Ghislaine Rossignol (Luzech) : “Il est temps que tout le monde se bouge !”

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Une dirigeante d’un club féminin et joueuse par la même occasion vient de lancer une pétition qui fait grand bruit dans le milieu. Le rugby féminin avait une route toute tracée vers la progression dans le sillage d’une équipe de France de plus en plus médiatisée. Or, certaines décisions liées à l’organisation du championnat, et de récentes réformes très discutables ont eu un effet très négatif auprès des clubs. Ghislaine Rossignol, présidente du club de Luzech, nous l’avait déjà signalé en début de saison. A l’heure du bilan 2014-15, elle ne décolère pas. Et se fait sûrement porte parole d’un rugby féminin solidaire…(par Jérôme Kéno)
luzech christian esteve
“Je ressens une grosse colère et et de l’incompréhension”, voilà comment Ghislaine Rossignol s’exprime d’entrée, et elle s’explique : “J’adhère totalement à ce qui est dit dans le texte de cette pétition. Un championnat tronqué, de grosses différences de niveau entre les équipes, et le fait de ne jouer qu’à 15 font que certaines ont déclaré forfait par manque d’effectif. Ou tout simplement marre de prendre des valises, ce n’est marrant pour personne”. Et comme si cela n’était pas assez clair, la présidente prend l’exemple de son club : “Mes filles sont restées 5 semaines sans compétition avant leur 16ème contre une équipe de fédérale 1 la saison dernière. Chercher l’erreur !”
ghislaine rossignol photo christian esteve
Ghislaine rossignol, une présidente engagée (photo C. Estève)

Pour le constat de la réforme passée, on aura compris que c’est un échec total. Mais pire, une nouvelle réforme risque de voir le jour, qui ne fait pas non l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire. Ghislaine l’explique :“L’autre point qui est dangereux pour l’avenir des équipes est que la réforme prévoit pour la saison prochaine l’obligation d’avoir une équipe réserve et une équipe cadette. On rêve ! C’est la mort assurée de certaines équipes qui, contrairement à ce que souhaite la FFR, ne partirons pas forcément à 7. Car a priori, il n’y a que ça qui compte maintenant, le 7”. 

Nous y voilà, le rugby à 7, ce rugby de l’avenir, ou présumé comme tel, qui a les faveur des instances mais qui ne trouve pas forcément grâce auprès des clubs féminins. En d’autres termes, la présidente lotoise le dit à sa façon : “Et après on nous parle de développer le rugby féminin. Ils prennent l’argent du ministère et point. Il est temps que tout le monde se bouge. Pourquoi ils ne font pas pareil avec les garçons dans ce cas ? Toutes les fédérales regroupées en une seule ? Oui, je suis en colère !”
Il semblerait qu’elle ne soit pas la seule…

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