Finale Régionale 1 Occitanie – L’UAV titrée, Olonzac y a cru, mais Vic-Fezensac passe à l’orange
C’est donc à Auterive que cette finale de Régionale 1 saison 2025-2026 s’est disputée, sous un franc soleil printanier, entre deux seconds de poule. D’un côté Olonzac Minervois, au parcours sans accroc en 8ème (victoire 59-11 contre l’ESCA), plus difficile mais tout en maîtrise contre Bédarieux (23-6) et tombeur au forceps de Bretenoux en demi-finale (18-14). De l’autre côté, Vic-Fezensac, considéré par beaucoup comme l’invité surprise, suite à une victoire plus que laborieuse à domicile en 8ème contre le promu Lisle-sur-Tarn (26-25).
Mais les Gersois, ont ensuite créé la surprise en sortant les deux grands favoris pour le titre : Tarascon en quarts (26-15), puis Montech en demie (29-25). Alors pour qui le statut de favori, et surtout, au bout de 80 minutes, pour qui le bouclier de champion d’Occitanie ? (par Jonah Lomu – Photos Régis Combis pour RugbyAmateur et Alain Sampiétro)




Une finale de Régionale 1 Occitanie haletante de bout en bout
Pas de round d’observation avec une première attaque de l’arrière Lacube, avec une pénalité à suivre, mais Nicolas Olcina ratait l’occasion d’ouvrir le score. La réponse vicoise intervient par un ballon porté bien structuré, et une avancée de 20 mètres. Coelho, avec son pied gauche, face aux perches, depuis les 22m, ouvrait le score (3-0, 6ème). Dix minutes plus tard, sur un petit par-dessus bien senti de D’Andréa, bien suivi par Tomasella, l’UAV marquait le premier essai, sous les perches (10-0). Les Olonzagais sont à la peine, se retrouvent à 14 pour fautes répétées (carton blanc contre le 2ème ligne Romain Falcone).
Mais continuent à envoyer du jeu malgré quelques imprécisions, et obtiennent une pénalité qui permet à Olcina de débloquer le compteur des Noirs (10-3, 25ème). Ils continuent de faire vivre le ballon sur chaque coup est récompensée : d’abord par un carton contre Vic, pour fautes à répétition également, puis par 3 nouveaux points (10-6, 32ème). Dans le sillage de l’inarrêtable 3ème ligne centre Thibaut Galigné, les Héraultais mettent à mal les Vicois, qui écopent d’un carton blanc. Olcina, face aux poteaux sur la ligne des 22, rapproche son équipe à 10-9 avant la pause.
Vic, à 13 contre 15 manquera pourtant une pénalité en moyenne position par son ailier Coelho. Le score reste quasiment à l’équilibre avant d’aller se désaltérer. Tout reste possible…


Un moment de bascule, et une folle remontada
Olonzac débute le deuxième acte en double supériorité numérique, et continue plus que jamais à envoyer du jeu. Sur une attaque en première main à la sortie d’une mêlée aux 40, la porte s’ouvre pour Bastien Caussinus. Le virevoltant ailier héraultais manoeuvre bien et marque un très bel essai, non transformé. Olonzac prend l’avantage pour la première fois de cette finale (10-14, 44ème).
Caussinus, décidément intenable, se signale encore sur un petit côté qui paraissait anodin. Mais l’ailier feintait la passe, et partait dans une nouvelle folle chevauchée de 50 mètres, pour pointer entre les perches. Son 22ème essai de la saison était cette fois transformé, 19-10 : on joue la 47ème minute, Vic est dans les cordes.
Et même avec un genou à terre dans la minute suivante, suite à une nouvelle offensive adverse de 80 mètres, rondement menée par Thomas Maoudj puis Thibaut Puel. Les avants se muent en véritables trois-quarts, combinent merveilleusement, passent après contact, Romain Falcone, puis Théo Glili, Galigné et enfin Richard Olcina, pilier en bout de ligne, qui plonge en terre promise. Quel essai ! Malheureusement, son frère Nicolas, pas très en réussite, rate la transformation à nouveau.






A 10-26, à la 50ème, l’on se dit que ces points laissés en route, n’ont que peu d’importance. Il faut dire qu’avec 16 unités d’avance, les supporters héraultais, pensaient que la messe était dite. Et le renvoi gersois qui ne fait pas 10 mètres leur donnait raison. Les All Blacks de l’Hérault font vivre le ballon plus que jamais, tout leur réussit. Les coéquipiers de Tony Lolmède semblent avoir une main posée sur le bouclier.
Caussinus, passé à la mêlée, montre sa polyvalence, gère bien à la main justement, et au pied… sauf sur ce par dessus qui ne s’imposait pas vraiment et offre un ballon de relance bien exploité par l’arrière Tomasella, qui remonte le ballon sur la médiane, et décale le centre Buffalan, qui met les cannes, tape à suivre, et avec un rebond favorable, marque ! D’Andréa transforme. Le match vient peut-être de basculer avant l’heure de jeu (17-26).


Jean-Mathieu Cassagne, 40 ans, 22ème saison sous le maillot orange, entre en jeu. Il voit les gazelles oranges mettre en route une nouvelle attaque sur un ballon adverse tombé. La dynamique est clairement inversée. Le véloce talon Achilli, au lancer sur une touche proche de l’en-but héraultais, se retrouve derrière le camion orange, qui finit derrière la ligne. Pierre D’Andréa transforme (24-26, 65ème).
Les joueurs souffrent de la chaleur, et d’un rythme soutenu. Les dix dernières minutes vont se jouer au mental et à la fraîcheur physique. Galigné ne manque ni de l’un, ni de l’autre, et remet Olonzac dans l’avancée. Mais Vic, suite à une mêlée sur ses 22, et une 89 d’école, voit Tomasella mettre les cannes, offrir le ballon intérieur à son demi de mêlée Lasbats, qui allonge sur l’aile opposée vers Buffalan. L’action n’aboutit pas grâce à une bonne défense héraultaise. Le jeu rebondit et revient dans le camp gersois, ça sent le KO.


Un renvoi aux 22 de Tomasella, se transforme en un 50-22 improbable, à cause d’une mauvaise communication à la réception. Petites causes, grands effets. Achilli lance le ballon en fond de touche, suivi d’un pilonnage en règle, qui débouche sur une pénalité en très bonne position. On joue la 78ème minute, Thibaut Roussille, coach de Vic demande à ses joueurs de prendre les points.
Pierre D’Andréa sur les 22, en bonne position pour son pied droit, ne tremble pas. 27-26, Vic-Fezensac repasse devant. Le renvoi joué rapidement permet à Olonzac d’avoir une dernière chance de marquer. Mais la défense gersoise va tenir bon jusqu’au de sifflet final de M. Souquet, à créditer d’un très bon match également, qui envoie le bouclier dans le Gers.




Thibaut Roussille, entraîneur depuis 8 ans au sein de l’UAV ne cachait pas son émotion, et revenait sur tous ces moments forts : « Le scénario du match est dingue, on est menés de 16 points, on est au fond du seau, mais ce groupe est extraordinaire, avec des ressources incroyables. On passe proche de la correctionnelle, chez nous, en 8ème, contre Lisle-sur-Tarn. On gagne d’un point, on passe par la petite porte. J’ai revu les fantômes du passé ressurgir, avec cette montée qui se dérobe l’an passé. Cette année aussi, on finit second de poule, on se pose des questions. »
« Pour être honnête, avant le quart de finale contre Tarascon, un des gros de la Régionale 1, on a peur de prendre une rouste, et là, on se resserre, on va chercher cette victoire à l’envie, une victoire comme une révélation. Contre Montech, on aborde le match avec la peur au ventre aussi, mais la bonne peur, on subit, on tient, et on passe, avec la montée en bonus. » avoue le technicien gersois, qui termine par cet aveu :
« Ce statut d’outsider nous va bien en fait, on ne nous voit pas gagner, mais on répond présent, avec ce titre au final. C’est beau, je suis très heureux pour ce groupe que j’ai pris il y a 8 ans, au bord de la relégation. J’ai annoncé mon départ en janvier, alors finir sur un titre et une montée, c’est un rêve éveillé. »


Dans une finale disputée dans un excellent état d’esprit, chaque équipe aura eu ses temps forts. Olonzac regrettera longtemps ces points laissés en chemin, cette bascule avec 16 points d’avance, mais aussi une certaine indiscipline, avec 13 fautes concédées. Nicolas Olcina sera transparent : « On est vraiment déçus, car on avait le match en mains, le score était fait, on fait le plus dur, mais on a l’habitude de surjouer, on le sait, on s’est débarrassé du ballon… ».
Vic-Fezensac sera passé par tous les sentiments durant ces 80 minutes au rythme soutenu. Les ballons portés ont fait mal aux Héraultais, les inspirations et les accélérations de la cavalerie orange, aussi. Belle et cruelle à la fois, cette finale a tenu ses promesses. Bravo à l’ensemble des acteurs pour ce beau spectacle, et aux supporters pour la belle ambiance générale avant, pendant et après la rencontre. Et si tout ce beau monde se retrouvait en championnat de France dans quelques semaines ?




Composition Vic-Fezensac


Composition Olonzac


Remplaçants et changements














