Gaillac – Julien Regnier, le prince des airs prend sa retraite

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Dimanche dernier, Julien Regnier a mis un terme à sa carrière de joueur. Décrit par ses coéquipiers comme un grand bonhomme, et pas que par la taille, il est souvent cité comme un exemple à suivre, sur et en dehors du rectangle vert. A 30 ans, sa retraite anticipée ne laisse personne indifférent. L’ancien footeux (jusqu’en cadets à Briatexte), devenu 3ème ligne à Graulhet, où il a découvert la fédérale 1 à 18 ans, parti chez le meilleur ennemi, Gaillac, s’est forgé une solide réputation, en gagnant le respect de tous. Le capitaine des rouge et noir, laisse l’alignement en touche orphelin de ses commandements, et bien plus encore. Entretien…

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Julien Regnier, leader de groupe et capitaine de touche (photo Marine M.)

Julien, l’histoire se termine de façon amère avec cette défaite et cette élimination aux portes de la fédérale 1 ?
On a été au max de ce qu’on pouvait faire. En face, les joueurs de Saint-Jean-d’Angely sont tous pro, pas un ne travaille le lundi. On tient 40 minutes, avec un 11-9 à la pause, et puis physiquement ça craque en seconde. On peut avoir quelques regrets, car malgré tout, on ne termine pas loin, mais on voit qu’il y a un fossé encore. On n’a pas existé quand ils ont accéléré. J’aurais aimé finir autrement, c’est sûr, mais c’est le rugby.

C’était donc ton dernier match, c’est certain ?
Oui, oui, aucun doute, c’est bien fini.

Pourquoi arrêter à 30 ans ?
J’ai crée ma boite il y a quatre ans, je suis paysagiste, l’entreprise tourne bien, me demande beaucoup de temps. Quand je me suis lancé, je savais que je jouerai pas très longtemps. Je prends le risque tous les dimanche de me blesser, et ce n’est plus compatible avec mes activités

Que ressens-tu à l’idée de ne plus jouer au rugby en compétition ?
Pour l’instant je suis encore un peu dans la déception de dimanche, j’aurais un peu plus mal quand les copains repartiront aux entraînements, sans moi. Donc je redoute un peu le mois de septembre avec la reprise des matchs.

Que retiendras-tu de tes années rugby ?
Que je suis passé par beaucoup d’émotions, de moments plus ou moins faciles. J’ai connu les grosses galères avec Graulhet. A 18 ans je jouais en fédérale 1, c’était énorme, et puis je suis redescendu donner un coup de main aux Belascain pour un match, et je me suis fait les croisés. J’ai mis deux ans pour revenir pleinement. Je venais de passer à côté d’une possible carrière. J’avais des contacts avec Pau, Narbonne, Toulouse, c’était une grosse désillusion. J’avais besoin de partir, pour me faire plus plaisir.

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Mi Harinordoquy, mi Bouilhou, Julien “Regnier” dans les airs (photo Marine M.)

D’où l’arrivée à Gaillac ?
Voilà, et je sais que beaucoup de gens n’ont pas compris mon choix. Entre Graulhétois et Gaillacois, ce n’est pas le grand amour (rires). Gaillac était en fédérale 3, le club galérait, tout était à reconstruire, et on a rebâtit, avec une belle équipe de copains, composée de jeunes, de joueurs qui revenaient au club, déçus ou revanchards de mauvaises expériences, comme François Guille, ou les frères Gisquet pour ne citer qu’eux.

Il y a quand même des bons souvenirs qui te reviennent en tête ?
Oui (rires), je me souviens notamment d’un gros match contre Gimont, ou bien l’épopée en fédérale 3, l’année de la montée et ce match contre Hasparren où il fallait remonter dix points pour monter, et on en marque 30. On a vécu une grande épopée jusqu’en finale, perdue malheureusement. Mais on déplaçait les foules, c’était immense

On t’imagine entraîneur plus tard, on se trompe ?
Je suis un mordu de rugby, l’envie d’entraîner, je l’ai oui, j’ai même passé mes diplômes. Je vais prendre du temps, et du recul, et peut être que je reviendrai pour coacher des jeunes, ça me plairait bien oui.

Un dernier message à faire passer en tant que joueur ?
J’aimerais remercier le club de Gaillac et les gens du club, pour la façon dont j’ai été accueilli. Et encore une fois, ce n’est jamais évident pour un Graulhétois. Dimanche et lundi, j’ai reçu beaucoup de messages, j’ai été très touché par ces marques de sympathie. J’aimerais remercier Jérôme Arru, notre relation coach-joueur ces quatre dernières années ont été très fortes, une relation particulière. Je pense aussi à Philippe Perraut, le premier coach à m’avoir fait confiance, ainsi qu’à Bernard Pagès, un homme à poigne, qui m’a beaucoup marqué. Je pense à tous les autres, les rencontres ont été nombreuses. Les souvenirs vont refaire surface dans quelques temps je pense.

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