Fédérale 3 : Magnoac exclu des phases finales suite à l’affaire du « match fantôme »
De nouvelles sanctions émises par la Fédération Française de Rugby concernant le « match fantôme » entre le Magnoac FC et Saint-Gaudens ont été attribuées : les deux clubs sont interdits de phases finales. Une décision d’autant plus dure à avaler pour le club haut-pyrénéen, puisqu’il venait tout juste de valider sa place en 32es de finale du championnat de France de Fédérale 3. Le MFC a depuis lancé une course contre-la-montre, en faisant appel de cette décision pour tenter de récupérer sa qualification avant le lancement du tableau final, qui débute dans moins d’un mois… (Photo Une ©Pascal Villalba – RugbyAmateur)
Magnoac FC : une brillante qualification effacée (pour le moment) par ce match truqué
En s’imposant dimanche dernier face à son concurrent direct de l’US Argelésienne (26-20), le club de Castelnau-Magnoac s’était ouvert une voie royale vers le tableau final, en s’assurant une place définitive sur le podium de la poule 8 de Fédérale 3 à une journée du terme (2e, 58 points, bilan de 12 victoires pour 5 défaites). Les Haut-Pyrénéens obtenaient même leur ticket d’accès direct pour les 32es de finale, s’évitant un piégeux et incertain tour de barrage promis aux 4es et 5es de poules. Oui mais voilà, la Fédération Française de Rugby s’est interposée, en arrachant ce précieux sésame des mains des Magnoacais.


Les instances ont officiellement notifié au MFC son exclusion des phases finales. Un coup d’arrêt violent pour les Rouge et Blanc, qui ne comptent pas en rester là. Pour le club qui a vu éclore un certain Antoine Dupont, l’heure est en effet à la riposte. Le co-président Sylvain Portallier, lui-même suspendu 2 ans pour cette affaire, a engagé un appel en ultime recours auprès du CNOSF (Comité national olympique et sportif français). Le club espère obtenir une conciliation de dernière minute pour sauver l’honneur de ses joueurs sur le terrain, mais le temps ne joue pas en leur faveur, car les matchs couperets se rapprochent à grands pas.
La principale défense des Haut-Pyrénéens repose sur le fait qu’aucun de leurs joueurs n’était sous le coup d’une suspension et que ce « match fantôme » n’a octroyé aucun bénéfice au groupe fanion. Pour rappel, comme nous vous le révélions il y a deux semaines, l’origine de cette sanction remonte au 30 janvier dernier. Le Magnoac FC et le Stade Saint-Gaudens Luchonnais XV (Régionale 1) déclaraient alors avoir disputé une rencontre amicale. Sauf qu’une enquête de la Ligue Occitanie a depuis prouvé que ce match n’avait jamais eu lieu…


Une zone grise du règlement à changer ?
L’objectif de cette feuille de match truquée était d’utiliser une faille du règlement : déclarer une rencontre fictive pour comptabiliser un match « joué » et ainsi permettre à des joueurs sous le coup d’une suspension de purger leurs sanctions artificiellement. Une manœuvre qualifiée de fraude caractérisée par les autorités du rugby, qui met en lumière une « zone grise » du règlement sans doute bien souvent détournée ici et là…
Mais il fallait un, ou en l’occurrence deux, boucs émissaires, pour mettre fin à cette supercherie. Comme le souligne Stéphane Lapierre, secrétaire général de la Ligue Occitanie, cette affaire doit servir d’avertissement : l’échelle des sanctions montre que les instances ne toléreront plus ces arrangements, qui vont à contre-sens de l’éthique sportive. Est-ce l’occasion, par la même occasion, de mettre fin définitivement à cette règle pour éviter tout dérapage ?
Pour Saint-Gaudens, de lourdes sanctions aussi…
Le club commingeois, complice de cette entente illicite, n’a lui aussi pas été épargné par le conseil de discipline. Les sanctions à l’encontre du Stade Saint-Gaudinois Luchonnais XV sont même, par certains aspects, encore plus radicales :
- Mise hors championnat : L’équipe fanion est exclue avec effet immédiat de toute phase finale cette saison.
- Suspension de la présidence : Bruno Perrot, président du SSGL XV, écope de 3 ans de suspension ferme, assortis d’une amende personnelle.
- Amende club : Le club doit s’acquitter d’une amende de 2 000 €.
- Encadrement et officiels : L’arbitre et le rédacteur de la feuille de match sont suspendus 16 semaines chacun, tandis que le capitaine de l’équipe reçoit deux matchs de suspension.














