Au programme ce week-end, les 32es de finale retour de Fédérale 3. Dans le Grand Ouest, le Stade caennais se déplaçait dans le Maine-et-Loire, à Angers, avec une conséquente avance de 21 points au tableau d’affichage, grâce à sa large victoire acquise sur ses terres lors de la manche aller (45-24). Mais attention danger, car au point terrain, les Normands avaient perdu leur bonus offensif sur une interception à la toute dernière action… Le SCO espérait donc inverser cette situation, en l’emportant par au moins 3 essais d’écarts (ou par plus de 21 points). Un enjeu qui promettait un match enlevé et débridé entre deux formations aux ambitions communes : la montée en Fédérale 2. (Par Loulou / Photos Augustin Pottier)
C’est parti pour un duel au couteau
Le match
Ambiance des grands jours, ce dimanche à la Baumette, avec un public venu en nombre autour du rectangle angevin, pour assister à ce 32e de finale retour. Dos au mur et sans doute vexés par la claque subie la semaine précédente, les locaux mettaient beaucoup d’intensité d’entrée de jeu. Ces derniers investissaient rapidement la zone de marque adverse en poussant les Caennais à la faute. Pas question pour autant de prendre les points face aux perches, puisque l’objectif était bien connu par les joueurs du SCO : la victoire devait être bonifiée.
Angers tente de renverser la table
Cette première longue séquence de défi physique dans les 22 mètres caennais était interrompue à la 10e minute par un carton blanc pour accumulation de fautes des visiteurs. À un de plus, les Scoistes trouvaient enfin la faille sur l’aile d’Yves Taukafauli, qui lançait idéalement la mission remontada des siens. En coin, Clément David transformait cet essai et allumait une petite flamme d’espoir dans le cœur du public angevin.
Le SCO trouve la solution façon basketteur
Après avoir laissé passer l’orage, les Calvadosiens mettaient ensuite la main sur le ballon. Mieux encore, d’une belle valise en bord de ruck, le demi de mêlée Christopher O’Brien surprenait la défense adverse en perçant sur 40 mètres. Le numéro 9 était repris à quelques mètres de l’en-but, mais le ballon rebondissait ensuite vers le troisième ligne Baptiste Dardaillon, omniprésent tout au long de l’après-midi, qui s’étalait en terre promise. Avec la transformation de Vincent Leonard, les compteurs étaient remis à zéro (7-7, 24e).
Feinte de la moustache dans 3…2…9 !
Le rythme de la rencontre continuait sur un tempo élevé et les deux équipes se rendaient coup pour coup. Les impacts étaient rudes et les corps vite meurtris, ce qui donnait du travail à William Bouleau, l’arbitre du jour, contraint de sortir un carton bleu de chaque côté. Déterminés dans leur quête de remontée au score, les Angevins parvenaient de nouveau à franchir la ligne, par l’intermédiaire du flanker basque Iban Damestoy, qui se faufilait dans un trou de souris pour planter, au près, le deuxième essai des siens (12-7). Le score n’évoluait plus jusqu’à la pause, tout restait encore à faire…
Iban Damestoy charge tête baissé et parvient à franchir la ligne
Caen résiste au retour d’Angers
Autour de son centre Tamaz Mchedlidze, ex-international géorgien (61 sélections), le SCO commençait à croire en l’exploit. D’autant plus lorsque l’ancien Lelos distribuait un caviar à son intérieur pour Yves Taukafauli, venu pleine balle dans l’intervalle. L’ailier angevin perçait plein champ depuis la ligne médiane, avant de laisser sur place l’arrière-garde caennaise d’un crochet électrique pour finir sa course folle entre les perches (19-7, 56e). Explosion de joie en tribune, car leurs protégés se rapprochaient à cet instant d’un essai du bonus, synonyme de qualification.
Yves Taukafauli relance le suspense d’une flèche plein cœur
Les Normands, dont l’avance avait fondu comme neige au soleil, allaient-ils douter ? Absolument pas. En parfait chef d’orchestre, l’ouvreur et capitaine Vincent Leonard ne changeait pas de tactique, en continuant d’envoyer du jeu sur le large avec beaucoup de maitrise.
Pas de panique pour Vincent Leonard et son équipe, qui continuent de multiplier les passes
Les Caennais se rapprochaient même de l’en-but adverse sur pénaltouche, pour tenter de refroidir les ardeurs angevines. Cette fois, les fautes s’enchainaient dans le camp des locaux, qui écopaient successivement de deux cartons (un blanc 61ᵉ, puis un jaune 62ᵉ), pour fautes répétées en zone dangereuse. À 15 contre 13, Caen faisait plier le rideau défensif noir, par un essai tout en puissance d’Antoine Bierant (19-12, 65e), qui repoussait le SCO à deux banderilles du bonus offensif.
Au terme d’un long défi proche de l’en but, les Normands parviennent à recoller
La mission se complexifiait pour les Angevins, mais elle ne restait pas impossible. Un maul dévastateur leur permettait de revenir porter le danger dans les 22 mètres normands. Les Ligériens jetaient leurs dernières forces dans la bataille et, après avoir longtemps tapé sur un mur, trouvaient enfin la solution par leur troisième ligne centre Rémi Grelier (24-12, 78e).
Grelier offre une balle de match au SCO
Le scénario redevenait irrespirable, avec deux minutes à jouer et une ultime balle de match pour Angers, revenu à un essai de l’exploit. Le palpitant montait dans les deux camps, mais le Stade caennais, plus consistant sur l’ensemble des deux confrontations, récupérait le cuir puis l’expédiait en tribune pour sceller sa qualification, au bout du suspense. En seizième de finale, Caen sera opposé à Clichy, tombeur de son côté de Blois, pour se disputer une place en Fédérale 2.
Scène de liesse du côté de Caen, qui prolonge son aventure
Les réactions
Stéphane Mauger, co-entraineur Caen : « On est super content de cette performance. On avait fait la moitié du boulot à la maison et on avait à cœur de finir le travail ici et de passer à l’étape suivante où l’on s’était arrêté l’année dernière. Le job est fait, mais ce fut compliqué face à une belle équipe d’Angers. On s’attendait à ce que ça soit dur jusqu’au bout et ça l’a été. La fin de match était compliquée pour nous, surtout à 13 contre 15, mais les gars se sont accrochés, félicitations à eux.
On va profiter un peu de la soirée et vite se remettre au travail pour les 16es face à Clichy, une équipe que l’on connait puisqu’elle était dans notre poule cette saison. Ça va être un beau duel pour la montée, place donc à la récupération, puis à la préparation. »
Un duo d’entraineur heureux, avec Stéphane Mauger (à gauche) et Mickael Meunier.
Victor Varas, entraineur du SCO : « On ne peut rien reprocher aux joueurs, qui ont fait un grand match. Par contre, j’ai trouvé l’arbitrage très sévère à notre encontre, notamment les deux cartons successifs devant notre ligne, je ne peux pas accepter ça, ça change le cours du match. La puissance de Lasha (Tavberidze) blessé à l’échauffement nous a également grandement manqué, même si les joueurs sur le terrain ont fait le travail, je ne peux rien leur enlever. »
A Angers (stade de la Baumette), 32e de finale retour : Angers bat Caen 24-12 (mi-temps 12-7)
Pour Angers : 4 essais par Taukafauli (12e, 55e), Damestoy (31e) et Grelier (78e) ; 2 transformations par David (12e et 55e) ; 1 carton blanc (61e) et 1 carton jaune (62e).
Pour Caen : 2 essais par Dardaillon (23e) et Balavoine (65e) ; 1 transformation par Léonard (23e) ; 2 cartons blanc (10e et 77e) et 1 carton jaune (74e).
Composition Angers :
Composition Caen :
Portfolio :
Les Angevins ont vraiment tout tenté pour inverser le cours de ce duelLes deux équipes ont offert un merveilleux spectacle aux spectateursAngers n’était pas bien loin de retourner la situation, mais Caen est resté maitre de son destin