Itinéraire bis – Jacob Botica, le rugby de père en fils

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Pour ce nouvel « Itinéraire Bis », qui s’intéresse aux joueurs étrangers évoluant dans les différents championnats de Fédérale, nous allons vous présenter Jacob Botica, l’ouvreur néo-zélandais du Rennes Etudiants Club Et si ce nom vous dit quelque chose, ce n’est pas un hasard… (Par Marco Matabiau).

Rugby Amateur : Date et lieu de naissance?

Jacob Botica: Je suis né le 3 mars 1993 à Wigan, dans le nord de l’Angleterre.

RA: Comment et quand as-tu commencé le rugby?

JB: J’ai commencé au lycée en Nouvelle-Zélande, où notre famille était retournée alors que j’étais âgé de cinq ans. Mon père avait terminé de jouer à Wigan (rugby à XIII anglais) et était revenu aux Auckland Warriors.

A l'aise ballon en mains, Jacob Botica n'est pas maladroit quand il s'agit de trouver le chemin des perches (Photo Simon Latham).
A l’aise ballon en mains, Jacob Botica n’est pas maladroit quand il s’agit de trouver le chemin des perches (Photo Simon Latham).

RA: Quand es-tu revenu en Europe?

JB: En 2013. Je souhaitais découvrir un pays étranger. Au départ, j’ai joué en France. Mon père y avait joué, à Saint Lary et au Biarritz Olympique. Il m’avait parlé de ces expériences. J’ai fait une année à Saint Jean d’Angely en Fédérale 1. Au début, ça a été difficile: je ne connaissais personne, je ne parlais pas français, ma famille me manquait. Puis un an à Agen (Pro D2), où j’ai la plupart du temps évolué avec les Espoirs avant de repartir en Fédérale 1 à Saint Médard en Jalles, dans la région de Bordeaux. Ensuite, je suis parti au Pays de Galles. Cela s’est décidé un peu à la dernière minute. Joe Lydon, ami de mon père depuis ses années à Wigan, a appelé ma mère pour savoir ce que je comptais faire. J’ai ainsi joué deux ans dans le nord du pays au RGC (Rygbi Gogledd Cymru). A cette période, j’ai également participé à quelques rencontres avec les Scarlets de Llanelli. Les deux années suivantes, j’ai intégré les Dragons de Newport. Je n’ai pas trop joué la première année, un peu plus la seconde, soit à l’ouverture, soit à l’arrière. A force de ne pas jouer, j’étais un peu désabusé et je perdais mon amour pour ce sport.

Jacob Botica n'a eu que très peu l'occasion de s'exprimer sous le maillot des Dargons de Newport (Photo Simon Latham).
Jacob Botica n’a eu que très peu l’occasion de s’exprimer sous le maillot des Dargons de Newport (Photo Simon Latham).

RA: Et ton retour en France?

JB: Je voulais tenter une nouvelle expérience et gagner du temps de jeu. J’ai donc signé au Rennes Etudiants Club après avoir discuté avec Kevin Courties (manager) et Vincent Bréhonnet (lignes arrières et animation offensive)… et j’en suis ravi. Je suis arrivé début juin. J’ai commencé à m’entraîner la semaine suivante. Je pense m’être adapté très vite. C’est beaucoup plus facile que la première fois. Je parle français: il faut savoir que lorsque j’ai signé à Agen, on avait une clause dans le contrat qui stipulait qu’on devait prendre des cours de français pour faciliter notre intégration. Cela aide aussi à comprendre les consignes des coachs. A Rennes, il y a de plus quelques joueurs étrangers avec qui on s’entend bien. On réalise un superbe début de championnat (4 matchs, 4 victoires, 19 points sur 20 possibles). On joue un beau rugby, on porte beaucoup le ballon. Kevin Courties nous donne une bonne structure de jeu à partir de laquelle on peut s’expimer au mieux.

L'ouvreur néo-zélandais semble avoir retrouvé le plaisir de jouer dans le chef-lieu breton (Photo Dominique Deblaise).
L’ouvreur néo-zélandais semble avoir retrouvé le plaisir de jouer dans le chef-lieu breton (Photo Dominique Deblaise).

RA: Prends-tu le temps d’échanger avec ton père Frano et ton frère Bob?

JB: Bien sûr. J’ai mon père, qui est désormais agent immobilier en Nouvelle-Zélande, au téléphone le dimanche ou le lundi matin après les matchs. Il reste très attentif à mes performances. Il est toujours là pour donner des conseils, pour m’aider à progresser. J’imagine qu’il fait de même avec mon frère. Quand on discute avec Bob, c’est différent: on parle rarement de rugby. Plutôt de la vie de tous les jours. Je vais d’ailleurs le voir à Bordeaux prochainement.

Jacob (avec la casquette) et son frère Bob (ouvreur de l'UBB) encadrent leur père Frano, joueur néo-zélandais légendaire tant à XV qu'à XIII (Photo Perso).
Jacob (avec la casquette) et son frère Bob (ouvreur de l’UBB) encadrent leur père Frano, joueur néo-zélandais légendaire tant à XV qu’à XIII (Photo Perso).

RA: Pour terminer, comment se passe la vie à Rennes?

JB: Je dois avouer que ma famille me manque parfois. En étant ici, je rate les anniversaires, les fêtes. De plus, les grand-parents ne rajeunissent pas. Néanmoins, j’ai beaucoup de chance. Rennes est une belle ville dans laquelle il y a énormément de choses à faire. De manière générale, la Bretagne est une superbe région. Le plus difficile, c’est de résister à la nourriture: entre les crêpes, le cidre, le vin, le fromage, et j’en passe, c’est compliqué ! (rires)

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