Disputée sous une forte chaleur ce samedi en début d’après-midi au Stade Jacques-Fouroux, la finale du championnat de Fédérale 2 mettait aux prises les Black Simones du Stade Aurillacois, victorieuses au tour précédent (27-17) du RC Paris 15, et le Toulouse Université Club, qui avait pour sa part disposé des voisines du Pays Sud Toulousain (26-3). La montée en Fédérale 1 assurée, seul le bout de bois comptait pour les deux finalistes…(Par Marco Matabiau).
Le match
Autant le dire tout de suite: les Toulousaines, malgré la lourde chaleur qui régnait sur la capitale gasconne au coup d’envoi, avaient d’emblée décidé d’appuyer sur l’accélérateur et de ne pas relâcher pendant les 80 minutes que devait durer cette finale.
Les joueuses du TUC ont attaqué la rencontre pied au plancher (Photo Rugby Amateur).
Il va sans dire quelles s’en sont tenu à leur plan de jeu, exploitant les extérieurs, en particulier grâce à la dextérité de leurs lignes arrières. Néanmoins, comme chacun le sait, le rugby, ça commence devant. Nul plus beau symbole que de voir les Tuc’ettes ouvrir le score par Amélie Mahé (pilier de jeu et de vie), bien servie à proximité de la ligne par Léa, sa fille !
Mahé passe la ligne et lance le fabuleux destin tuciste (Photo Virginie Dheilly)
De là, le premier acte était l’affaire des Rouge et Bleu, qui inscrivaient pas moins de cinq essais supplémentaires avant la pause : quatre par leurs trois-quarts (Rivière, Labadesse et Faick, à créditer d’un doublé), et un par leurs avants, œuvre de la deuxième ligne Deillhy. Faick rajoutait pour sa part quatre transformations. A la 33ème minute, la messe était dite, puisque les Toulousaines menaient 38 à 0.
Ballon cherche preneur (Photo Virginie Djheilly).
Et les Cantaliennes dans tout cela ? Minées par un début de match emprunté, dominées dans le rythme, commettant trop de fautes, au point de se retrouver en infériorité numérique après le carton blanc reçu par Bennet (Loana, 24ème). Cette même Bennet qui, peu avant la pause, parvenait toutefois à inscrire, en force, le premier essai de sa formation, histoire de ne pas atteindre le pause citrons fanny (38-7, 40ème).
Difficile d’arrêter Farres pour la défense aurillacoise (Photo Virginie Dheilly).
Les Tuc’ettes poursuivent sur leur lancée
A peine avaient-elles remis les pieds sur le terrain que les Toulousaines inscrivaient un septième essai par l’intermédiaire de leur trois-quarts centre Ferrier, la bien nommée en ce weekend de quatre jours. Dix minutes s’écoulaient avant que Rivière, bien décalée par Pladys suite à une belle charge axiale de Pailhes, n’inscrive elle aussi un second essai personnel (50-7, 51ème).
La talonneur toulousaine Bouin sonne la charge sur Makhchoun (Photo Francis Fraresso).
Les affaires aurillacoises allaient de mal en pis quand un carton jaune sanctionnait Demas (57ème). Fatiguées, ses coéquipières cédaient toujours plus de terrain et subissaient encore davantage les contacts. Dans les 22 mètres, Barral renversait Bousquet. Mise dans l’avancée, Balester était servie à hauteur et allongeait le bras pour le neuvième essai de sa formation (55-7, 62ème).
Dheilly cherche à s’échapper, mais Zenon se met en opposition (Phot Virginie Dheilly).
Dans le dernier quart d’heure, les maladresses dues à la fatigue se multipliaient des deux côtés mais les Black Simones (résidentes de Saint-Simon, en Auvergne, pour leur surnom) ne désarmaient pas. Au terme d’un rush rageur, Bennet (Anaïs) passait la ligne en force (55-12). C’était le score final. Un score qui consacrait le TUC, équipe au jeu séduisant et dont les individualités (Faick, Ferrier et Rivière pour ne citer qu’elles) se sont mises au service du collectif pour emporter le titre.
Un sacre toulousain des plus logiques au vu du déroulement de la partie (Photo Virginie Dheilly).
Réactions
Cyril Balester (Entraîneur, TUC) :« Fier des filles et du parcours qu’elles font. De grosses phases finales du début à la fin. Elles ont vraiment assuré. Un joli pied de nez puisqu’un des seuls matchs que l’on perd cette année, c’est face à Auch. Et on gagne le titre sur ce terrain. On le voulait. On l’a ».
L’objectif de Cyril Balester et de son groupe, c’était le titre. Objectif atteint (Photo Rugby Amateur).
Mathieu Delterme (Entraîneur, Black Simones) : « Déçu, obligatoirement. Quand on joue une finale du championnat de France, c’est pour la gagner. L’équipe du TUC était supérieure à nous, bien organisée, avec de belles individualités. Leur collectif était au-dessus du nôtre aujourd’hui. Il n’y a rien à dire. Le score est dur. Félicitations aux championnes ».
Au terme de la partie, Mathieu Delerme reconnaissait la supériorité de son adversaire (Photo Rugby Amateur).
Noémie Daffos (Trois-quarts centre, TUC):« Des moments incroyables. On s’est donné à fond du début à la fin des phases finales. On a été un groupe, qu’on soit titulaires ou suppléantes. On a porté haut les couleurs du TUC. C’est l’essentiel. Le résultat parle de lui-même. On est vraiment heureuses et on va fêter ça comme il se doit ».
Justine Doneys (Troisième ligne et capitaine, Black Simones): « Match très difficile sous une chaleur horrible. On n’a jamais joué dans de telles conditions. On a été habituées à beaucoup plus frais. Une belle équipe en face. On a essayé de s’accrocher jusqu’au bout. On a fait ce qu’on a pu. Je suis tout de même fière de l’équipe. On est vice-championnes de France. Ce n’est pas rien ».
Amélie Mahé (Prof d’Histoire, TUC’ette et maman au paradis) : C’est vraiment incroyable de gagner un titre, mais être championne de France avec sa fille, c’est une grande première je pense. Je suis comblée, même si j’étais quasiment aveugle avant le coup d’envoi, à cause d’un coup de crampon reçu dans l’oeil. Il faut croire que jouer une finale soigne tous les bobos (rires). On va bien fêter le titre maintenant ! »
Sur le banc: Desmeuzes, Rotger, Barral, Lorenzo, Drogon, Valencia, Pladys.
Entraîneurs: Matteo Balester, Cyril Balester et Rémi Nogues.
Composition Black Simones: Sol C.; Boufaroua, Noyne, Doneys A., Teulade; Zenon (o), Picarrougne (m); Doneys J. (cap), Bennet L., Du Rosier; Bousquet, Fau; Bennet A., Guy, Demas.
Sur le banc: Larraufie, Ratto, Malvaux, Makhchoun, Fourtet, Sol M., Rieu.
Entraîneurs: Mathieu Delterme, Julien Lavergne et David Rouchouze.
Un petit côté Roland Garros à la pause pour les Toulousaines (Photo Francis Fraresso).