaient pas: on s’entraînait le matin très tôt, puis on allait à l’école à partir de 7 heures 30. Faire coïncider les deux devenait compliqué. Je finissais les cours à 15 heures 30 et le rugby démarrait à 16 heures 30, deux fois par semaine. C’était l’idéal pour moi.

RA: Quand es-tu arrivé en France?

JCT: En 2014. J’avais plusieurs propositions de centres de formations, au LOU par exemple. Cependant, je suis arrivé trois mois trop tard, j’étais atteint par la limite d’âge. J’ai alors cherché un club et, sur les conseils de Thierry Barbière, qui avait fait partie du staff de la sélection camerounaise, j’ai signé au FCTT. Thierry m’avait mis en contact avec Damien Catala et le président Francis Cazeneuve. La mayonnaise a bien pris. J’ai ensuite eu des propositions de clubs de Fédérale 1, comme Castanet, Aubenas, saint Sulpice ou encore Lombez, mais ça se passait tellement bien au club que j’ai décidé de rester. J’ai également repris mes études et j’ai obtenu un CAP et un Bac Pro en Electricité au CFA de Basso-Cambo. Histoire d’avoir « quelque chose », au cas où le rugby, ça ne marcherait pas.

RA: Comment s’est passée la période d’adaptation en France?

JCT: Il est sûr que le sport facilité l’intégration. Dans une équipe de rugby, on s’en fiche d’où tu viens. Ce qui compte, c’est ce que tu vaux sur le terrain. Je dois tout de même avouer que le Cameroun me manque parfois: la famille et les plats typiques du pays, comme le ndolé, un mets traditionnel à base de feuilles d’épinards, d’arachides et de crevettes.

RA: Tu restes cependant un grand voyageur.

JCT: Oui, en effet. Fin 2018, je suis parti avec mon épouse Natacha au Costa Rica. Elle est chercheuse en agronomie et elle y est partie pour le travail. Là-bas, j’ai travaillé au lycée français de Cartago, l’ancienne capitale du pays. J’y ai d’ailleurs joué quelques matchs. Ensuite, on a décidé qu’il valait mieux que je rentre en France avec mes enfants (âgés de 6 et 3 ans) puisqu’au Costa Rica, à cause du confinement, les écoles sont fermées depuis la mi-mars et ne rouvriront que pour la nouvelle année scolaire, à savoir en février 2021. Cela voulait dire que nos enfants ne seraient pas allés à l’école pendant près d’un an. Ce n’est pas possible. Après, même quand j’étais là-bas, il m’est arrivé de venir jouer des matchs puisque j’étais resté en relation avec le président Cazeneuve, qui fait toujours ce qu’il dit. Je suis parfois arrivé le samedi après 13 ou 14 heures de trajet pour jouer le dimanche. J’avais des fourmis dans les jambes.

Jules-César tente d'échapper à son homologue Rieumois Manu Bleys (Photo Valentine Chapuis).
Jules-César tente d’échapper à son homologue Rieumois Manu Bleys (Photo Valentine Chapuis).

RA: Enfin, quel est ton point de vue cette première « saison » du FCTT en Fédérale 1?

JCT: On venait de monter en Fédérale 1, donc on était un peu les petits nouveaux à ce niveau de la compétition. La reprise du championnat a été perturbée par les diverses annulations ou reports de matchs. On a connu deux défaites (à Hyères, 8 – 30 et à Berre, 26- 33), un match nul (à domicile contre Céret, 10 – 10) et une victoire lors de notre dernier match à domicile contre Saint Sulpice sur Lèze (24 – 15). On s’est accroché, on a progressé, on a essayé d’apprendre. Tout cela était de bon augure. Puis la saison a été interrompue. Aujourd’hui, je me suis engagé avec Blagnac. J’ai envie de voir si j’ai le niveau pour évoluer dans ce championnat de Nationale très relevé.

Jules-César S'est beaucoup dépensé pour aider le FCTT à glâner son premier succès de la saison face à l'USSS (Photo GR Vin).
Jules-César s’est beaucoup dépensé pour aider le FCTT à glaner son premier (et donc unique) succès de la saison face à l’USSS (Photo GR Vin).

 

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