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Interview – Eric Veyrier l’ancien combattant pro de MMA de retour en Régionale 1

À 41 ans, Eric Veyrier, ancien combattant professionnel de MMA (Arts martiaux mixtes), vient de ressortir ses crampons du placard pour terminer la saison avec le Rugby Club Canton de Marsanne dans la Drôme, en Régionale 1 Auvergne-Rhône-Alpes. Champion du monde amateur MMA de Cage Warriors en 2018, champion d’Europe de Jiu-Jitsu brésilien la même année et titré au niveau national en karaté mix en 2017, le Marsannais a connu une belle et riche carrière sur les rings, les tatamis et autres octogones. Le maraîcher de métier espère désormais agrandir sa collection de trophées avec un bouclier, qu’il n’a jamais décroché malgré plus de deux décennies sur les rectangles verts. Face à face avec ce combattant tout terrain au parcours pour le moins atypique… (Par Loulou / Photos RCCM et Eric Veyrier)

Interview - Eric Veyrier l'ancien combattant pro de MMA de retour en Régionale 1
Deuxième en partant de la gauche, Eric Veyrier a retrouvé ses copains du RC Canton-de-Marsanne (@photo club)

Fédérale 2, Benoît Saint Denis, champion du monde de MMA, karaté, agriculteur : découvrez le parcours sensationnel d’Eric Veyrier

Bonjour Éric, tout d’abord, pouvez-vous nous retracer votre parcours rugbystique ?

J’ai commencé en 2004 à Montélimar chez les jeunes, jusqu’à mon passage en senior. Ensuite, je me suis souvent déplacé pour le travail, ce qui m’a conduit à évoluer à Montmélian, Rumilly ou encore à Saint-Paul-lès-Dax dans les Landes. Je suis ensuite revenu dans la Drôme, à Montélimar, le club de mes débuts, puis au RC Canton-de-Marsanne, avec les copains d’enfance. Le niveau le plus haut auquel j’ai joué est la Fédérale 2 et la plupart du temps au poste de première ligne.

Comment et quand cette passion pour les sports de combat est-elle venue en parallèle du ballon ovale ?

Cette passion m’est venue lorsque je jouais à Montélimar. On était toujours dans la poule du sud et à l’époque dans ce secteur, ça fait cliché, mais ça se battait presque tous les week-ends. Ça m’a donné le goût du combat et l’envie d’entrer sur un ring en me mettant à la boxe. Quand j’étais à Saint-Paul-lès-Dax un peu plus tard, j’ai mis le rugby entre parenthèses pour commencer à m’entrainer plus sérieusement en MMA et au jiu-jitsu brésilien. Je m’entrainais à Dax et à Bayonne, avec un certain Benoit Saint-Denis, qui était encore dans les forces spéciales à l’époque, et qui commençait tout juste sa carrière.

Vous avez progressé assez vite, au point de performer sur la scène amateur ? 

À l’époque, le MMA n’était pas encore autorisé en France et comme ça se passait bien pour moi et que je progressais oui, je suis allé combattre en Espagne et en Angleterre. J’ai combattu sur des cartes où il y avait des gars qui sont aujourd’hui en UFC comme l’Irlandais Ian Garry ou l’Anglais Paddy Pimblett. J’ai gagné en 2018 un titre de champion du monde de Cage Warriors en -77 kg et la même année un titre de champion d’Europe de jiu-jitsu brésilien, qui sont vraiment deux disciplines complémentaires.

Interview - Eric Veyrier l'ancien combattant pro de MMA de retour en Régionale 1
Après la ceinture en -77 kg, le bouclier avec plus de 100 kilos sur la balance ?

« Au MMA, on se retrouve seul face à soi-même, ce qui change avec le rugby où l’on avance en équipe »

En 2020, le MMA devient légal en France, c’est à ce moment que vous passez professionnel ? 

C’est ça. Mais dans le même temps, je suis aussi devenu agriculteur puisque j’ai repris l’exploitation de mon père. Sauf que pour performer, il faut s’entrainer tous les jours, et ce n’était pas vraiment compatible avec mon métier, je ne pouvais pas m’entrainer comme je le voulais. C’est en grande partie pour cette raison que mes débuts en professionnel n’ont pas été à la hauteur de mes espérances.

Quels points communs et différences retrouvez-vous entre le MMA et le rugby ?

Au rugby comme au MMA, il faut aimer se faire mal. Le MMA m’a aidé à être beaucoup plus relâché avant les matchs, je ne suis plus du tout stressé.  Car pour un combat, vous vous retrouvez seul face à vous-même, au rugby on a toujours besoin des autres. L’approche et la préparation mentale sont très différentes. Au niveau physique aussi.

C’est-à-dire ?

Aujourd’hui je fais 103 ou 104 kilos, alors qu’avant, je combattais au plus bas en moins de 77kg. Dans le MMA, on ne voit que le combat final, mais pas toute la partie de préparation, avec les restrictions à suivre pour perdre du poids. Faire des régimes pour perdre 15 kilos, c’est le plus dur, même plus que le combat en lui-même. Je le répète, mais on est vraiment tout seul, ce qui change avec le rugby où l’on avance en équipe.

Interview - Eric Veyrier l'ancien combattant pro de MMA de retour en Régionale 1

Vous venez justement de rechausser les crampons au RC Canton de Marsanne. Pourquoi avoir fait ce retour en cours de saison ?

Ils ont pas mal de blessés en ce moment, donc je viens pour donner un coup de main aux amis d’enfance. Je ne peux pas venir à tous les entraînements, mais je viens aider comme je peux. J’ai retrouvé ce plaisir d’esprit collectif, c’est agréable de se sentir entouré. Les coéquipiers, avec qui j’ai joué pendant des années chez les jeunes, m’ont accueilli avec grand plaisir.

Avec quel objectif ?

Sportivement, on va essayer d’aller le plus loin possible en championnat Auvergne-Rhône-Alpes, puis de faire un beau championnat de France si on en a l’occasion, tout en se faisant plaisir entre copains. L’objectif est aussi d’aller décrocher mon premier bouclier, car j’ai remporté plusieurs ceintures, mais aucun planchot. Et au vu de mon âge avancé, il va être grand temps avant que ce soit trop tard (rires).

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Pour finir, votre regard sur les multiples cas de violence qui touchent le rugby amateur nous intéresse ?

Le rugby a beaucoup changé, comme la société, qui s’est « ramollie » selon moi. Le rugby comme le hockey-sur-glace, ont toujours été des sports durs, mais on faisait attention. Il y avait des bagarres certes, mais pas de mauvais coups, pas par derrière. Ou alors c’était très rare et sanctionné. Je ne dis pas que tout a changé, mais maintenant, c’est devenu un peu plus traître. Et puis, à l’époque, on pouvait « s’accrocher », mais après on terminait par boire des coups tous ensemble. On peut aimer le combat, sans être violent. C’est moins vrai aujourd’hui. J’avoue que je regrette un peu le rugby d’avant.

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